LES RAMBOS DE LA GUERRE SAINTE
De part le monde l’élimination d’Abou Moussab Elzarkaoui a fait la une de tous les moyens d’information. Cet ex voyou, natif de la petite vile jordanienne Zarka, a découvert l’Islam dans les geôles des prisons de son pays grouillantes d’intégristes purs et durs. Ces derniers n’ont pas manqué de remarquer cette grosse gueule et réussirent à l’enrôler au sein de leur nébuleuse djihadiste. Il est à noter qu’après les mosquées, le milieu carcéral moyenâgeux des pays arabes est le lieu privilégié pour le recrutement de futurs terroristes.
Afin de compléter sa formation Zarkaoui fut envoyé en Afghanistan pour suivre des cours en pratiques terroristes. Jusque là méconnu du grand public, c’est en Irak qu’il se fait connaître en perpétrant le spectaculaire attentat contre les locaux de la mission de l’Onu à Bagdad. Depuis et grâce aux fins sauvages réservées a ses otages occidentaux Zarkaoui n’a cessé de gravir les échelons de la célébrité. Il a prouvé que la notoriété djihadiste devait s’acquérir par la cruauté barbare envers ses ennemis.
Si l’habit ne fait pas le moine il peut néanmoins révéler certains traits de la personnalité. En effet la ressemblance de cette icône du nouveau djihad, filmé en tenue de parade en plein désert, rappelle étrangement l’allure du fameux Rambo, célèbre héros de films américains. Cette similitude dans l’apparence est sans doute à mettre sous la bannière de la mondialisation qui n’a pas manqué d’imprégner un look hollywoodien aux guerriers du djihad. Malheureusement, c’est le désir d’accès à la mondialisation refusé à Zarkaoui et à ses semblables qui l’a entraîné a arpenter les sentiers du djihad d’El Quaida. L’élimination de ce terroriste n’augure nullement de la fin du terrorisme. Dans le monde arabe il y a de fortes chances pour l’émergence de nombreux terroristes à l’image de Zarkaoui.
En effet, des millions de jeunes Arabes sont confinés dans des villes, plus ou moins importantes, sans perspectives d’avenir. Ils subissent l’aveuglement de régimes moyenâgeux qui les méprisent et se méfient de leurs aspirations. La politique de l’arbitraire imposée aux sociétés arabes par leurs dictateurs demeure un formidable générateur à la procréation en chaîne de nombreux jeunes intégristes.
En réalité ces jeunes sont génétiquement identiques aux jeunes occidentaux ou autres. Ils aspirent à étudier pour décrocher un diplôme. Ils espèrent travailler, acheter une voiture et rencontrer la femme de leur vie pour fonder une famille. Cet acheminement naturel permis aux autres jeunes des pays développés est barré à la grande majorité des jeunes Arabes. Ils se savent exclus d’avance et condamnés à l’échec en empruntant cette voix. Cette jeunesse frustrée est une proie facile à enrôler par des politiciens habiles dans la manipulation de la religion musulmane. Ces derniers font de la négation des autres civilisations leur principal cheval de batail tout en flattant l’ego de leur auditoire en miroitant le passé glorieux de la civilisation arabo-musulmane. Ils n’auront aucun mal a passer ce message auprès d’une jeunesse peu instruite, désabusée en plus par l’appui de l’occident à des régimes qui les oppriment sauvagement. En réalité l’appui des gouvernements occidentaux aux dictatures arabes demeure de loin la première cause de la haine galopante des Arabes envers l’occident. Le conflit israélo-palestinien nourri indiscutablement cette haine, il serait erroné de penser qu’il en est le principal facteur. A cet effet, l’évolution de l’attitude de la société saoudienne envers les Américains lors de ces trente dernières années en est la parfaite illustration. Au cours des années 70 et au risque de choquer d’autres Arabes, la majorité écrasante des Saoudiens, prospères et convenablement traités par le roi Faysal, affichaient ouvertement leurs sympathies à l’égard de l’oncle Sam malgré son appui indéfectible a Israël. Le nombre de jeunes Saoudiens parmi les kamikazes du 11 sep 2001 témoigne indéniablement du revirement radical de l’opinion saoudienne.
Depuis la chute du mur de Berlin, les masses arabes éprouvent le plus grand mal à saisir les raisons qui poussent encore les occidentaux à maintenir leur soutien aux dictatures qui les oppriment. Si avant l’effondrement du bloc de l’est, les raisons de cet appui pouvait s’expliquer d’un point de vue stratégique, elles sont de nos jours perçues comme une insulte a leur intelligence humaine. Ils en déduisent qu’ils sont indésirables dans ce mouvement de mondialisation et que les occidentaux, par l’entremise de leurs bourreaux, désirent les soumettre indéfiniment sous leurs bottes.
Dans cette ambiance de radicalisation qui règne actuellement au sein du monde arabe et du monde musulman en général, la lutte contre le terrorisme est indéniablement vouée à l’échec. Bien qu’ils ne représentent que 20% des fidèles, les Arabes demeurent les aiguilleurs de tout le monde Musulman.
Les analystes qui établissent des comparaisons entre la lutte livrée en Europe de l’est contre le communisme et la lutte en ce début de siècle contre l’intégrisme sont totalement dans le champ. Il faut se rappeler que les peuples des anciens pays du bloc de l’est avaient activement pris part à l’effondrement du communisme, alors qu’aujourd’hui les Arabes regardent en spectateurs désabusés la lutte engagée contre le terrorisme. Bien qu’ils en soient les premières victimes, il y a fort a parier qu’ils ne changeront pas d’attitude, tant que cette lutte serait parrainée par leurs dictateurs.
Conscients des dangers qu’ils encourraient sous des régimes intégristes, les peuples arabes sont de plus en plus enclins de changer de goût de régime. Si en occident les électeurs alternent souvent des gouvernements de bords politiques divers pour appliquer la même politique, il serait injuste de reprocher aux Arabes de vouloir changer de goût de ‘’ Me… ‘’. D’autant plus que c’est le seul choix qui leur est offert.