lundi 26 février 2007

LES RAMBOS DE LA GUERRE SAINTE

De part le monde l’élimination d’Abou Moussab Elzarkaoui a fait la une de tous les moyens d’information. Cet ex voyou, natif de la petite vile jordanienne Zarka, a découvert l’Islam dans les geôles des prisons de son pays grouillantes d’intégristes purs et durs. Ces derniers n’ont pas manqué de remarquer cette grosse gueule et réussirent à l’enrôler au sein de leur nébuleuse djihadiste. Il est à noter qu’après les mosquées, le milieu carcéral moyenâgeux des pays arabes est le lieu privilégié pour le recrutement de futurs terroristes.
Afin de compléter sa formation Zarkaoui fut envoyé en Afghanistan pour suivre des cours en pratiques terroristes. Jusque là méconnu du grand public, c’est en Irak qu’il se fait connaître en perpétrant le spectaculaire attentat contre les locaux de la mission de l’Onu à Bagdad. Depuis et grâce aux fins sauvages réservées a ses otages occidentaux Zarkaoui n’a cessé de gravir les échelons de la célébrité. Il a prouvé que la notoriété djihadiste devait s’acquérir par la cruauté barbare envers ses ennemis.

Si l’habit ne fait pas le moine il peut néanmoins révéler certains traits de la personnalité. En effet la ressemblance de cette icône du nouveau djihad, filmé en tenue de parade en plein désert, rappelle étrangement l’allure du fameux Rambo, célèbre héros de films américains. Cette similitude dans l’apparence est sans doute à mettre sous la bannière de la mondialisation qui n’a pas manqué d’imprégner un look hollywoodien aux guerriers du djihad. Malheureusement, c’est le désir d’accès à la mondialisation refusé à Zarkaoui et à ses semblables qui l’a entraîné a arpenter les sentiers du djihad d’El Quaida. L’élimination de ce terroriste n’augure nullement de la fin du terrorisme. Dans le monde arabe il y a de fortes chances pour l’émergence de nombreux terroristes à l’image de Zarkaoui.

En effet, des millions de jeunes Arabes sont confinés dans des villes, plus ou moins importantes, sans perspectives d’avenir. Ils subissent l’aveuglement de régimes moyenâgeux qui les méprisent et se méfient de leurs aspirations. La politique de l’arbitraire imposée aux sociétés arabes par leurs dictateurs demeure un formidable générateur à la procréation en chaîne de nombreux jeunes intégristes.
En réalité ces jeunes sont génétiquement identiques aux jeunes occidentaux ou autres. Ils aspirent à étudier pour décrocher un diplôme. Ils espèrent travailler, acheter une voiture et rencontrer la femme de leur vie pour fonder une famille. Cet acheminement naturel permis aux autres jeunes des pays développés est barré à la grande majorité des jeunes Arabes. Ils se savent exclus d’avance et condamnés à l’échec en empruntant cette voix. Cette jeunesse frustrée est une proie facile à enrôler par des politiciens habiles dans la manipulation de la religion musulmane. Ces derniers font de la négation des autres civilisations leur principal cheval de batail tout en flattant l’ego de leur auditoire en miroitant le passé glorieux de la civilisation arabo-musulmane. Ils n’auront aucun mal a passer ce message auprès d’une jeunesse peu instruite, désabusée en plus par l’appui de l’occident à des régimes qui les oppriment sauvagement. En réalité l’appui des gouvernements occidentaux aux dictatures arabes demeure de loin la première cause de la haine galopante des Arabes envers l’occident. Le conflit israélo-palestinien nourri indiscutablement cette haine, il serait erroné de penser qu’il en est le principal facteur. A cet effet, l’évolution de l’attitude de la société saoudienne envers les Américains lors de ces trente dernières années en est la parfaite illustration. Au cours des années 70 et au risque de choquer d’autres Arabes, la majorité écrasante des Saoudiens, prospères et convenablement traités par le roi Faysal, affichaient ouvertement leurs sympathies à l’égard de l’oncle Sam malgré son appui indéfectible a Israël. Le nombre de jeunes Saoudiens parmi les kamikazes du 11 sep 2001 témoigne indéniablement du revirement radical de l’opinion saoudienne.

