lundi 29 janvier 2007

FAILLITE DU TOURISME TUNISIEN



Evolution du tourisme tunisien en 2006




































































































































































































20052006%
Nombre de touriste6,3 millions6,5 millions+2,7%
Touristes français1,170 millions1,238 millions+5,5%
Touristes roumains9 mille20 mille+108%
Touristes hollandais

+16,8%
Touristes yougoslaves

+15,5%
Touristes anglais

+7%
Touristes luxembourgeois

+6,3%
Touristes autrichiens

+6,5%
Touristes russes

-14,3%
Touristes tchèques

+5,5%
Touristes allemands571 mille547 mille-4,3%
Touristes espagnols146 mille140 mille-4,2%
Touristes italiens

-1,8%
Touristes scandinaves

-26%
Touristes slovaques

-11%
Touristes hongrois

-17%
Touristes maltais

-61%
Total marché européen3,869 millions3,958 millions+2,3%
Total touristes maghrébins
2,458 millions+3,6%
Touristes libyens1,404 millions1,472 millions+4,9%
Touristes algériens0,930 millions0,945 millions+1,6%
Touristes marocains23 milles32 milles+8,3%
Touristes mauritaniens
8 mille+4,9%
Touristes chinois

+15%
Touristes japonais

+14%
Touristes australiens

+2,2%
Touristes africains

+5,4%
Touristes du Moyen orient

-5,5%
Touristes brésiliens

-1,7%




Touristes canadiens

-10%
(Source : ONTT)

Comme vous le savez, les chiffres annoncés par le régime tunisien sont à prendre avec grande précaution. Néanmoins ce tableau de l’office national du tourisme tunisien nous apprend que le nombre de touristes anglais, autrichiens, suisses et autres européens est devenu insignifiant. Comparés aux chiffres d’il y a dix ans la clientèle allemande a fondu de moitié. Si le nombre des clients français se maintient, il est à noter que pour ces derniers le coût d’une semaine de vacances dans notre pays équivaut à payer chez eux une facture d’un mois d’électricité. Pour les Européens la Tunisie est perçue comme une destination de bas de gamme. Honnêtement je ne vois pas ce que viendrait faire un touriste aisé dans note pays hormis s’il est malade pour manger a heures fixes et se coucher avant 9h du soir.
Fait révélateur de ce tableau, le nombre des visiteurs libyens et algériens a dépassé celui des français et allemands. Eprouvant des difficultés à obtenir des visas pour se rendre en Europe, nos frères Maghrébins les plus démunis sont de plus en plus nombreux a occuper nos hôtels désertés par la traditionnelle clientèle européenne. J’espère qu’ils n’amèneront pas dans leur sillage d’importantes troupes combattantes de la mouvance salafiste, sait on jamais. Avec 8000 visiteurs les Mauritaniens figurent pour la première fois sur cette liste. Je ne serai pas surpris que dans un avenir proche et avec un peu de chance, les Maliens, les Angolais et autres ressortissants des pays africains leur emboîteront le pas. Ce sera une occasion de plus, pour le régime de Ben Ali de vanter sa politique exemplaire de coopération avec les pays du tiers monde. Dernière remarque concernant ce tableau, le nombre peu élevé des touristes marocains qui se hasardent à visiter notre pays. Cela s’explique certainement par les progrès évidents du tourisme dans ce pays frère. Désormais, tous les analystes s’accordent que dans ce domaine comme dans bien d’autres le Maroc a largement devancé la Tunisie.
Il est urgent pour notre industrie touristique d’entamer une réelle mise a niveau. Hélas, aucune réforme significative de ce secteur n’est envisageable sous le régime dictatorial actuel. Le développement de cette activité en Tunisie, comme ailleurs dans le monde, est tributaire de l’instauration dans le pays accueillant d’un climat politique et social serein. A l’image de notre pays, le tourisme est asphyxié par une politique du non sens menée tambour battant par le dictateur Ben Ali. Comme à chaque année, son régime se livre à des annonces démagogiques afin de faire croire au rehaussement des performances de ce secteur névralgique de notre économie nationale. Malheureusement la réalité des chiffres est cruelle. Elle confirme inlassablement au fil des ans la faillite programmée du tourisme tunisien.

LA SUPERIORITE ISRAELIENNE

Les accusations de viol et d’agressions sexuelles portées contre le président de l’État israélien sont la meilleure preuve du respect de l’état de droit dans ce pays. On n’oserait même pas imaginer une seconde que pareilles accusations puissent être portées contre le chauffeur d’un ministre de n’importe quel pays arabe. Il serait erroné d’évoquer les autres accusations d’entrave au bon fonctionnement de la justice et de menaces contre témoins auxquelles fait face Moshe Katsav, vu que ces délits sont plus que fréquents dans nos pays pour ne pas dire qu’ils forment un sport national arabe. Il faut que les peuples Arabes cessent de chercher midi à quatorze heures et se rendent a l’évidence qu’Israël continuera a les dominer tant qu’ils n’auront pas saisi cette réalité. Jusqu'à date les Arabes combattent Israël en ignorant les deux fondements juridiques sur lesquels repose l’existence de cet Etat. Le premier étant sa création par l’Onu et le second est le formidable système démocratique qui le régit depuis cette date. J’espère que nous Arabes aurons enfin le courage d’ôter le bandeau qui nous aveugle pour comprendre les raisons de la domination israélienne qui consiste a appliquer un concept noble et fondamental de l’Islam : Nul n’est au dessus de la loi.

jeudi 25 janvier 2007

UNE SEULE CHOSE A COMPRENDRE

Suite aux propos tenus par l’opposant Mr Moncef Marzouki sur les écrans d’El Jazira la Tunisie a fermé son ambassade à Doha. Quelques jours après ce fâcheux incident diplomatique et à la surprise générale, le prince du Qatar a effectué une visite de quelques heures à Tunis afin de rencontrer son homologue tunisien. Nullement surpris par cet évènement, je constate qu’a leur accoutumée les dirigeants arabes se foutent superbement de leurs opinions publiques. Chacun magouille tranquillement à l’intérieur de son territoire et n’à aucun intérêt a s’aliéner un collègue de travail. Tant pis a leurs sujets s’ils n’ont rien compris a cette règle d’or qui régit leurs relations fraternelles.

