lundi 28 mai 2007

QUAND NOTRE DERNIÈRE DAME PARLE DE LA FEMME


LEILA BEN ALI AUX EMIRATS ARABES UNIS

A voir cette dame prononcer des discours au nom de notre pays me donne envie de pleurer la pauvre Tunisie. Lire dans le journal ''La Presse''que cette dame a abordé lors de ses intervevtions les problèmes de la femme arabe dans le monde moderne, je comprends les causes qui poussent nombre de Tunisiennes a se voiler.

samedi 26 mai 2007

AUDACIEUX ET DROLE

Quelques mois après le 7 novembre 87, j’ai assisté à un sketch dans lequel Ould Baballah imitait le leader Bourguiba. L’imitation était plus que réussie et drôle. Je ne vous cache pas que depuis je n’ai jamais pu m’empêcher de lui en vouloir. A mes yeux il était coupable d’avoir manqué de courage en s’attaquant à un Bourguiba destitué. Il faut dire que j’ai toujours éprouvé une réticence à admirer une personne détournant en dérision un Bey détrôné. Après avoir visionné ou plutôt écouté son sketch sur Daylimotion, dans lequel il imite Ben Ali apprenant à 3.20h du matin l’arrivée de Saddam en Tunisie, je tiens à m’excuser auprès de ce courageux artiste pour mes préjugés. Comme je l’ai mentionné le 15 mars dans – Information et satire _ l’humour est une arme efficace pour lutter contre un régime totalitaire et demeure le meilleur moyen pour démystifier un dictateur. A cet effet, j’espère que d’autres artistes tunisiens feront preuve de courage en emboîtant le pas à Ould Baballah.
Dans une Tunisie libérée, la satire aura toute sa place dans le monde audiovisuel tunisien. Elle sera aussi partie prenante d’une dynamique journalistique destinée à un lecteur tunisien seul habilité à apprécier et à juger. Toute personnalité publique -- le président de la république en premier -- devra composer avec la satire humoristique. S’y opposer serait une preuve d’intolérance et de manque de confiance en soi.

