lundi 26 mars 2007

VAGUE DE FROID ET DE MENSONGES

Suite à la vague de froid qui s’est abattue sur notre pays, les premières pages des journaux du régime ont largement fait écho des instructions de leur président à ses organismes de solidarité afin de porter secours aux citoyens les plus démunis en leur fournissant couvertures et nourriture. A ce rythme de propagande médiatique les Tunisiennes et Tunisiens finiront par ne plus douter de la sensibilité angélique de Ben Ali. Ils sont néanmoins choqués par l’existence dans leur pays de Tunisiens dont la vie est fauchée par des intempéries comme ils en voient à la télévision dans les pays d’Afrique subsaharienne ou en Asie du sud est. Mes compatriotes se demandent ou est passé l’argent du fameux programme 26-26 censé éradiquer définitivement la précarité et la pauvreté en Tunisie. Ce programme dont le régime a tellement fait la promotion allant jusqu’à imposer une contribution financière à tous nos travailleurs, artisans et gens d’affaires s’est avéré une supercherie de plus a ajouter au répertoire des falsifications du général Ben Ali. Le comble de l’audace est que son régime s’enorgueilli d’avoir rehaussé notre pays à la vingtième place du classement du facteur de développement humain au monde. La meilleure réplique à cette grotesque farce de mauvais goût de Ben Ali est le proverbe arabe qui dit :’’ Si tu n’éprouves aucune pudeur fais bon ce qui te semble ‘’.

dimanche 25 mars 2007

JORNÉE DE DEUIL POUR NOS JEUNES

Le lendemain de la fête de l’indépendance, le régime de Ben Ali a célébré la journée de la jeunesse. Je ne sais quel malheur de cette jeunesse on a pu célébrer ? Une chose est sure, les jeunes Tunisiennes et tunisiens sont victimes d’un régime autoritaire et corrompu. Leur journée de fête, est celle ou individuellement chacun obtiendrait un visa pour émigrer et fuir définitivement l’arbitraire. Il y a fort à parier que si l’Europe et l’Amérique du Nord ouvraient leurs portes à l’entrée des Tunisiens qu’il ne resterait dans notre pays, et j’en doute encore, que des jeunes handicapés mentaux. Cette année spécialement, a été marquée par une pierre noire dans l’évolution de la jeunesse tunisienne. En effet pour la première fois de notre histoire, des jeunes Tunisiens ont pris les armes contre d’autres jeunes Tunisiens, devenus policiers faute de débouchées sur le marché du travail. La politique aveugle du dictateur Ben Ali a finit par glisser un nombre épeurant de nos jeunes dans le terrorisme. On est en droit de se demander est-ce cela qu’on a célébré à travers la journée de la jeunesse ? Ce n’est certainement pas l’avis des journaux de la propagande tunisienne qui brossent comme à leur habitude un tableau surréaliste de la joie de vivre de cette jeunesse au sein de la société la plus heureuse au monde.
Si je suis élu président, mon souci majeur serait de libérer une jeunesse qui n’est autre que l’avenir de la Tunisie. La libérer en l’écoutant, en lui rendant son droit de s’exprimer et en élaborant un programme de gouvernement qui répondrait à ses aspirations. La deuxième république devra se faire un point d’honneur quant au rehaussement du niveau d’enseignement dispensé à cette jeunesse qui ne demande pas mieux qu’a apprendre et s’ouvrir sur le monde. Nous devons absolument offrir d’autres alternatives à cette jeunesse qui n’aspire actuellement qu’à délaisser la mère patrie. On doit l’inciter à projeter son avenir en Tunisie en menant une politique réaliste, juste et avant-gardiste qui lui rendrait la fierté de son identité tunisienne. Pour la longévité de notre petite et précieuse perle de la méditerranée, on a l’obligation d’entrouvrir une porte d’espoir à nos enfants meurtris par les conséquences d’une dictature dont nous sommes, qu’on le veuille ou non responsables.

mardi 20 mars 2007

QUEL CULOT ?