UNE BLAGUE

Le gouvernement tunisien vient d’annoncer son intention de développer l’écotourisme. Un bien joli mot, certainement emprunté aux brochures touristiques des pays développés. Nos dirigeants ne vont quand même pas lésiner sur les moyens d’inspiration pour diversifier le produit du tourisme tunisien. En fait l’écotourisme n’est qu’un slogan qui vient s’ajouter a bien d’autres pour miroiter a la vue des étrangers le degré avancé du développement de la Tunisie de Ben Ali. C’est le ridicule qui tue.
Peut on parler d’écotourisme dans un pays ou ses citoyens ne peuvent satisfaire leurs besoins élémentaires dans un milieu décent ? Il est attristant de le dire mais la réalité est omniprésente pour le rappeler. En Tunisie il faut être équipé d’un masque à gaz pour utiliser les toilettes des lieux publics, des cafés et des restaurants. Sans cette précaution, l’utilisateur risque d’être asphyxié par une insoutenable odeur d’ammoniac qui ne manquera pas de lui causer des brûlures aux yeux. Dans les villes tunisiennes il est courant de se voir refuser par les propriétaires de cafés l’accès aux toilettes de leurs établissements car rien ne les oblige à les maintenir ouverts et encore moins propres. En cas d’inspection par les soit disantes autorités sanitaires quelques dinars glissés dans les poches des inspecteurs suffiraient a les soudoyer pour fermer les yeux. Peut on parler d’écotourisme dans un pays ou les citoyens se sont emparés des bacs de recyclage des municipalités pour les transformer en dépositoires de couscous et d’autres semoules ? Peut on parler d’écotourisme dans un pays ou les tenues de la majorité des serveurs de cafés et restaurants laissent a désirer ? Peut on surtout parler d’écotourisme dans un pays ou le guide touristique risque fort d’écraser sa cigarette en pleine rue ?

L’écotourisme est un produit touristique de haut de gamme exploité par les pays les plus développés. La Tunisie de demain pourrait y prétendre grâce à la richesse de ses ressources humaines. Pour cela, il nous faudra préparer un environnement favorable au développement de ce type de tourisme en dispensant une formation adéquate a un personnel spécialisé. Des municipalités librement élues auront la tache de déblayer le terrain afin de favoriser l’émergence d’une telle activité. Loin de toute démagogie, la réussite du lancement de l’écotourisme sera tributaire du degré de développement durable qu’atteindra une Tunisie respectueuse de ses sites et de son environnement en général. Le comportement du citoyen ordinaire demeure la pierre d’achoppement de la réussite d’une telle entreprise. Son comportement civique doit être un modèle à imiter par les visiteurs de la Tunisie démocratisée.

Habitués aux annonces morbides du régime actuel, les Tunisiens sont conscients de l’effort qu’ils devront déployer pour sauver le tourisme dans leur pays. Faut il pour cela qu’ils se réapproprient leur Tunisie pour s’y sentir citoyens responsables.

lundi 22 janvier 2007

MES OPPOSITIONS

La première est au régime de Ben Ali basé sur un exercice personnel du pouvoir dans son sens le plus complet. Le seul but de cet homme est de garder un pouvoir total sur les Tunisiens non pour leur bien comme il le suppose, mais pour ne pas avoir à répondre devant eux et la communauté internationale de ses méfaits politiques ainsi que des crimes économiques commis par sa famille pendant ces vingt dernières années. C’est un dictateur acculé dans ses derniers retranchements prêt à tout afin de rester au pouvoir et éviter d’être jugé de son vivant, quant à ses proches, il essaiera de les protéger après un éventuel départ mais l’adage d’un dictateur acculé reste « après moi le déluge ».

Ma deuxième opposition pour ne pas dire ma pitié va à l’opposition reconnue par le régime. En effet, Ben Ali se doit d’ériger un chapiteau démocratique de façade indispensable à sa présentation au monde extérieur de sa politique de respect des droits de l’homme, des libertés individuelles et politiques en Tunisie. Je conçois comme tous les Tunisiens d’ailleurs que ce chapiteau abrite un cirque démocratique et que l’opposition officielle y fait figure de piètres clowns indispensables au déroulement de ce spectacle désolant. En Tunisie, il n’est un secret pour personne que la majorité de cette opposition picore ou a déjà picoré dans la main de son bienfaiteur B. Ali. Elle n’a aucune crédibilité auprès des Tunisiens et ne risque pas d’en avoir à l’extérieur. Malgré la bienveillance polie des chancelleries occidentales en Tunisie. Elle fait vraiment pitié.

Ma troisième opposition concerne l’opposition reniée par le régime non pas pour sa bonne foi et sa ferme volonté de s’opposer à la dictature de Ben Ali, mais dans son approche et sa façon d’agir ainsi que dans sa composition hétéroclite qui entache sa crédibilité. Bien que majoritairement légitime et jouissant d’une éthique morale dans son combat contre Ben Ali, il faudrait qu’elle se défasse de certains profiteurs politiques dont l’étiquette du pouvoir est trop fraîche sur leurs fronts. Il faut que cette opposition fasse le ménage en son sein d’une manière démocratique afin de dégager une majorité d’opposants crédibles de différents courants de la société civile qui agirait en levier pour un renouveau en Tunisie. Jusqu’à date, elle donne l’impression de défendre beaucoup plus les individus qui la composent et certaines de leurs catégories professionnelles que les aspirations du peuple tunisien. Elle donne aussi l’impression d’être prisonnière des règles politiques imposées par Ben Ali. Il lui faudrait absolument tracer ses propres règles et les imposer au dictateur. On ne joue pas avec un méchant dictateur dans sa propre cour, il faut le descendre dans l’arène politique qu’on lui trace. Les contours et les bases de cette arène doivent s’ancrer dans le cadre de la légalité internationale étant donné que juridiquement le régime de Ben Ali est illégitime et que lui-même doit être considéré comme un usurpateur d’identité dans sa fonction présidentielle. Ce Monsieur a bafoué la constitution et en a fait un costume à sa mesure pour demeurer président.