mardi 22 mai 2007

SOUTIRER LE TAPIS SOUS LES PIEDS DE BEN ALI

Sans surprise le général Ben Ali s’est empressé de féliciter Mr Nicolas Sarkozy pour son élection décisive à la présidence de la république française. Dans son message de vœux, notre oppresseur assure le prochain locataire de l’Elysée ‘’ de sa détermination à œuvrer en vue de renforcer l’amitié et d’enrichir la coopération ‘’ avec la France, premier partenaire économique de la Tunisie. A cet effet Ben Ali évoque sa conviction que l’élection de Mr Sarkozy serait un facteur déterminant dans le raffermissement du dialogue entre nos deux pays, pour bâtir un partenariat solide dans le cadre de relations stratégiques entre les deux rives de la méditerranée. Comme à son accoutumée dans ses messages adressés aux chefs d’Etat étrangers Ben Ali n’a pas manqué de mâcher auprès de son futur interlocuteur français les thèmes de la sécurité et du développement. Il faut reconnaître que la teneur du message est excellente, porteuse d’une honorable vision des relations d’avenir, entre deux pays liés par une longue et tumultueuse histoire commune. Nos relations avec la France sont exemplaires et dépourvues de litiges. Le hic est que les horizons de leur développement sont assombris par l’attitude du régime tunisien. A l’instar des autres pays occidentaux, la volonté française de renforcer sa coopération avec notre pays se butte à un pouvoir tunisien corrompu et arbitraire. Jusqu’à date, les gouvernements successifs de ce pays ont jugulé avec cette douloureuse réalité afin de sauvegarder les intérêts de la France dans notre pays tout en maintenant une aide minimale à la Tunisie, et ce il faut le reconnaître, dans l’espoir de voir la société tunisienne en bénéficier. Pendant ses douze années passées à l’Elysée, Mr Chirac a toujours espéré amener le général Ben Ali à opérer une ouverture démocratique dans notre pays. A cet égard sa diplomatie de la discrétion a démontré son inefficacité. Il y tout lieu de penser qu’il serait le premier à reconnaître son échec à infléchir la position du dictateur tunisien. En face du nouveau président français, Ben Ali tentera certainement de tirer son épingle du jeu en s’inspirant des recettes qui lui ont si bien réussies à calmer les ardeurs démocratiques de son prédécesseur.
A l’heure actuelle, j’avoue que notre dictateur a toutes les chances d’amadouer Mr Sarkozy concernant une éventuelle démocratisation de la Tunisie. Grâce au vide politique qu’il a créé et fort de la majorité de ses opposants, passés maîtres dans l’art d’insulter les dirigeants occidentaux, Ben Ali ne risque pas de subir des pressions significatives de la part de Mr Sarkozy ou de quelque autre dirigeant occidental. Il serait pourtant dommage que le désir de démocratie manifesté par l’écrasante majorité silencieuse des Tunisiennes et Tunisiens ne puisse profiter de l’accession d’un homme de la trempe de Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Durant sa campagne électorale, l’homme fit clairement part de ses convictions politiques et de sa vision de l’avenir de son pays, ce que les électeurs français n’ont pas manqué d’approuver massivement. Sincèrement je ne vois pas, au nom de quelle idée, certains de mes compatriotes seraient déçus ou déchaînés à l’idée que le peuple français ait élue Mr Sarkozy président de leur pays.
L’homme a tous les droits de clamer haut et fort que la France est aux Français. J’espère bien qu’elle le soit et que pareillement, ses détracteurs tunisiens ne mettraient pas en doute l’appartenance de la Tunisie aux seuls Tunisiens. Quant à l’autorité prônée par Mr Sarkozy, je trouve qu’elle est légitime et tiens par conséquent à rappeler que l’autorité d’un Etat démocratique diffère de l’autorité despotique d’un régime dictatorial. Je tiens aussi à dire à mes compatriotes que les intérêts de notre pays ne sont pas forcément ceux des Français originaires d’Afrique du nord ou d’Afrique subsaharienne.
C’est à nous Tunisiens qu’échoue en premier, le rôle d’écarter Ben Ali du pouvoir. Cette lutte devra s’articuler autour d’une action intérieure fédérant les différents courants et forces de la société civile. L’appui de la France serait un atout indéniable pour la réussite d’un tel projet. Faut il pour cela que l’opposition tunisienne délaisse sa continuelle évocation d’alibis défaitistes mettant en cause l’appui des pays occidentaux au régime de Ben Ali. Elle devra analyser les raisons de cet appui, que je qualifierai de forcé, afin de le défaire pour l’orienter vers la défense de la Tunisie de demain. Une Tunisie démocratique ou des Tunisiennes et Tunisiens libérés feraient inévitablement la promotion de la coopération en méditerranée et de la paix dans le monde. Je suis convaincu que la majorité silencieuse de mes compatriotes partagent mon point de vue. Il nous serait opportun de saisir l’occasion de l’élection de Mr Sarkozy pour lui signifier notre adhésion à l’idée que tout se passe en méditerranée, berceau de la civilisation. Que nous sommes de fervents partisans de la coopération entre les peuples des deux rives de cet espace stratégique. On doit surtout lui signifier que sous le régime de Ben Ali, nous ne percevons nullement les bienfaits de la coopération tant vantée entre la France et notre pays. En tant qu’ancien ministre français de l’intérieur, le nouveau locataire de l’Elysée est bien placé pour savoir que les retombées des échanges économiques entre nos deux pays sont largement accaparés coté tunisien par Ben Ali et ses proches. Il est aussi très bien placé pour savoir que le régime de Ben Ali, formidable générateur de désespoir, est un allié naturel d’El Quaida au Maghreb.
Je suis convaincu que dans une Tunisie juste, notre coopération avec la France serait profitable pour la mise en œuvre d’une authentique politique de développement durable au profit de l’ensemble des Tunisiennes et Tunisiens. Notre pays pourrait certainement compter sur le soutien de la France pour accéder au statut de partenaire privilégié auprès de l’Union Européenne. Dans cet ordre d’idée, les Tunisiens sensibles au sort d’un pays comme la Turquie, doivent faire preuve de réalisme en accordant le droit à Mr Sarkozy de ne pouvoir endosser la responsabilité d’enseigner aux jeunes élèves français que le Kurdistan se situe à la frontière de l’Europe. De part son emplacement et sa vocation musulmane et arabe, la Tunisie est nord africaine. Dans ce sens elle devra oeuvrer pour la création d’un marché commun réunissant les pays riverains de la Grande Bleue.
Dans une Tunisie libérée de la tyrannie, une ère nouvelle s’offrirait à nos innombrables jeunes voulant fuir en France faute de débouchées dans la Tunisie de Ben Ali. Une France qui ne peut accueillir toute la misère de la Tunisie. J’ai grand espoir que le nouveau président français, homme de parole ne manquerait pas aux promesses de son premier discours de président élu : ‘’ Je veux lancer un appel à tous ceux qui, dans le monde, croient aux valeurs de la tolérance, de la liberté, de la démocratie, de l’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et les dictatures. Je veux dire à tous les enfants à travers le monde, à toutes les femmes martyrisées dans le monde, je veux leur dire que la fierté, le devoir de la France sera d’être à leurs cotés ‘’. C’est seulement à ce prix que le rayonnement de la France aurait un sens pour les Tunisiennes et Tunisiens.