Depuis la chute du mur de Berlin, les masses arabes éprouvent le plus grand mal à saisir les raisons qui poussent encore les occidentaux à maintenir leur soutien aux dictatures qui les oppriment. Si avant l’effondrement du bloc de l’est, les raisons de cet appui pouvait s’expliquer d’un point de vue stratégique, elles sont de nos jours perçues comme une insulte a leur intelligence humaine. Ils en déduisent qu’ils sont indésirables dans ce mouvement de mondialisation et que les occidentaux, par l’entremise de leurs bourreaux, désirent les soumettre indéfiniment sous leurs bottes.
Dans cette ambiance de radicalisation qui règne actuellement au sein du monde arabe et du monde musulman en général, la lutte contre le terrorisme est indéniablement vouée à l’échec. Bien qu’ils ne représentent que 20% des fidèles, les Arabes demeurent les aiguilleurs de tout le monde Musulman.
Les analystes qui établissent des comparaisons entre la lutte livrée en Europe de l’est contre le communisme et la lutte en ce début de siècle contre l’intégrisme sont totalement dans le champ. Il faut se rappeler que les peuples des anciens pays du bloc de l’est avaient activement pris part à l’effondrement du communisme, alors qu’aujourd’hui les Arabes regardent en spectateurs désabusés la lutte engagée contre le terrorisme. Bien qu’ils en soient les premières victimes, il y a fort a parier qu’ils ne changeront pas d’attitude, tant que cette lutte serait parrainée par leurs dictateurs.
Conscients des dangers qu’ils encourraient sous des régimes intégristes, les peuples arabes sont de plus en plus enclins de changer de goût de régime. Si en occident les électeurs alternent souvent des gouvernements de bords politiques divers pour appliquer la même politique, il serait injuste de reprocher aux Arabes de vouloir changer de goût de ‘’ Me… ‘’. D’autant plus que c’est le seul choix qui leur est offert.

jeudi 22 février 2007

INVESTIR EN LIBYE !

Le régime du général Ben Ali se targue d’avoir rehaussé la Tunisie au premier rang des investisseurs en Libye. Cela me laisse perplexe quant à l’authenticité de cette nouvelle. Soit, il n’y aurait vraiment pas de quoi se réjouir. Les soubresauts du lunatique colonel Kadhafi sont légendaires, les Tunisiens en savent quelque chose. Il n’est pas impossible que le guide de la révolution se réveille un beau matin pour décider de l’insolvabilité des investissements tunisiens ou autres dans son pays.
Il serait certainement moins hasardeux pour la Tunisie et ses investisseurs de miser les sommes investies chez le guide libyen à une table de jeu d’un casino.
Faut il pour autant arrêter de commercer avec nos voisins libyens ? Bien au contraire, a condition de prendre soin de ne pas trop s’embarquer aveuglement et hypothéquer l’avenir financier de notre pays au demeurant d’une coopération a la merci d’humeurs dictatoriales. En politique on choisit ses amis et on subit ses voisins est l’une des rares réalités énoncées par Mohammed Mzali ancien premier ministre de Bourguiba et ce en réponse a un journaliste français qui lui demandait la position tunisienne envers le régime Libyen embrouillée avec l’occident.
Ben Ali affaibli sur le plan international se hasarde a s’accrocher a n’importe quelle branche pour pallier aux défaillances de notre économie, ignorant en cela, les conséquences qui peuvent en découler pour le dernier de ses soucis : L’avenir économique de la Tunisie.