A force d'insister seulement sur la nécessite de mettre fin aux abus de Ben Ali et de ses proches et en appelant a l'instauration des libertés dans notre pays les opposants au régime donnent l'impression de patauger dans un verre d’eau.
" YEZZI FOUK " sortez de cet emprisonnement que vous vous etes assigne. Il faut cesser de mendier auprès de Ben Ali des libertés qu’il n’accordera jamais de son propre gré. L'opposition tunisienne doit définitivement se rendre à l'évidence que le régime de Ben Ali et les libertés sont comme l'eau et le feu, ils ne peuvent cohabiter dans un même contenant. Persévérer dans la demande de libertés à ce dictateur serait un gaspillage d’énergie, de temps et d'une inefficacité politique certaine. Le peuple tunisien l'a intuitivement saisi et regarde avec un brun d'ironie les opposants au régime qui ne font que mâcher le thème des abus en Tunisie en demandant toutes sortes de libertés. Notre peuple éveillé est loin d'être fataliste ou passif comme le décrivent ironiquement certaines voix. Les Tunisiens sont rusés. Ils sont convaincus que l'avènement de la démocratie dans notre pays ne serait possible qu'après l’évincement de Ben Ali et de son régime. Faut il les fédérer autour d'une action politique ou l'écartement du dictateur actuel serait une première étape vers un meilleur avenir et non une fin en soi. En effet les Tunisiennes et Tunisiens attendent qu'on leur propose une alternative politique, sociale et économique réaliste pour un meilleur avenir. Leur premier souci en cela demeure incontestablement la réhabilitation de la justice et de l’égalité de nous tous devant la loi. Ils attendent des solutions aux difficultés, générés par une politique de transgression continue de leurs valeurs religieuses et sociales auxquels ils sont affrontés dans leur quotidien.

Une opposition crédible et responsable doit impérativement proposer aux Tunisiens une plate-forme politique globale incluant la lutte contre le régime et les réponses à apporter après le départ de cette dictature. Le Tunisien n’est pas dupe pour soutenir une opposition qui ne prône que la chute du régime et la démocratisation de notre pays, sachant que le jour suivant de cette chute, ce n’est pas la démocratie qu’il ira monnayer au marché pour faire son épicerie. Pour vaincre la dictature de Ben Ali, une opposition efficace doit aussi travailler de concert auprès des gouvernements des pays étrangers essentiellement occidentaux. Mon réalisme me laisse cynique quant à une démocratisation de la Tunisie sans l’appui massif de l’Occident. L’opposition pragmatique et réaliste doit travailler de paire sur ces deux fronts avec ce que cela implique comme correction à apporter à sa tactique d’opposition, sa manière d’agir et de s’exprimer pour capitaliser le plus de sympathies intérieures et étrangères.

mardi 16 janvier 2007

ACCUMULATIONS DES SIGNES DE FIN DE RÉGIME

En ce début d’année et sans grande surprise, la Tunisie pays de paix et de quiétude sociale légendaires vient de sombrer dans la violence terroriste. C’est certainement le dernier alibi et non des moindres pour le dictateur Ben Ali de perdurer son pouvoir absolu sur un pays qu’il a si bien réussi à dénaturer. En effet, sa prise du pouvoir le 7 novembre 1987 s’est largement reposée sur l’endiguement de la montée de l’intégrisme dans notre pays. Il a ensuite profité de la guerre civile larvée en Algérie pour renforcer son pouvoir autoritaire et de se présenter en défenseur de la paisible Tunisie. Le 11 septembre 2001 Ben Laden finit par consolider cet état de fait en votant pour le maintien au pouvoir de Ben Ali et ce malgré les fortes pressions internationales qui ont précédé cette date pour une alternance du pouvoir énoncée par la constitution tunisienne.
Intelligemment exploités par Ben Ali, ces concours de circonstances ayant fait leurs temps, le dictateur se devait de trouver une dernière circonstance contraignante qui lui permettrait de briguer un cinquième mandat. C’est chose faite depuis les derniers évènements sanglants et ses dizaines de morts que vient de vivre la Tunisie.