mercredi 16 mai 2007

J'AIMERAI TANT AVOIR TORT

le 17 fevrier j'avais publié sur ce blog un article s'intitulant : ENTENTE PROVISOIRE. Le sujet étant plus que jamais d'actualité, je me permets donc de vous le soumettre une deuxième fois.


'' Abou Bakr rapporta qu’il avait entendu le messager d’Allah dire : ‘’ Quand deux musulmans se rencontrent brandissant l’épée l’un contre l’autre, le meurtrier et le tué iront tous les deux à l’enfer ‘’. Abou Bakr demanda : ‘’ Le cas du meurtrier est clair, mais pourquoi le tué ‘’ ? Le prophète répondit : ‘’ Le tué cherchait lui aussi à tuer l’autre ‘’.
A elle seule, cette citation de notre prophète bien aimé, décrit le degré de culpabilité du Fatah et de son rival le Hamas dans les tueries entre palestiniens dans les territoires occupés. Les deux protagonistes font vivre l’enfer à une population déjà éprouvée par l’occupation israélienne.
L’accord qu’ils viennent de conclure à la Mecque, haut lieu saint de l’Islam, ne sera hélas qu’une houdna –Trêve- dont la durée dépendra de la tournure des évènements dans les semaines et mois a venir.
Cet accord a consacré Khaled Mechaal comme deuxième président du peuple palestinien.
Désormais dans les territoires occupés, rien ne pourra se tramer ou se décider sans l’aval de ce protégé de la Syrie. Ce farouche opposant à la reconnaissance de l’Etat hébreu est dans une logique idéologique intégriste. Cette mouvance ne perçoit la solution du problème palestinien qu’en dernier lieu d’un long processus de libération des peuples arabes, par l’instauration du Califat qui les régenterait selon la charia. La notion du temps chez les intégristes diffère de celle du commun des mortels. Ils ont d’autant plus intérêt dans l’immédiat -c'est-à-dire dans la décennie qui s’en vient- au pourrissement du conflit israélo-palestinien, source magique de propagation de leur idéologie.
Suite à cet accord, Mahmoud Abbas déjà dans une situation peu enviable se retrouve encore plus affaibli. Sa marge de manœuvre est réduite à la tête d’une organisation vidée de sa substance par la corruption de ses cadres et la destruction de ses structures sécuritaires et administratives par Israël en représailles aux attentats du Hamas et du Jihad islamique. S’il est versé comme promis par l’Arabie Saoudite, le milliard de dollars d’aide allégera certainement le fardeau du président de l’autorité palestinienne. IL va de soi que le gardien des lieux saints ne manquera pas de verser en sous main a titre de compensation quelques centaines de millions au Hamas pour calmer ses ardeurs islamiques. A part d’arroser les protagonistes de pétrodollars, je ne crois pas que le royaume wahhabite ait les moyens de leur imposer une trêve définitive. Toujours est il que son initiative de rapprochement entre Palestiniens est louable. IL n’est jamais trop tard pour cette monarchie d’essayer de palier aux énormes dégâts causés à l’étranger par l’exportation de son idéologie wahhabite.
Dans cette tragédie l’espoir vient de la société civile palestinienne. En effet, dans les territoires occupés, Les manifestations se sont multipliées pour dénoncer cette prise d’otage de tout un peuple entre deux feux. Les images de la manifestation d’adolescents palestiniens déguisés en blessés sont une preuve éclatante du refus de cet état de fait qui leur est imposé. Ils doivent se questionner sur la légitimité des dirigeants des deux fractions qui se disputent leur direction. Est ce ceux la même qui auront a diriger un État palestinien indépendant ? En tout cas, pour le moment ils ont réussi le malheureux exploit de s’entretuer et d’imposer la guerre civile à leurs concitoyens avant d’acquérir l’indépendance de la Palestine.
Au vu des évènements, la question de Golda meir à la suite de l’opération de Munich : ‘’ Ou vont les Palestiniens ? ‘’ demeure plus que jamais d’actualité. Les Israéliens n’ont pas a se réjouir de l’entre déchirement des Palestiniens. Cela n’augure rien de bon pour leur sécurité. Il est acquis que ses évènements favoriseront une plus grande radicalisation de la lutte des Palestiniens pour retrouver leurs droits légitimes. Bien qu’ayant droit à une existence en toute sécurité, Israël se conforte cyniquement derrière le refus du Hamas a reconnaître ce droit comme elle l’a déjà fait pour l’OLP. Il est permis a la communauté internationale de douter quant à l’éternelle évocation de cet alibi qui permets a Israël d’apparaître en agressé alors qu’il est l’agresseur. N’oublions surtout pas qu’à sa naissance le Hamas a été le protégé de l’Etat hébreu qui voyait en lui un magnifique contrepoids a l’OLP, son ennemi juré de l’époque. En détruisant l’infrastructure dans les territoires occupés, Israël balise à la limite de l’éternel le chemin d’un conflit avec les intégristes et s’expose à un retour du balancier néfaste pour son existence même. C’est a lui d’en décider ''.