Pour moi la meilleure distraction de la journée demeure la navigation sur le site des journaux tunisiens. Ils sont tellement ridicules qu’ils finissent par me faire rire. Aujourd’hui jour de commémoration de notre indépendance, pas une seule phrase n’a été dédiée aux Tunisiens qui ont sacrifié leurs vies pour qu’on puisse fêter en ce 20 mars notre accession à l’indépendance. Pas un seul mot non plus de Bourguiba, reconnu pourtant dans le monde entier comme le père de cette indépendance. Comme d’habitude on pavoise sur les réalisations divines de Ben Ali. Pour étayer ces thèses absurdes, le journal ‘’La Presse’’ n’a pas hésité a faire appel à la plume d’un certain Mohamed Zinelabidine, un lèche semelle notoire, professeur universitaire tunisien à la Sorbonne en France. Ce minable qui veut se faire passer pour un intellectuel, ferait mieux de vanter les mérites de son maître Ben Ali sur les colonnes des quotidiens français. Sait on jamais, en cette période électorale, les Français indécis quant au choix de leur futur président pourraient faire la révolution et exiger dans le cadre de la coopération franco-tunisienne que notre pays leur cède le génie Ben Ali afin de présider a leur destinée. Ce serait peut le meilleur moyen pour nous Tunisiens de se débarrasser d’un président trop génial pour la petite Tunisie. Je terminerai en vous racontant une histoire véridique que j’ai vécue à Québec. J’ai un ami Québécois qui vient de visiter notre pays. Imaginez que ce monsieur athée m’a avoué avoir retrouver la foi lors de son séjour dans notre pays. Ce miracle s’est produit grâce à sa lecture de nos quotidiens et au regard du journal télévisé de canal 7. Mon ami est rentré convaincu que jésus existe, mieux encore, qu’il est vivant et séjourne en Tunisie sous le pseudonyme de Zine Elabidine Ben Ali. Avis au pape et à tous les chrétiens qui désirent accomplir le chemin de la croix, Jésus est a chercher du coté de Carthage.

NOS MARTYRES TRAHIS

En cette journée du 20 mars, ma première pensée est aux Tunisiens qui ont payé de leurs vies pour que notre pays accède à son indépendance. Ces héros ont fait preuve de courage ultime pour réaliser leur idéal d’un pays souverain au sein duquel ses enfants jouiraient des attributs de la liberté et de la dignité. En versant leur sang pour la concrétisation de ces idéaux, nos martyres n’avaient jamais imaginé que leur pays finirait un jour écrasé sous les bottes d’un dictateur et de son clan. Ils n’auraient certainement pas combattu la France coloniale s’ils savaient d’avance qu’un jour des crapuleux de la taille de Belhassen, Imed Trabelsi et autres imposeraient leurs dictats mafieux à leurs enfants. Ils n’auraient jamais pris le chemin du maquis s’ils savaient que la justice dans la Tunisie indépendante rendrait justice selon le volume des enveloppes perçues par ses juges et avocats. Nos martyres doivent se retourner dans leurs tombes en voyant les jeunes Tunisiennes et Tunisiens risquer leurs vies sur des embarcations de fortune pour fuir la Tunisie indépendante et émigrer vers d’autres cieux.
En cette date du 20 mars, je ne peux aussi m’empêcher d’avoir une pensée à Bourguiba, père de l’indépendance de la Tunisie. S’il a réussi un parcours hors du commun dans la lutte contre l’empire colonial et dans l’édification des bases d’un état moderne, il ne faut pas s’en cacher et souligner qu’il a lamentablement échoué dans l’instauration d’un état de droit ou tous ses citoyens y vivraient dans l’égalité et la justice. En effet par son amour démesuré du pouvoir et sa volonté de décider de notre destin même après sa mort, le ‘’ combattant suprême ‘’ a sombré la Tunisie dans des crises répétitives qui ont fini par nous léguer le régime autocratique du général Ben Ali. Ce n’est certainement pas pour accoucher d’une telle situation que nos aînés se sont sacrifiés pour notre indépendance.
Depuis 51 années déjà que notre pays reconquérait sa souveraineté territoriale, sans pour autant que les Tunisiennes et Tunisiens aient accédé au titre de propriétaires de ses lieux. Notre statut n’a guère évolué et demeurons avec le sentiment que nous sommes des étayés non plus au service des Français mais à la merci du bon vouloir de notre maître Ben Ali et de ses proches. Faut il pour cela regretter notre indépendance et penser comme beaucoup de nos compatriotes que le colonialisme français était moins pénible a supporter que la dictature actuelle ?
Malgré les ratés de ce dernier demi siècle, notre indépendance demeure un acquis dont tout le peuple tunisien doit être fier. Faut il consolider ce précieux acquis par l’instauration de nouvelles institutions qui répondraient enfin aux attentes du citoyen tunisien. La république proclamée dans la foulée de l’indépendance a failli à cette mission. Les réformes à apporter à ses institutions sont telles que j’insiste a proposer à mes chers compatriotes, la proclamation d’une deuxième république afin de nous libérer de notre sombre et court passé républicain. Une telle démarche nous aiderait aussi à faire table rase de tous les mécanismes d’abus utilisés par l’Etat tunisien depuis notre indépendance. Bourguiba a proclamé une république bourguibienne et Ben Ali en a fait un costume à sa taille. Ils est grand temps pour nous Tunisiennes et Tunisiens d’instaurer la notre. Une république authentique, garante d’un Etat de droit, de l’égalité des chances et de traitement de tous ses citoyens. Une deuxième république par laquelle on doit se ressentir propriétaires de notre terre et de notre économie. Une deuxième république ou c’est nous qui sommes inscrits sur des listes électorales et non des personnes fictives ou des morts. Le premier enjeu de cette nouvelle république serait d’établir des listes électorales transparent donnant lieu à un vote reflétant l’opinion de chacun de nous. C’est seulement à ce prix que le citoyen tunisien appréhendera la journée du 20 mars comme un jour de fête nationale.