Par une politique préméditée de pillage des deniers publiques et de l’arbitraire, Ben Ali est le premier responsable de la grave tragédie qui secoue notre paisible pays. Il faut souligner que ces évènements tragiques ne sont guère le fruit d’un hasard quelconque, mais une conséquence logique de l’aveuglement d’un homme que rien ne prédisposait a rêver et encore moins a devenir un jour président de la république. Son obsession légendaire pour sa sécurité personnelle est assouvie par l’application d’une soit disante infaillible politique sécuritaire. Assurée par 150.000 agents, mal rémunérés, sous équipés et sommairement dirigés, ces derniers forment les effectifs d’un appareil sécuritaire désuet. Ils n’impressionnent que par leur nombre. Ils sont plus enclins à arrondir leurs difficiles fins du mois qu’à veiller à la sécurité de la Tunisie. Néanmoins un minimum de rendement ou de reconnaissance envers le régime les assigne à protéger le dictateur et ses proches. Les tragiques évènements de ce début d’année ont mis a nu l’inefficacité du régime de Ben Ali et de sa police dans la lutte contre le terrorisme.
Aujourd’hui, la réalité qui s’impose à la vue de la communauté internationale serait de reconnaître que le régime du dictateur tunisien a réussi à faire basculer un grand nombre de Tunisiennes et Tunisiens dans l’intégrisme. Continuer à soutenir son régime a bout de souffle signifierait la scellée définitive de l’instauration d’une ère de troubles sociaux et politiques en Tunisie, occasion rêvée pour les intégristes musulmans de s’emparer enfin du pouvoir. Malheureusement, le peuple tunisien serait la première victime désignée d’un tel scénario, mais non la seule. En laissant libre cour a Ben Ali de persévérer dans sa politique du pire,les pays occidentaux, alliés traditionnels de la Tunisie doivent se rendre a l’évidence qu’ils commettent l’irréparable. Une Tunisie sous la coupe de la mouvance intégriste serait aussi une menace réelle et permanente à la sécurité de leurs citoyens et de leurs pays. Abasourdis et désabusés par cet incompréhensible appui, les Tunisiens souhaitent ardemment que les pays occidentaux délaissent l’ambiguïté du langage diplomatique pour dénoncer clairement le régime de Ben Ali.

Quant a nous Tunisiens, il nous faudrait savoir exploiter intelligemment cette fragilité récente du pouvoir dictatorial afin de retrouver notre liberté. Notre devise en cela doit s’ancrer dans la citation en or du leader Habib Bourguiba : La suprématie de l’esprit sur la matière. Les intérêts de la Tunisie et de son développement durable doivent primer sur toute autre considération. Nous parviendrons certainement à nous débarrasser aisément du régime de Ben Ali en nous attirant la sympathie des grands pays occidentaux, actuellement obligés de soutenir sa dictature faute d’absence d’une alternative crédible de changement dans notre pays. Ils maintiendrons ce soutien tant que la société civile continuera à manifester ses sympathies erronées au Hezbollah, au Hamas et à Saddam et compagnie. Ayons le courage de cesser de miser sur des tocards politiques dont le seul souci est de s’accaparer de la sympathie de masses populaires arabes désoeuvrées afin de les entraîner à d’avantages d’humiliations et de désespoirs. Cessons de réagir dans le cadre d’une rue tunisienne pour nous élever au niveau d’une opinion publique responsable qui agit pour son bien être. Je comprends que les Tunisiens puissent manifester contre le procès et l’exécution de Saddam Hussein entachés d’irrégularités et de vengeance. De là, a scander : Par notre âme, notre sang, nous nous sacrifierons pour toi Saddam, il y a tout un pas a franchir et a assumer. Notre âme serait elle celle d’un esclave et notre sang celui d’un chien pour les offrir en cadeau à un dictateur sanguinaire ? Un homme qui organisait des farces électorales en Irak pour les remporter avec 100% des voix. Un dirigeant narcissique qui a mené son pays à l’abîme et a permis pendant son règne à ses fils de tuer et de violer en toute impunité. Dans cette abaissante logique d’adulation de dictateurs, on serait plus conséquents envers nous mêmes si nous scandions des vivats en l’honneur de Ben Ali et de sa famille avant de commencer à manifester notre soutien à Saddam Hussein et à sa progéniture. Soyons honnêtes, comparés à Saddam et à ses fils, Ben Ali et ses gendres font figure d’anges. On ne peut soutenir les chiites en juillet dans leur guerre contre Israël en brandissant les portraits de leurs chefs religieux et les dénoncer six mois après en manifestant contre leur exécution de Saddam le jour de Arafat. Une exécution assimilée a juste titre, a un acte de provocation délibéré de la part du gouvernement irakien contre les sunnites. Ne sachant plus sur quel pied danser, notre société multiplie les prises de positions contradictoires, symptomatiques d’une désolante désorientation qui arrange le régime.
Délaissés par les Tunisiens, nos moyens d’information totalement contrôlés par la dictature ont perdu toute crédibilité. Nous sommes hélas épris de chaînes moyen-orientales prônant un mélange idéologique de panarabisme éphémère et d’islamisme djihadiste. Ces chaînes au discours flatteur de l’ego arabe ne peuvent mener la société Tunisienne qu’à s’autodétruire. Dans cet ordre d’idée, les derniers évènements sanglants du Capbon pourraient préfigurer d’un enchaînement de violences incontrôlables. Nous pourrions alors pleurer en direct nos morts sur les écrans des journaux télévisés de ces chaînes satellitaires tant prisées. La notoriété d’El Jazira et compagnie en sortirait certainement renforcée dans l’attente d’entraîner d’autre pays arabes sur la voie de la guerre civile pour démocratiser la grande nation arabe sous la houlette de la mouvance intégristes.
En Tunisie les signes de l’essoufflement de la dictature se multiplient. L’appel forcé de Ben Ali à l’armée nationale pour venir a bout des insurgés de Soliman demeure le meilleur témoin de l’actuelle déroute de son régime. Si on veut éviter de nous réveiller comme au matin du 7 nov 87 sous les bottes d’un dictateur, il nous revient en tant que Tunisiennes et Tunisiens pragmatiques d’agir sur les évènements à venir dans notre pays. Nous n’avons pas le droit de rater encore une fois le coche d’un véritable changement démocratique. J’ai bien peur que les Tunisiens adoptent la même attitude dans leur espoir de changement qu’il y a vingt ans. En effet les signes avant coureurs de la fin du régime de Ben Ali sont palpables et concrets. On peut dormir une nuit pour nous réveiller un beau matin avec un troisième président qui nous chantera la lune. Je vois trois inconvénients majeurs quant au déroulement d’un tel scénario :
- Le troisième président sera inévitablement issu du régime actuel et fortement imbibé de sa culture. Il y a fort a parier qu’il émergera de l’armée ou du ministère de l’intérieur. Le cas échéant, il sera choisi et imposé par Ben Ali en personne.
- Aujourd’hui, nous regrettons tous l’époque bourguibienne, avec l’avènement d’un tel président, nous regretterons certainement le régime de Ben Ali.
- On devra mettre pour longtemps un bémol à notre désir d’instaurer un régime juste et démocratique. Et pour cause, comme le dit si bien le proverbe du Jerid :’’ On a pas saisi dés la première fois que ça goûtait le chocolat.’’
La liberté s’acquiert. Tous les peuples qui en jouissent se sont mobilisés pour l’arracher. Il serait illusoire de notre part d’espérer nous réveiller un matin, libérés et démocratisés par l’action d’un seul homme. Si on ne se mobilise pas en adultes responsables pour décider de notre destin nous mériterons alors de survivre sous la bienveillance divine d’un dictateur.