L'ARNAQUE DU SIÈCLE

Un pseudo chroniqueur du journal ‘’ La Presse ‘’ nous apprend avec une arrogance inouïe que le compte rendu du conseil des ministres de Ben Ali était discret concernant l’aménagement du lac de Tunis sud. Et pour cause, ce lèche pieds notoire estime que le projet n’est rien d’autre qu’une œuvre grandiose inégalée dans l’histoire de la Tunisie, et ce depuis Hannibal jusqu’à nos jours. Pour résumer son article, je dirai que le dénommé Jawhara Chatty fit preuve d’une maîtrise inégalée de ‘’ Tahin ‘’, capable de couper le souffle même à Ben Ali en personne.
La cession du lac sud à un partenaire du Golf que le pseudo journaliste a omis de mentionner le nom est un acte de pillage historique de la Tunisie. Ben Ali a tout simplement cédé le site le plus prometteur de notre pauvre capitale à une compagnie associée au groupe El Khamsa, propriété de son beau frère et homme de main Belhassen Trabelsi. L’ampleur de l’arnaque est inimaginable pour le commun des mortels. Le régime essaye de faire le moins de bruit possible autour de cette transaction aux allures mafieuses et ce pour ne pas déranger une population qui se prépare aux festivités d’été. En conclusion, je dirai qu’en rédigeant sa missive, le fade d’esprit Jawhar Chatty ébruite une arnaque que Ben Ali espérait passer inaperçue.