mardi 20 février 2007

AUTANT D'EMPRESSEMENT

Pourquoi le général Ben Ali fait preuve d’autant d’empressement a se faire prier par les multiples associations de son régime pour se porter candidat a la présidentielle de 2009 ? Il n’est pas d’usage que ses lèches bottes professionnels agissent sans l’ordre du palais de Carthage. Est-ce une nouvelle forme de démocratie inventée par Ben Ali ? Il faudrait certainement scruter ailleurs les raisons d’un tel empressement.
L’actuelle administration américaine presse en coulisses le dictateur tunisien à ne pas briguer un cinquième mandat. Cela n’est pas sans rappeler l’attitude de l’ex président Bill Clinton à la fin de son deuxième mandat qui suggérait à Ben Ali de ne plus se faire réélire et de respecter la constitution tunisienne. A l’époque ce dernier a su habilement passer a travers les mailles du filet en attendant le départ de ce président américain indisposant. Il y a fort a parier que Ben Ali tentera la même recette pour résister a l’administration Bush. A ce jeu du chat et de la souris, le général sera cette fois privé d’atouts majeurs dont il disposait à l’époque de l’administration précédente.
- Le président Jacques Chirac ne sera plus la pour prendre sa défense. Pis, son successeur à l’Élysée risque fort de prendre la même position que les Américains ce qui entraînerait la majorité des pays de l’union Européenne a dire tout haut ce qu’ils pensent de Ben Ali depuis longtemps.
- Ben Ali ne peut plus maquiller les douloureuses réalités économiques et sociales de notre pays. La main mise de sa famille sur les rouages économiques et financiers du pays est devenue trop flagrante. Le nombre de femmes voilées et de barbus dans les rues tunisiennes ne cesse vertigineusement d’augmenter, signe que l’intégrisme gagne aisément du terrain.
- Suite aux derniers évènements sanglants du Cap bon tunisien, le dictateur septénaire éprouve de plus en plus de difficultés a maîtriser la sécurité intérieure de la Tunisie et semble par conséquent dépassé par les évènements.
Cela dit Ben Ali est loin d’être fini. Aussi paradoxal que cela puisse vous paraître, c’est nous Tunisiens qui sommes et seront ses principaux soutiens et meilleurs espoirs pour se représenter indéfiniment a une élection présidentielle. Etre victimes de ses agissements ne nous dispense nullement de nos responsabilités. La majorité silencieuse des Tunisiennes et Tunisiens ont l’obligation de se prendre en main en faisant entendre leurs voix. Ils ne peuvent continuer indéfiniment a se faire représenter et réclamer leurs droits par :
- Une opposition politique officielle qui flirte avec le dictateur pour ensuite dénoncer sa mauvaise haleine et revendiquer la libération de certains de ses leaders emprisonnés.
- Une opposition hétéroclite reniée par le régime qui revendique une panoplie de libertés en dénonçant toute sorte de forces impérialistes sans avoir une vision a soumettre hormis de destituer Ben Ali.
- Des forces politiques centrifuges qui appellent a manifester pour soutenir le Hezbollah et dénoncer quelques mois après la pendaison de Saddam Hussein par les chiites d’Irak. Ces mêmes forces dénoncent tout ce qui est américain et occidental tout en leur demandant d’exercer des pressions pour fléchir la position de Ben Ali.
- Une mouvance intégriste qui attend sagement que le fruit de l’enlisement des citoyens dans le désespoir atteigne son paroxysme pour les entraîner dans l’obscurantisme au nom d’un Islam dénaturé.
A coté de ces atouts que nous mettons aux mains de Ben Ali, Il nous sera impossible de nous unir tant qu’individuellement chacun se hâtera de jeter la faute de ce désarroi social sur les autres Tunisiens. Il n’échappe à personne que l’actuelle mode dans notre pays consiste a dire des Tunisiens et de la Tunisie en général qu’ils méritent leur sort sous les bottes de Ben Ali et compagnie. Cette attitude ridicule est surtout palpable chez un grand nombre de nos compatriotes émigrés. Se sentent ils peut être génétiquement élevés par l’obtention d’un visa que leur compatriotes n’ont pas réussi a avoir.
Ben Ali ne demande pas mieux qu’une telle attitude de notre part. Il pourra toujours aussi espérer qu’El Qaida votera comme en 2001 pour son maintien au pouvoir. L’alliance stratégique non avouée entre les intégristes et les dictateurs arabes n’est plus a démontrer.