vendredi 12 janvier 2007

LES ÉTERNELS PERDANTS

Au début de leur lutte pour un État indépendant, les dirigeants de l’OLP ont misé sur l’appui de pays arabes nationalistes comme l’Égypte de Nasser qui prônait de jeter les Israéliens dans la mer. Ils ont toujours essayé de tirer leur ficelle du jeu en s’alliant des pays arabes extrémistes au détriment d’autres selon leurs intérêts. Inutile de citer les gains insignifiants qu’ils ont récolté jusqu’à leur expulsion de la région vers Tunis en 1981 .

Après l’invasion du Koweït par l’Irak, ils ont appuyé ce dernier contre la communauté et le droit international. Stratégiquement un choix intenable et pousse le monde avec raison d’ailleurs à penser que les Palestiniens, une fois indépendants, se permettraient d’envahir un autre pays faisant fi de tous les traités internationaux qu’ils exigent pourtant d’appliquer pour la création de leur propre État. Les Palestiniens ont négocié Oslo en position de faiblesse due essentiellement aux mauvais choix successifs qu’ils ont adoptés pendant 40 ans.

L’élection du Hamas lors des dernières élections et l’aboutissement de ce manque de vision et de sagesse. Les peuples ont toujours raison quand ils votent mais cela ne les dispense pas d’en subir les conséquences. En conclusion, je dirai que les Palestiniens sont en train de réussir l’exploit de perdre leurs droits légitimes sur leurs terres ancestrales en s’appuyant continuellement sur le non droit. Les générations futures des Palestiniens et l’histoire ne leur pardonneront jamais. J’espère pour mes frères avoir tort.

Les gouvernements successifs de l’État d’Israël ont eu l’ingéniosité à travers ces 60 ans de conflit et surtout à partir de 1967 de tirer profit des mauvais choix des Palestiniens en se présentant comme victimes de l’extrémisme palestinien. Ils ont été bienveillants à l’émergence du Hamas pour contrer l’OLP lors de la première Intifada. Avec l’élection du Hamas, Israël cueille le fruit amer qu’il a semé et que l’OLP a activement renforcé par une corruption généralisée dans sa gestion de l’autorité palestinienne.

Israël est un État très puissant comparé aux Palestiniens et à tous les autres pays arabes réunis. Cette supériorité dépasse l’aspect militaire, elle est évidente dans tous les domaines – sciences, médecine, agriculture, etc.. Malheureusement, cet État est ivre de sa puissance et n’atteindra jamais la grandeur que se sont assignés à lui donner ces fondateurs tant qu’il n’aura pas la lucidité et le courage de soussigné a une paix des braves avec les Palestiniens et les Arabes.

Au train où vont les événements, une radicalisation du monde arabe ne demeure qu’une question de quelques années. Il faut s’attendre à ce que l’Égypte et la Syrie basculent dans le camp islamiste. Le Hamas, hélas n’est qu’un prélude à la concrétisation de ce scénario. J’ai bien peur pour mes cousins Juifs que la Terre promise soit moins sécuritaire qu’une terre au pied d’un volcan en éternelle irruption.

LA TRIOLOGIE PALESTINIENNE

Nous assistons aujourd’hui à un pouvoir palestinien à deux têtes dans les territoires palestiniens. Le premier détenu par l’OLP dans la personne de Mahmoud Abbas, président de l’autorité palestinienne, soutenu à l’intérieur par ses sympathisants, par l’Occident, Israël – et les régimes arabes dits modérés. Aux yeux de ce monde, le président palestinien est le dernier rempart contre le Hamas vainqueur des élections législatives dans les territoires palestiniens.

Le chef de ce dernier est installé à Damas et crie haut et fort à qui veut l’entendre que le Hamas ne changera pas d’un iota ses choix de lutte armée et ne reconnaîtra jamais l’existence d’Israël. Il promet de protéger les Palestiniens du colonialisme, de la corruption dont ils ont été victimes de la part des gouvernements précédents. Il envisage enfin de bâtir dans les territoires occupés une économie prospère afin d’assurer une vie décente au peuple palestinien. L’appui du Hamas est légitime à l’intérieur des territoires puisqu’il est issu d’un vote démocratique transparent et net dans sa tendance. De l’extérieur, il est reconnu de fait par les Syriens qui abritent son chef. Fidèles à leurs habitudes, ces derniers vont monnayer leur influence sur Machâal afin de le rendre plus sage et raisonnable. Ils seront aidés en cela par l’Arabie Saoudite, principal soutien financier du Hamas depuis les premières heures de sa constitution par Cheikh Yassine. Si ce scénario avec toutes les pressions du monde occidental via la Syrie et l’Arabie Saoudite réussissait à modérer le Hamas, cela permettra sans doute à son frère siamois le Jihad islamique de récupérer des sympathisants déçus du manque de fermeté et de radicalisation du Hamas dans sa lutte contre Israël.