lundi 14 mai 2007

DES BACHELIERS ANALPHABÈTES

Je fus étonné par un étudiant tunisien qui me demandait de l’aider à remplir un formulaire administratif. Une pièce qu’il devait joindre à son dossier d’inscription en première année universitaire. Ce jeune bachelier de l’ère du changement, fraîchement débarqué à Québec, éprouvait de grandes difficultés à saisir le contenu du formulaire et était tout simplement incapable d’y répondre. Je ne vous cache pas que lorsqu’il demanda mon aide, je ne pus m’empêcher de lui demander s’il était bachelier ou analphabète. Sincèrement, en jetant un premier coup d’œil sur le papier qu’il me tendait, je crus à une blague de sa part. C’est seulement en le voyant rougir que j’ai vite compris sa gêne à demander l’aide de quelqu’un pour remplir son formulaire. Une gêne particulière aux analphabètes qui comme vous le savez, laisse paraître sur leurs visages, une rougeur difficile à décrire.
Le soir même, j’ai téléphoné à une amie afin de m’éclairer sur le niveau de nos jeunes scolarisés. A cette fin je ne pouvais choisir mieux qu’une enseignante de la langue de voltaire en Tunisie. Devant mon désarroi, mon interlocutrice ne fut point choquée et m’appris qu’elle éprouvait une honte indescriptible, quand chez elle son mari médecin fouinait dans les corrections de ses élèves. Elle ne manqua pas de me faire remarquer que : ‘’ Les jeunes tunisiens souffraient autant en Français qu’en Arabe. Pire encore, ils sont même incompréhensibles en parlant tunisien. C’est la génération ‘’ ça va ‘’ perdue dans la savane de l’ignorance ‘’. Le désarroi des enseignants est total : ‘’ On a baissé les bras devant les directeurs des établissements qui exigent des bonnes notes pour l’ensemble des élèves’’. Et ne manqua pas d’ajouter : ‘’ Il y a de quoi pleurer en prenant connaissance du contenu de nos programmes d’enseignement. Dès lors il ne faut guère s’étonner qu’une majorité de nos bacheliers sortent de nos écoles tout simplement analphabètes ‘’.
En Tunisie l’enseignement jadis considéré fleuron de nos acquis s’est transformé en catastrophe nationale. Une catastrophe qui fait certainement retourner Bourguiba dans sa tombe. Pour être honnête, il faut reconnaître que ce dernier endosse une grande responsabilité dans ce dérapage. Par son amour démesuré du pouvoir, il finit par nous léguer un adjudant chef qui n’a pas manqué de ramener l’enseignement à sa mesure.

vendredi 11 mai 2007

RICHES ET HEUREUX SANS LE SAVOIR

Ne cessant de s’enfoncer au fil du temps dans le ridicule, la presse de Ben Ali vient de nous apprendre que nous sommes des citoyens riches sans le savoir. Le comble c’est qu’on risque de l’être d’avantage au terme des trois prochaines années grâce à un taux de développement exceptionnel de 6,1% par an. A ce chapitre, dans un avenir proche on risque fort de détrôner la Chine, économiquement considérée comme premier facteur de la croissance économique mondiale. En effet d’après les prévisions mensongères du onzième plan de développement élaboré par le régime tunisien, le revenu actuel de 4000 D.T par habitant passerait à 5700 Dinars dans trois ans.
Et d’une je ne savais pas que le Tunisien avait 4000 dinars de revenu par an. Il est vrai que ce chiffre ne reflète qu’une moyenne de revenu à la Ben Ali. En réalité et dans le meilleur des cas, on devrait tabler sur la moitié de ce chiffre énoncé pour déduire le revenu par habitant dans notre pays. Il n’est un secret pour personne que dans la Tunisie du général Ben Ali, la moitié des richesses nationales sont accaparées par ses proches, des pilleurs qui ne méritent même pas d’être décomptés parmi nous.
Le proverbe tunisien nous enseigne de : ‘’ Suivre le voleur jusqu’à la porte de sa maison ‘’. Soit, bien que nous ne les voyions pas, chacun de nous jouit d’un revenu annuel de 4000 Dinars. En suivant la courbe continue de la dévaluation de notre pauvre Dinar, les prétendus 5700 Dinars de revenus en 2011 auraient moins de valeur que les soit disant 4000 Dinars actuels. En nous annonçant pareilles nouvelles, Ben Ali ne manque pas à son habitude de nous prendre pour des imbéciles. Encouragé par notre silence, il nous demande d’avantage : Etre imbéciles et heureux.