samedi 17 février 2007

ENTENTE PROVISOIRE

Abou Bakr rapporta qu’il avait entendu le messager d’Allah dire : ‘’ Quand deux musulmans se rencontrent brandissant l’épée l’un contre l’autre, le meurtrier et le tué iront tous les deux à l’enfer ‘’. Abou Bakr demanda : ‘’ Le cas du meurtrier est clair, mais pourquoi le tué ‘’ ? Le prophète répondit : ‘’ Le tué cherchait lui aussi à tuer l’autre ‘’.
A elle seule, cette citation de notre prophète bien aimé, décrit le degré de culpabilité du Fatah et de son rival le Hamas dans les tueries entre palestiniens dans les territoires occupés. Les deux protagonistes font vivre l’enfer à une population déjà éprouvée par l’occupation israélienne.
L’accord qu’ils viennent de conclure à la Mecque, haut lieu saint de l’Islam, ne sera hélas qu’une houdna –Trêve- dont la durée dépendra de la tournure des évènements dans les semaines et mois a venir.
Cet accord a consacré Khaled Mechaal comme deuxième président du peuple palestinien.
Désormais dans les territoires occupés, rien ne pourra se tramer ou se décider sans l’aval de ce protégé de la Syrie. Ce farouche opposant à la reconnaissance de l’Etat hébreu est dans une logique idéologique intégriste. Cette mouvance ne perçoit la solution du problème palestinien qu’en dernier lieu d’un long processus de libération des peuples arabes, par l’instauration du Califat qui les régenterait selon la charia. La notion du temps chez les intégristes diffère de celle du commun des mortels. Ils ont d’autant plus intérêt dans l’immédiat -c'est-à-dire dans la décennie qui s’en vient- au pourrissement du conflit israélo-palestinien, source magique à propagation de leur idéologie.
Suite à cet accord, Mahmoud Abbas déjà dans une situation peu enviable se retrouve encore plus affaibli. Sa marge de manœuvre est réduite à la tête d’une organisation vidée de sa substance par la corruption de ses cadres et la destruction de ses structures sécuritaires et administratives par Israël en représailles aux attentats du Hamas et du Jihad islamique. S’il est versé comme promis par l’Arabie Saoudite le milliard de dollars d’aide allégera certainement le fardeau du président de l’autorité palestinienne. IL va de soi que le gardien des lieux saints ne manquera pas de verser en sous main a titre de compensation quelques centaines de millions au Hamas pour calmer ses ardeurs islamiques. A part d’arroser les protagonistes de pétrodollars, je ne crois pas que le royaume wahhabite ait les moyens de leur imposer une trêve définitive. Toujours est il que son initiative de rapprochement entre Palestiniens est louable. IL n’est jamais trop tard pour cette monarchie d’essayer de palier aux énormes dégâts causés à l’étranger par l’exportation de son idéologie wahhabite.
Dans cette tragédie l’espoir vient de la société civile palestinienne. En effet, dans les territoires occupés, Les manifestations se sont multipliées pour dénoncer cette prise d’otage de tout un peuple entre deux feux. Les images de la manifestation d’adolescents palestiniens déguisés en blessés sont une preuve éclatante du refus de cet état de fait qui leur est imposé. Ils doivent se questionner sur la légitimité des dirigeants des deux fractions qui se disputent leur direction. Est ce ceux la même qui auront a diriger un État palestinien indépendant ? En tout cas, pour le moment ils ont réussi le malheureux exploit de s’entretuer et d’imposer la guerre civile à leurs concitoyens avant d’acquérir l’indépendance de la Palestine.
Au vu des évènements, la question de Golda meir à la suite de l’opération de Munich : ‘’ Ou vont les Palestiniens ? ‘’ demeure plus que jamais d’actualité. Les Israéliens n’ont pas a se réjouir de l’entre déchirement des Palestiniens. Cela n’augure rien de bon pour leur sécurité. Il est acquis que ses évènements favoriseront une plus grande radicalisation de la lutte des Palestiniens pour retrouver leurs droits légitimes. Bien qu’ayant droit a exister en sécurité, Israël se conforte cyniquement derrière le refus du Hamas a reconnaître ce droit comme elle l’a déjà fait pour l’OLP. Il est permis a la communauté internationale de se douter de l’éternelle évocation de cet alibi qui permets a Israël de paraître en agressé alors qu’il est l’agresseur. N’oublions surtout pas qu’à sa naissance le Hamas a été le protégé de l’Etat hébreu qui voyait en lui un magnifique contrepoids a l’OLP, son ennemi juré de l’époque. En détruisant l’infrastructure dans les territoires occupés, Israël balise à la limite de l’éternel le chemin d’un conflit avec les intégristes et s’expose a un retour du balancier néfaste pour son existence même. C’est a lui d’en décider.