C’est le fruit qu’attend de cueillir l’Iran, principal soutien et pourvoyeur de fonds du Jihad islamique. Les Ayatollahs auront enfin leur mot à dire avec des moyens percutants sur le terrain dans toute solution au P.O. Je laisserai aux politologues et spécialistes du Moyen-Orient, le soin de s’adonner à l’astrologie politique pour deviner l’avenir de cette région poudrière.

mercredi 10 janvier 2007

À propos du 26 – 26

Ce programme cher à notre bien-aimé Ben Ali est noble dans son aspect humain. Il doit permettre d’enrayer définitivement les denières zones d’ombre et de pauvreté dans de notre pays. Il est à noter que ce programme existe dans plusieurs pays à travers le monde même parmi les plus développés. L’innovation de Ben Ali tient dans l’appellation simplifiée de ce programme à deux chiffres abstraits.

Il faudrait peut-être faire appel à des génies en mathématiques de l’envergure d’Einstein pour résoudre cette énigme à deux chiffres.

Je ferai remarquer à notre doué président que les Tunisiens savent bien calculer. Je lui pose dans ce qui suit un simple problème de calcul tout en lui proposant une solution que la majorité des Tunisiens appuieront tant qu’il se maintiendra au pouvoir.

Le Problème :
Dans un numéro de Jeune Afrique l’intelligent, on a consacré un article - jamais contesté par le gouvernement tunisien - à votre beau-frère un certain dénommé Belhassen Trabelsi. Il en ressort que ce monsieur gère un holding réalisant un chiffre d’affaire déclaré – j’insiste sur le mot déclaré – de 250 millions de dinars.

Si on multiplie ce chiffre au nombre de vos proches, combien doués en affaires depuis le 7 novembre 87 entre gendres, beaux-frères, frères, sœurs, belles-sœurs et enfants, etc., on peut aisément atteindre une multiplication par vingt du chiffre de 250 MDT par année réalisé par un seul membre de votre famille.

Si on suit ce raisonnement logique, on obtient un chiffre de cinq milliards de dinars de chiffre d’affaire géré et contrôlé par votre noble et respectée famille. En calculant que ces 5 milliards de dinars de chiffre d’affaire par année dégagent un bénéfice net de 20%, vu les activités lucratives détenues par ces gens, on obtient la somme d’un milliard de dinars de bénéfice par an.

Dans mon raisonnement, il est évident que vous-même, monsieur le président, n’êtes pas impliqué dans le domaine des affaires ni votre épouse dévouée à s’instruire et à pousser ses études universitaires sous la houlette des plus grands professeurs universitaires tunisiens et internationaux.

La Solution:
Je vous propose d’interdire à vos proches de s’impliquer dans le système économique tunisien. Entre-temps, le peuple tunisien s’engage, par le biais de votre gouvernement, à instaurer une taxe pour tout citoyen tunisien afin d’amasser 1 milliard de dinars par an, qui reviendrait de droit aux personnes de votre choix.

Sachant que le mot transparence n’a échappé à aucun de vos discours depuis votre prise de pouvoir, une telle initiative inspirée de la solution sus indiquée permettra l’éradication de la pauvreté dans toutes les familles tunisiennes incluant votre famille reconnue pauvre avant le 7 novembre 87.

Je suis sûr qu’Einstein n’aurait rien à dire sur ma thèse : le premier 26 ira aux pauvres issus du peuple ordinaire et le deuxième 26 ira légalement et de bon cœur aux familles pauvres issues de la présidence.

D’autant plus, si l’opération de votre prise de pouvoir du 7 novembre 87 avait échoué, les pauvres de la famille présidentielle auraient payé un lourd tribu au régime précédent d’où leur droit moral à bénéficier du deuxième 26. Vu la noblesse, la lumière et le génie de Ben Ali, je crois qu’il est normal que le peuple tunisien récompense sa famille et la paye à hauteur de 1 milliard .de dinars par an sans qu’elle ne se donne la peine de travailler.

Dans ce sens, je lance un appel a nos chers députés de l’Assemblée nationale à se réunir d’urgence afin d’examiner ma solution, et ce en reconnaissance aux efforts et bienfaits éternels de Ben Ali pour la Tunisie moderne du 21e siècle. Ils doivent immédiatement promulguer une, ou s’il le faut des lois dans le sens de ma solution.

J’estime au nom de tous les Tunisiens que la loi votée par l’Assemblée nationale pour protéger notre illustre président et sa famille après un éventuel départ – inimaginable d’ailleurs – est insuffisante. Elle doit être consolidée par des lois applicables durant le règne de notre président afin qu’il se consacre entièrement aux problèmes de la Tunisie sans qu’il ait à méditer sur l’avenir matériel de ses proches. De telles mesures aideraient aussi à tranquilliser les investisseurs tunisiens et étrangers continuellement harcelés par les affairistes de la famille présidentielle.

vendredi 5 janvier 2007

DEMOCRATO-ISLAMISTES MODERES

El jazira a invité un démocrate tunisien comme elle les affectionne. Un "démocrate modère" qui appelle a une alliance avec les "islamistes modérés" pour évincer le dictateur tunisien.

Je ne suis pas d'avis que tous les moyens et par conséquent toutes les alliances en politique sont de bonne augure pour atteindre un noble but. À moins que M. Marzouki ose expliquer au peuple tunisien l'avenir de cette alliance avec les "islamistes modérés" après la chute du régime de Ben Ali. Est ce que les islamistes s'effaceront du pouvoir au profit des amis "démocrates modérés" de M. Marzouki ou c'est le contraire qui devra s’opérer?

Le plus plausible dans un tel scénario serait que M.Marzouki préconise une alliance entre les deux camps pour gouverner la Tunisie selon un programme commun : Les "démocrates modérés" pourraient y inclure leurs idées phares comme l'instauration du "seuil minimum des libertés SMID". Quant aux "islamistes modérés" ils pourraient toujours présenter leur "seuil minimum de charia SMIC".