jeudi 15 mars 2007

INFORMATION ET SATIRE

Si je suis élu président, j’encouragerai fortement la parution de journaux satiriques dans la Tunisie de demain. Je considère qu’une approche satirique de l’actualité est un moyen efficace de décortiquer et de transmettre une information sereine aux lecteurs. Dans notre pays, comme dans tous les autres pays arabes, ce type de journalisme est banni par les régimes en place qui ont pris l’habitude de se faire idolâtrer par des pseudo journalistes. Certains lecteurs arabes ont pris fait et acte contre ce type de journalisme, poussés en cela par les publications insensées contre l’Islam et son prophète Mohammed – Sallah Allahou aleihi oue sallam -.
La satire journalistique dans une Tunisie démocratique doit pouvoir aborder sans tabou ni censure tout ce qui a attrait à la vie politique, économique et sociale de la Tunisie et du monde en général. Je rêve d’une Tunisie qui n’éprouverait aucun besoin de légiférer des restrictions a imposer à ses journalistes. Je n’ai aucun doute que ces derniers éviteront de tomber dans la bassesse de certains de leurs collègues étrangers en caricaturant un prophète ou en en s’attaquant aux croyances des individus. J’ose espérer aussi qu’ils ne se donneront pas la peine de répondre a de telles provocations gratuites. Ignorer les provocations d'un ignorant demeure le meilleur moyen de le laisser dans l’anonymat de son ignorance.