vendredi 9 février 2007

LE RECYCLAGE DE BEN ALI

Les enjeux environnementaux sont l’une des préoccupations majeures des opinions publiques des pays développés. Malheureusement, la société tunisienne transgressée économiquement et politiquement par le régime du général Ben Ali a d’autres chats a fouetter. On ne va quand même pas demander à une société asphyxiée de méditer sur le sort tragique de notre belle planète bleu. Cela ne m’empêche pas d’apprécier le don que vient d’accorder la BIRD a notre pays afin de l’aider dans le recyclage des déchets. Je me permets néanmoins, d’attirer l’attention de cette institution et celle des autres donateurs et créanciers de notre pays, de faire preuve de vigilance quant a l’utilisation des fonds accordés au régime corrompu de Ben Ali.
En effet, ce dernier est passé maître dans la technique d’un autre type de recyclage qui consiste a recycler les dollars destinés a l’aide des Tunisiennes et Tunisiens en dollars déposés dans des banques étrangères. Qu’on ne vienne surtout pas me dire que ses proches en sont les premiers bénéficiaires. De mon point de vue la corruption en Tunisie fonctionne selon le principe des vases communicants qui déversent dans un même vase, en l’occurrence celui de l’instigateur de ce pillage. Il serait injuste de la part de la communauté internationale d’aider a hypothéquer l’avenir des générations futures de notre pays. Il serait immoral que nos enfants soient consignés a payer des sommes pharamineuses détournées par Ben Ali d’autant plus qu’ils auront a subir les désastres de sa politique environnementale.
Pour la Tunisie de demain, à coté du recyclage des déchets, la lutte contre la pollution sera primordiale dans la conduite d’une politique de l’environnement. Avant de passer a l’application de son concept pollueur payeur, la Tunisie doit commencer par se munir du concept pilleur payeur, pierre d’achoppement de tout effort pour un développement durable.

jeudi 8 février 2007

LES MOLLAHS ET LA BOMBE

‘’Le danger n’est pas dans la bombe qu’il va avoir, et qui ne lui servira a rien. Il va l’envoyer ou cette bombe ? Sur Israël ? Elle n’aura pas fait 200 mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasé.’’
Cette déclaration a l’emporte pièce du président Jacques Chirac concernant l’éventualité de la fabrication de la bombe nucléaire par l’Iran est très révélatrice de la réalité des rapports de force en ce début de siècle.
Je ne suis pas certain que cette donne stratégique soit valable si la bombe visait un pays arabe.
Les rues arabes comme aime à les appeler certains journalistes, ne doivent pas se laisser bercer par le discours flatteur du président Ahmadinejad et des autres dirigeants iraniens. Ce discours démagogique, prônant la libération d’El Qods en rayant Israël de la carte a été malheureusement pendant ces soixante dernières années, le cheval de bataille de tous les tocards politiques du monde arabo-islamique. Il est désolant que cette voix de l’irrationnel continue de trouver des échos favorables dans les rues arabes. Le discours du visionnaire Bourguiba à Jéricho et sa leçon de réal politique magistralement servie au jeune colonel Kadhafi au palmarium de Tunis demeure la seule issue aux Arabes pour résoudre le conflit qui les oppose à Israël.
Dans son bras de fer avec la communauté internationale pour la maîtrise de l’électronucléaire, le régime iranien use de tous les moyens pour gagner la sympathie du monde arabe. Cela ne l’a pourtant pas empêché de réprimer dans le sang le soulèvement de sa minorité arabe sunnite.
A travers les discours de leur président forcené, les mollah chiites qui détiennent la réalité du pouvoir a Téhéran n’ont pas trouvé mieux a utiliser que la vielle portion magique pour enflammer les masses arabes : El Qods aux Musulmans avec en prime, une Palestine définitivement débarrassée d’Israël. Qui dit mieux ?
En fait le monde arabe serait le plus grand perdant face à un Iran détenant la bombe atomique. Le rêve caché des mollahs iraniens d’étendre leur influence et l’hégémonie perse sur le moyen orient trouverait enfin son support militaire. Ces dirigeants aux pensées archaïques n’hésiteront pas a ouvrir la boite a pandore des vieux démons de la région. Affronté a une telle situation le monde arabe risque hélas de s’apercevoir tardivement que ses débâcles répétées face a Israël étaient de la tarte au sucre comparés aux dégâts causés par un Iran islamique détenant l’arme nucléaire.
Je crains que les peuples arabes fassent fi de ses réalités à venir et affichent une solidarité avec le régime iranien ne serait ce que pour contrarier leurs dirigeants actuels. La méfiance entre les deux parties est telle que les masses arabes risquent de crier à la supercherie si leurs dictateurs leur indiquaient le soleil brillant en plein désert.