Malheureusement malgré la sincérité du docteur Marzouki, ce dernier continue de décevoir par ses propositions ambiguës. Il est à noter que cette dernière prise de position sur les plateaux d'El Jazira est dans la lignée de sa conférence mise sur l'Internet ou il s'adresse a un parterre d'islamistes en France pour leur expliquer les valeurs de la laïcité dans une démocratie. J'ai bien peur qu'a force de passer du coq a l'âne Mr Marzouki lui même ait fini par perdre le nord. Est il conscient des dangers de la somalisation de la Tunisie après une telle alliance ? Est il au fait de l'écrasement des démocrates iraniens après leur alliance avec les Khomeynistes ?

Un démocrate modéré se fait toujours distancer par un démocrate tout court et un islamiste modéré se fait perpétuellement rappeler à l'ordre par un islamiste pur et dur. Pour parler sérieusement de la situation politique dans notre pays je constate le silence radio des dirigeants de la mouvance islamique. Ils ont bien saisi comment se faire désirer. Ils n’ont nullement intérêt a s'activer pour accéder au pouvoir. Politiquement ils ne trouveraient pas mieux que le dictateur actuel pour rouler au renforcement de leur mouvance . Il leur suffit d'attendre patiemment que la politique de l'arbitraire de Ben Ali fasse son travail et pousse la majorité écrasante des Tunisiennes et Tunisiens dans l’intégrisme. En attendant El Jazira pourra toujours s'occuper du reste en invitant des démocrates modérés a l'instar de Mr Marzuoki pour faciliter définitivement l'entrée des islamistes dans la désolante transe politique que vit la pauvre Tunisie.

DES SIGNES QUI NE TROMPENT PAS

En Tunisie il suffit de rencontrer un jeune enfant de dix ans pour s'entendre conter les abus commis par Imed Trabelsi et les autres membres de la famille présidentielle. Je ne taillerai certainement pas dans le neuf si j'essayais d'évoquer la longue liste des malversations de ce petit mafieux et de sa famille.

Dès lors on peut se demander qu'est ce qui a décide Ben Ali a sévir contre son neveu par alliance Imed Trabelsi ? Le vol du luxueux yacht propriété d'un célèbre banquier français n'est qu'une raison apparente qui a force l'actuel président tunisien d'ordonner a sa justice l'arrestation de ce pilleur infortuné. les réalités cachées qui ont mené a cette arrestation ne doivent pas échapper a l'opinion d'un public averti : Ce n'est pas pour la valeur du butin de son vol que Ben Ali a jeté son neveu gâté en prison, mais plutot pour le vol non autorisé de ce dernier. Aux yeux du dictateur Imed a dépassé les limites permises a ses pratiques mafieuses en s'accaparant du bateau de plaisance de Mr Lassard, accosté en Corse hors du territoire qui lui était assigné. Ce grave manquement a l'autorité du chef de l'état et de la famille risque d'autant plus d'ébranler son régime si la justice française arrivait a demander l'extradition de ce neveu gâté pour être jugé en France. Dire que le président Chirac est le dernier chef d'état européen qui accepte encore de prendre Ben Ali au téléphone.
En effet l'arrestation de Imed permet au dictateur tunisien de maquiller le scandale par ses juges d'instruction, dans l'espoir de démontrer que ce neveu irrespectueux était étranger au vol de ce maudit bateau dans les eaux territoriales françaises. Désespéré et non intéressé par l'opinion de ses sujets le dictateur joue son va tout a travers cette grotesque mise en scène judiciaire pour faire avaler aux pays occidentaux que la Tunisie est un pays de droit. Dans ce sens le porte parole sans nom et sans visage de la présidence de la république a fait remarquer a qui voulait l'entendre que son président ne badinait pas avec la justice et considérait ce vol comme un fait divers judiciaire anodin et qu'il appartenait a la justice de l'élucider en toute indépendance. Le porte parole a rappelé que même le defunt frère du président avait collaboré avec la justice française dans une affaire judiciaire antécédente. Ce porte propagande a omis de rappeler que ce frère a pu échapper a son arrestation en France grâce a un passeport diplomatique délivré d'urgence par l'ambassadeur tunisien afin de lui assurer l'immunité pour quitter le territoire français en toute impunité. Ce son de cloche a été respecté par le malheureux accusé Imed, quand il a déclaré menottes aux poings a l'issue de son interrogatoire par le chef des juges d'instruction au "palais de justice de son oncle " : " je fais confiance a la justice de mon pays ". Je dirai a ce pauvre malheureux qu'il ne pourra cette fois sortir indemne de cet imbroglio judiciaire en faisant intervenir un proche auprès de son bienfaiteur ou a la rigueur en soudoyant ses juges, pratique courante dans son pays pour obtenir un acquittement . En attendant je tiens a féliciter les nombreux policiers du régime dont le voeux le plus cher a été exaussé en filant les menottes a ce morveux gangster avant de partir en retraite. Il y a des signes d'essoufflement du régime de Ben Ali qui ne trompent pas et laissent présager qu'avec un peu de chance le pauvre Imed pourrait dans un futur proche se consoler en prison en compagnie d'autres membres de sa famille .

POLITICIENS FELLAGAS

En Tunisie, il n'est un secret pour personne que Ben Ali a toujours eu peur de Bourguiba vivant ou mort. Les minables funérailles organisées en catimini à ce grand leader par le régime actuel demeurent la meilleure preuve de la méfiance viscérale qui hante Ben Ali a l'évocation de son prédécesseur.

Néanmoins je suis convaincu que Ben Ali a pu récemment surmonter ce syndrome psychologique en enterrant définitivement l'esprit de Bourguiba source de sagesse et de justesse de vision en matière de politique internationale reconnues et appréciées a travers le monde.