mercredi 14 mars 2007

JUSTICE ET RIEN QUE LA JUSTICE

Quitte à décevoir les défenseurs de la démocratie, pour les Tunisiennes et Tunisiens cette dernière n’a aucune consonance tant qu’on ne leur parlera pas de justice. On a tellement hâte de voir s’instaurer cette noble valeur dans notre pays que toute autre concept -y compris la démocratie- risque de nous paraître dérisoire. Le peuple tunisien intuitivement intelligent ne cautionnera aucune alternative de renouveau sans avoir la garantie que notre actuel système judiciaire ou plus exactement notre système de l’arbitraire serait totalement mis a plat. Ce n’est certainement pas la ‘’ révolte ‘’ de certains avocats du barreau et de quelques juges consciencieux contre la mainmise de la dictature sur ‘’ la justice tunisienne ‘’ qui les inciterait a bouger. Bien qu’éprouvant une certaine sympathie pour ces contestataires, l’opinion tunisienne les perçoit avec beaucoup de raison d’ailleurs comme un pur produit de la machine judiciaire actuelle.
S’ils veulent avoir l’oreille des Tunisiennes et Tunisiens, les militants pour l’avènement de la démocratie dans notre pays devront réajuster leur discours en éclaircissant leur vision concernant l’avenir de la justice dans la Tunisie de demain. Ils ne peuvent continuer a en parler en termes éloquents au grand plaisir de la mouvance intégriste. Cette dernière a bien saisi les attentes de la société et a occupé le terrain du débat sur la justice dans notre pays. Sur ce point les Tunisiennes et Tunisiens se reconnaissent dans le discours des intégristes, plus concret que celui des opposants démocrates qui revendiquent plein de libertés sans jamais clarifier leurs méthodes pour y parvenir. Les démocrates évoquent des réformes a apporter a notre ‘’système judiciaire’’ alors que les intégristes parlent avec raison, il faut le reconnaître, de l’abolition pure et simple de ce système pourri jusqu’à l’os. Comme tous mes compatriotes, il est évident que j’adhère à cette revendication sans pour autant avoir la même vision/ et les mêmes projets que les intégristes pour l’instauration d’une vraie justice dans notre pays.