samedi 3 février 2007

EDDAKHLA ou LES MISES EN SCENES

Lors des derbys tunisiens de football, la mise en scène de l’entrée des équipes protagonistes sur le terrain de jeu sont devenues un spectacle digne des plus grands stades européens. Hélas une fois la partie entamée, on est obligé de se rendre à l’évidence qu’on assiste à un semblant de match de foot, dont le niveau de jeu ne dépasse guère celui des équipes africaines des années 70. A travers ces matchs hautement médiatisés, on éprouve une grande désolation pour la piètre qualité de jeu offerte aux amateurs de ce sport roi en Tunisie. Ce spectacle tiers-mondiste trouve son prolongement dans l’émission du dimanche sport ou des invités mal à l’aise s’efforceront de soumettre aux téléspectateurs des analyses tactiques ridicules de l’évènement. Faute de distractions, les Tunisiens se prêtent malheureusement à ce jeu au risque de se laisser ensorcelés par cette grotesque supercherie. C’est la tactique du bluff, superbement maîtrisée par le régime afin d’imposer a notre vue la régression de la Tunisie comme une forme de développement inégalée par les autres nations.
Cette tactique du bluff ou du surréalisme a aussi prouvé son efficacité sur le plan économique. Tous les visiteurs étrangers sont surpris par l’abondance des produits de luxe dans notre pays. En fait, ces apparences cachent un profond malaise social et économique. Les Tunisiens se rincent les yeux à la vue de ces produits sans avoir les moyens d’y accéder. Pris de tentation, un grand nombre de citoyens se permettent d’acquérir ces luxueux produits par des moyens frauduleux. Le régime tunisien ne se privera pas de profiter de la déconfiture sociale qui en découle pour perdurer son pouvoir en toute tranquillité. La réalité économique est toute autre que celle perçue a première vue par les étrangers. Les investisseurs opèrent dans un souci purement spéculatif sans prendre la peine de créer des emplois. Leur seul souci demeure le profit immédiat afin de le mettre à l’abri. Initiés par les proches du dictateur, les gens d’affaires tunisiens ont fait de la fuite des capitaux vers l’étranger leur sport préféré.
Maquiller les douloureuses réalités de la Tunisie est une technique parfaitement maîtrisée par le régime du dictateur tunisien. Ce dernier est passé maître dans la politique de la tentation de ses sujets doublée d’un laisser aller calculé pour canaliser les attentes de toute la société vers l’éphémère. Les jeunes Tunisiens pleurent et s’évanouissent à la perte d’un match de football de leurs équipes préférées. Leur nationalisme se cristallise désormais autour de l’évolution de notre équipe nationale. Qu’a cela ne tienne, ils seront comblés par des retransmissions quasi- quotidiennes d’évènements sportifs qui les détourneront du sombre avenir qui les guette. Quant aux hommes d’affaires, le régime s’efforcera de fermer les yeux, sur leurs pratiques plus que douteuses tant qu’ils se serviront sans se mêler de politique. En attendant, Ben Ali continuera cyniquement d’offrir les pelures nécessaires au bien être imaginaire de chaque Tunisien et de chacune de nos catégories sociales afin d’avoir la paix. Qu’on ne vienne surtout pas lui casser les oreilles avec le dernier de ses soucis : Le devenir de la Tunisie, une formule que le protocole oblige a employer dans ses discours ennuyeux. Les 150.000 policiers a son service sont la pour le rappeler aux égarés.

MACHER LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME

En se réunissant a Tunis, les ministres arabes de l’intérieur se livrent a une farce pour débattre du terrorisme. Ces éminents représentants, de régimes moyenâgeux qui suffoquent les populations arabes jusqu'à les pousser dans l’intégrisme essayent de jouer aux pompiers après avoir mis le feu au poudre. D’ailleurs six d’entre eux n’ont pu effectuer le déplacement a Tunis a cause de l’embrasement de la situation sécuritaire dans leurs pays. Lors de leur réunion, ces ministres de l’oppression intérieure vont aussi se pencher sur la coopération intergouvernementale des régimes qu’ils représentent pour lutter contre le blanchiment d’argent. Penchés comme ils sont devant leurs monarques et présidents ils n’oseront jamais désigner ces derniers comme les coupables par excellence de cette pratique. Il n’est un secret pour personne que les dirigeants arabes sont les bénéficiaires des comptes bancaires les plus occultes et les plus garnis des banques occidentales. De là, peut on demander à des pyromanes atteints de cleptomanie de se pencher sur le terrorisme et le blanchiment d’argent ?
Impuissants face à ces régimes monstrueux, les jeunes Arabes ne pensent qu’à émigrer sous d’autres cieux. Généralement peu instruits et mal adaptés aux réalités des pays accueillants, ils emporteront avec eux leurs amertumes et essaieront vainement de se forger une identité. Malheureusement, un grand nombre de ces jeunes désoeuvrés percevront dans la voie de l’islamisme actif en occident un remède à leur tragédie.