En effet le 1er août 2006 le régime a appelle par le biais de l'Union Générale des Travailleurs -UGTT- a une manifestation pour dénoncer l'agression israélienne dans les territoires palestiniens et au sud Liban. Les manifestants étaient aussi appelées a dénoncer les pertes injustifiables de civiles innocents dans ces deux pays frères et la destruction massive de leurs infrastructures.

Invitées à se joindre a cette manifestation pour défendre ces nobles causes, les différentes franges de l'opposition tunisienne officieuse et officielle y prirent part. A première vue par le biais de sa centrale syndicale le régime de Ben Ali faisait cause commune avec ses opposants pour manifester dans les rues de Tunis, chose impensable de part sa nature avant l'éclatement de la guerre israélo-arabe de juillet. Toujours est il que même en Tunisie un malheur pouvait cacher quelque chose de bon.

Lors de cette manifestation qui a rassemble quelque milliers de personnes de divers horizons les manifestants ont brandi des banderoles dénonçant l'agression israélienne et des portraits de Hassan Nasrallah, de Bachar El Assad et de Nasser. On a aussi brandi les drapeaux Libanais, Palestiniens et ceux de Hezbollah.

Il ne manquait a cette image surréaliste que les portraits de Khomeiny qui accompagnent naturellement ceux du chef du Hezbollah dans son fief du sud Liban. Il aurait été plus logique qu'on brandisse aussi les portraits des chefs d'el Quaida qui ont ouvertement appelée a éliminer les chiites d'Irak et a soutenir ceux du Liban.

Ne serait- il pas logique que les amis et soutiens de nos nouvelles icônes en Tunisie aient droit a notre vénération? Sur ses portraits le sourire de Bachar El Assad aurait été certainement plus radieux si les manifestants les avaient accompagnes des portraits de son ami Ahmedinejad.

Comme tous les Tunisiens, le 6 avril 2000 j'ai appris avec consternation l'annonce de la disparition de Bourguiba. En prenant connaissance du déroulement de cette manifestation et de ses évènements en ce soir du premier août je n'ai pu m'empêcher de verser des larmes sur sa mort. Des larmes mitigées de regrets pour la Tunisie d'antan et de rage contre ce même Bourguiba qui, par son amour démesure du pouvoir, a fini par nous léguer le régime de Ben Ali. Un dictateur qui a hélas merveilleusement réussi a abattre une épaisse brume sur une partie de l'opinion publique tunisienne

Je suis stupéfait par les opposants a ce régime qui prônent sur tous les toits la démocratisation de la Tunisie et que Ben Ali a réussi sans peine a faire marcher sous la houlette de Nasrallah et de Assad. Paradoxe de cette image immortalisée par des prises de photos de reporters tunisiens et étrangers, ce sont ces opposants mêmes qui frappent aux portails des chancelleries occidentales a Tunis pour pleurnicher contre les abus du pouvoir de Ben Ali dans notre pays.

Je crains qu’à l'avenir ils seront reçus dans ces mêmes chancelleries par des photos
- authentiques cette fois - les exhibant sous les drapeaux et les portraits de leurs nouveaux allies .Ces opposants qui souffrent d'incohérence stratégique et d'un manque de vision géopolitique risquent a l'avenir de se voir invites par leurs soutiens traditionnels occidentaux d'aller solliciter l'ambassade syrienne dans leur quête d'appuis pour la liberté d'expression et de respect des droits de l'homme en Tunisie.

Il faut reconnaître a Ben Ali l'efficacité de sa diatribe .En effet , par l'organisation d'une telle manifestation le dictateur tunisien a atteint deux cibles qui réconforteront son pouvoir absolu : Il a réussi a désamorcer la colère justifiée de Tunisiens contre l'agression israélienne en se positionnant comme L’irréprochable défenseur des droits inaliénables des peuples palestinien et libanais. Son deuxième acquis -- qui compte le plus pour lui -- a été le magnifique cadeau que lui ont offert ses opposants en marchant sous les drapeaux de Hezbollah et des portraits de Hassan Nasrallah et de Bachar El Assad.

Les " Leaders " de cette opposition tunisienne ont beau crier haut et fort -- a juste titre d'ailleurs -- que ses portraits et drapeaux ont été infiltres a leur insu par des manifestants oeuvrant pour le régime afin de les discréditer en les présentant en tant que sympathisants de groupes religieux extrémistes. Hélas en politique seuls les faits et gestes finissent par prévaloir. Il est évident que le régime de Ben Ali fort de ses 150.000 policiers totalement absorbes a contrôler les libertés en Tunisie a donne son aval pour l'impression des portraits de Nasrallah et compagnie et a la confection des drapeaux de Hezbollah. En Tunisie il n'y a aucun doute que si une personne avait ose entreprendre pareille chose qu'elle aurait finie accrochée par ses parties génitales aux plafonds des sous -sols du ministère de l’intérieur. Par ces basses manoeuvres Ben Ali a facilement mené ses opposants têtes baissées dans un piége enfantin.

En conclusion, je constate que le dictateur tunisien a magnifiquement réussi a créer le vide politique dans notre pays en favorisant l'émergence d'opposants a son image. A défaut d'une opposition responsable il ne faudra pas s'étonner de l'appui que continueront a apporter les occidentaux au régime de Ben Ali . Forces en cela ils patienteront pour soutenir une alternative de changement dans notre pays quitte a attendre la majorité de Ben Ali junior pour relayer son père. La pauvre Tunisie ne mérite certainement pas un tel président ni de tels leaders d'opposition qui font de la politique opportuniste sans savoir saisir des opportunités évidentes pour se démarquer de la dictature. Malheureusement tant que cette opposition ne parviendra pas a imposer ses propres règles du jeux a Ben Ali, son action sera condamnée a s'apparenter -- comme on dit en Tunisie -- au " TAFLIG POLITIQUE ".