vendredi 9 mars 2007

SURRÉALISME ou -- ELBIDAA --

En regardant sur les écrans de la télévision tunisienne la retransmission de la prière, je ne peux m’empêcher de sursauter devant le comportement de certains fidèles. Cela commence par les tenues extravagantes en tout genre porté par un nombre croissant de nos jeunes, ce qui laisse présager de l’avènement d’une nouvelle mode de se présenter à la mosquée en survêtement de sport ou en tenue a l’effigie d’équipes de football. Pire encore, à chaque rangée de fidèles on voit des pratiquants prier dans différentes positions : Ceux qui prient les mains légèrement croisées aux cotés d’autres, les bras entièrement croisés sans oublier les pratiquants dont les têtes sont renversées a l’arrière ou à l’inverse inclinées à l’avant. Les plus en vue et je dirai les plus choquants ont la tête tellement baissée à l’avant qu’elle finit par reposer sur leurs torses pour joindre leurs bras croisés au niveau du menton. Ces derniers me rappellent étrangement des images de ma jeunesse, quand en bon élève du collège Sadiki, j’accompagnai mes camarades de classe au palais de justice pour assister aux mythiques plaidoiries de Me Hila, Ben Naceur et autres grands avocats défendant des souillards arrêtés la veille. Des accusés en position de pauvres repentis, têtes baissées et mains croisées au niveau du menton, implorant le pardon du juge.
Ces pratiques étrangères au rituel d’Essalet dans notre pays trouvent leur explication dans la démission de l’Etat face à ses responsabilités religieuses. Plus grave encore, depuis vingt ans le régime du général Ben Ali ne finit pas de transgresser les fondements de la religion musulmane dans notre pays. Pour s’en rendre compte, il suffirait de jeter un simple coup d’oeil sur les supposés programmes religieux dispensés dans nos écoles. En effet tout y est sauf la religion ou du moins son essentiel. On bourre inlassablement nos élèves de mensonges pour essayer à la limite du réel, de leur faire avaler que le vrai Islam est apparu avec le 7 novembre 1987 grâce a l’œuvre de changement historique de l’illuminé Ben Ali. Ce bourrage systématique fait dire non sans ironie au Tunisiens -- Que Dieu leur pardonne et me pardonne -- qu’il ne manquerait que l’édification de la Mecque et de Médine à la liste des réalisations islamiques du général inculte. La transgression continue de notre Islam par Ben Ali a atteint son apogée lors de son inauguration de sa mosquée à Carthage. Sa provocation était telle que tout un peuple en est resté bouche bée. Et pour cause, de mémoire de Tunisiens on n’a jamais vu, je dirai même jamais osé imaginer une personne installée dans un fauteuil dans l’enceinte de prière d’une mosquée. En effet, les Tunisiens ont été ébahis devant leurs écrans de télévision, à la vue d’images plus que choquantes, exhibant leur dictateur et ses proches en pleine mosquée confortablement enfouis dans des fauteuils mis a leur disposition pour participer a la prière. Bien qu’applaudissant l’édification de toute nouvelle moquée sur terre je ne peux m’empêcher de mettre en doute l’authenticité de celle d’EL ABIDINE. Malheureusement, je considère cette mosquée comme un signe de ‘’ Bidàa ‘’ d’où le nom que devrait lui donner les Tunisiennes et Tunisiens de ‘’ La mosquée d’EL BADIINES ‘’.
Ces réalités attristantes, sont la cause d’un déséquilibre social alarmant dans notre pays. La société tunisienne profondément croyante est en perte de repaires spirituels. Nos jeunes présentent désormais une cible facile au discours intégriste qui ne peut trouver meilleur allié que les agissements irresponsables du dictateur Ben Ali. La doctrine intégriste est véhiculée par de nouveaux muftis qui le temps d’avoir laissé pousser leurs barbes se croient devenus savants.
Si je suis élu président de la Tunisie et pour pallier a ces graves défaillances je veillerai a l’établissement d’un code de conduite décente dans les mosquées de notre pays. La tache de veiller scrupuleusement à son respect sera confiée à des comités de pratiquants dans chaque mosquée. Nos lieux de prières ont leur rituel millénaire qu’on doit jalousement défendre afin de nous prémunir contre toute vilité d’y introduire des pratiques douteuses. Cette mesure urgente sera évidement accompagné d’une refonte totale de l’enseignement religieux dans notre pays. Dans ce sens, les programmes dispensés a nos jeunes seront dépouillés de toute forme d’allégeance à un être humain, hormis les prophètes et le premier d’entre eux Mohammed – Salla Allahou aleihi oue sallam --. Je veillerai a ce que les programmes d’éducation religieuse enseignent les authentiques valeurs de l’Islam afin d’inculquer a nos élèves les sens de l’égalité entre femmes et hommes, de la modernité, de la tolérance et des innombrables justes valeurs islamiques. Si dans notre pays, aucune mosquée ne doit abriter une tribune pour un homme ou à un groupe voulant accéder au pouvoir, les classes de nos écoles non plus ne doivent être des enceintes de vénération d’un président de la république ou de quelque homme politique. Si j’accède à la présidence de notre pays, arrêter l’agression spirituelle dont sont victimes mes concitoyens serait ma première priorité. Convaincu en cela que la meilleure arme pour lutter contre l’intégrisme consiste a s’attaquer a ses racines. Dans cet ordre d’idée, les portes des mosquées seront ouvertes à longueur d’année et sans interruption aux croyants pour qu’ils puissent prier et trouver réconfort dans les maisons de Dieu. L’État subviendra aux besoins des imams et au personnel attenant de toute mosquée sur le territoire national. Tenant seulement compte de leurs aptitudes et droiture, le choix des imams s’effectuera en toute transparence. Ces derniers devront être libres de tout engagement ou allégeance politique. Ils devront aussi s’interdire de faire l’éloge d’un président ou d’un parti politique. Dans la deuxième république, des imams respectés auront la lourde tache d’encadrer spirituellement la société tunisienne selon les percepts coraniques et sunnites de la Tunisie de toujours. Ces réformes réconcilieront les Tunisiennes et Tunisiens avec l’environnement spirituel d’un pays respectueux d’une religion qui fait partie intégrante de son identité. Ce but doit être impérativement atteint afin d’éviter aux fidèles tunisiens de se réunir clandestinement dans des maisons de parents ou d’amis pour partager leur foi. Lors de ses réunions ils sont malheureusement à la merci de prêcheurs radicaux, beaux parleurs, prônant un Islam simpliste coupé des réalités contemporaines. Ce phénomène est d’autant plus grave que les jeunes Tunisiens s’arrachent clandestinement des vidéos de ces jeunes prêcheurs aux allures de stars de cinéma. Par leurs beaux discours enflammés ces derniers financés et soutenus par la mouvance intégriste miroitent la belle vitrine qui dissimule en fait de sombres dessins politiques. Ces pratiques connues des services de la police tunisienne sont épisodiquement réprimées ne serait ce que pour faire dire que Ben Ali veille au grain. En réalité les racines du mal résident dans la politique de l’arbitraire menée pendant ces vingt dernières années.
Bien que la tentation soit grande pour mes coreligionnaires de sombrer dans le fatalisme, je demeure convaincu que l’éveil et la sagesse tunisienne finiront par l’emporter. Malgré l’agression sans précédent des valeurs religieuses par la dictature, notre société continue de faire preuve de sa détermination à défendre un Islam authentique. Un Islam tolérant et modéré qui a accompagné la société tunisienne à travers les siècles pour mieux la souder. Un Islam du vrai savoir qui engendré de grands savants à l’image du défunt Mohammed ben Achour, référence incontestée du savoir religieux.

vendredi 2 mars 2007

DES DIPLOMATES TORTIONNAIRES

L’ancien vice consul tunisien Khaled ben Said subira en France un procès par défaut devant la cour d’assises du Bas-Rhin. Il est accusé d’actes de barbarie et de torture commis en Tunisie le 11 et 12 Octobre 1996 à l’encontre d’une femme d’un opposant au régime. Malheureusement la vision ‘’politique’’ du général Ben Ali, ne lui permets d’entrevoir le bon fonctionnement de nos représentations diplomatiques à l’étranger qu’en les confiant à des policiers. En Tunisie il n’est un secret pour personne que les effectifs consulaires de notre pays à l’étranger sont noyautés et dirigés par le ministère de l’intérieur. Hélas, l’époque de Bourguiba est révolue quant les diplomates de la Tunisie étaient tirés sur le volet. De nos jours ces derniers ont pour unique mission de surveiller la communauté tunisienne à l’étranger. En contre partie de cette sale besogne, le régime feint d’ignorer leurs buveries dans les bars des villes ou ils sont d’affectés. Imitant les membres de la famille de leur président et grâce à leurs passeports diplomatiques, ils pourront toujours s’adonner à une multitude de trafics de devises et de produits prohibés, le cas échéant en envoyant leurs épouses en Tunisie avec des valises pleines a craquer de produits électroniques, d’alcool et autres.
Comme l’a déclaré Me Patrick Baudouin avocat de la fédération internationale des droits de l’Homme, cette décision ‘’est un succès dans la lutte de l’impunité’’. Il demeure qu’en réalité ce petit minable de Khaled ben Said n’est qu’un tartre en pion de tout un système répressif. Les gros poissons de la politique de la torture systématique dans notre pays courent toujours. Devant l’absence totale de l’Etat de droit en Tunisie, j’aurais beaucoup plus apprécié une arrestation en Suisse de l’ex ministre de l’intérieur de Ben Ali, un dénommé Abdallah Kallel, grande figure de la barbarie humaine dans notre pays.
Quant au sort a réserver au principal tortionnaire de notre peuple et pour le bien de la future démocratie tunisienne, je propose a mes chers compatriotes de militer pour le renvoi de l’actuel dictateur Ben Ali devant une cour internationale de justice. Ne pouvant être juge et partie dans un procès équitable, je crains que vouloir juger Ben Ali par des juges tunisiens serait une grave erreur historique. Une telle démarche démontrera notre attachement au droit international et à une justice impartiale. L’éventuel déferré de ce criminel contre l’humanité ne doit nullement être placé sous le signe de la vengeance, mais une occasion pour les Tunisiennes et Tunisiens d’affirmer définitivement leur droit a la justice. Une occasion surtout, pour nos enfants d’enseigner fièrement l’histoire de la lutte de leurs aînés pour l’avènement de la démocratie et de la justice dans leur pays. Je rêve d’une Tunisie de droit qui serait un modèle à imiter par les autres peuples arabes et nations du tiers monde en quête de liberté. Je suis convaincu que mes compatriotes ont la sagesse et l’éveil nécessaires pour concrétiser une telle utopie.