lundi 7 mai 2007

FETE DU CHOMAGE

Il est immoral de fêter le premier mai dans un pays ou le chômage est roi. Pour bon nombre de mes concitoyens le jour férié célébrant la fête du travail est une journée anodine, comme n’importe quelle journée de l’année pour aller croupir autour d’une table de café.
Tous les touristes qui visitent notre pays sont frappés par la vue de nos cafés bondés à longueur de journée. Il n’échappera pas aux plus observateurs d’entre eux de remarquer que se sont les mêmes personnes assises aux mêmes tables du matin au soir. Ces scènes figées, de jeunes sirotant parfois des verres vides à longueur de journée, demeurent le meilleur baromètre du taux de chômage inacceptable dans la Tunisie du général Ben Ali. Sans dire que La situation de l’emploi soit comparable à celle des territoires palestiniens ou d’un pays comme le Zimbabwe, elle n’en demeure pas moins catastrophique. Il est honteux que des jeunes Tunisiens risquent volontiers leur vies pour fuir cette situation en empruntant des embarcations de fortune pour gagner les cotes italiennes. A cet égard, chaque année, le pouvoir ignore non sans audace le drame de dizaines de jeunes Tunisiens morts noyés. Des jeunes dont les vies ont été fauchées faute d’espoir et que je qualifierai de morts de la honte de notre pays.
Les 60% de la population active qui ont la chance d’accéder au marché de l’emploi travaillent peu et mal. Détrompez vous, cela ne signifie nullement comme essayent de le faire croire certains sociologues ratés que le Tunisien est de nature nonchalante et génétiquement doté d’un penchant pour l’oisiveté. Malheureusement véhiculée, même par certains de mes compatriotes, cette thèse absurde trouve son meilleur démenti dans la rigueur et l’efficacité du travailleur tunisien hors de nos frontières. Dans un pays ou le partage du travail est arbitraire et la distribution de ses richesses injuste, le travailleur tunisien n’est guère enthousiasmé à l’idée de travailler pour enrichir indéfiniment les élites du régime et encore moins à être productif. Face à cette situation le Tunisien naturellement éveillé et bon calculateur fournit le minimum d’effort en attendant la réhabilitation du travail et de ses droits.
Si je suis porté à la présidence de notre pays, une deuxième république tunisienne aura pour mission de réhabiliter le travail comme moyen d’épanouissement et d’expression d’un droit inaliénable de l’ensemble des Tunisiennes et Tunisiens en age de travailler. Cette approche ne pourra se concrétiser sans que chaque travailleur ne retrouve en priorité sa dignité humaine dans l’accomplissement de son travail. La revalorisation pécuniaire de son labeur n’en demeure pas moins essentielle. A cet égard, dans un premier geste je déciderai une augmentation de 50 % du salaire moyen des travailleurs pour insuffler un minimum de justice sociale dont la Tunisie a tant besoin.
Pour atteindre cet objectif notre pays devra se doter d’un Etat de droit, seul moyen pour favoriser un environnement serein et stable, condition préalable à l’émergence d’une dynamique économique créatrice d’emplois et de croissance.
A cet effet la Tunisie de demain s’attellera à mettre en place un cadre juridique régissant les pratiques et les relations entre les différents acteurs du milieu du travail. Des syndicats libres seront appelés à jouer un rôle de premier plan dans l’expression des doléances des travailleurs et la défense de leurs intérêts. Dans une Tunisie démocratique, le milieu du travail devra s’organiser grâce à un dialogue social dénué de toute idéologie démagogique entre des partenaires responsables, soucieux de l’intérêt de la Tunisie. En dernier recours, un Etat impartial tranchera les différents qui ne manqueront pas de surgir entres divers pôles d’intérêts d’un monde du travail modernisé.
Les Tunisiennes et Tunisiens souffrent d’un décalage entre les réalités qui leur sont imposées et leurs ambitions légitimes à mener une vie aisée. Ils rechignent à travailler en personnes exploitées, privées d’un meilleur niveau de vie qu’ils méritent largement. Dans une Tunisie libérée il serait répugnant de continuer à appeler mes compatriotes à travailler d’avantage en vantant des mérites démagogiques de l’effort et de l’amour de la patrie. Pour les inciter a changer d’attitude, il est nécessaire de soumettre à leur approbation un ambitieux projet d’avenir, réaliste auquel ils adhèreront convaincus de son bien fondé pour chacun d’eux.

mercredi 2 mai 2007

UN DRAME DE PLUS

La mort de sept jeunes Tunisiens piétinés dans un mouvement de foule lors d’un gala de star académy à Sfax est un drame de plus de l’ère Ben Ali. D’ailleurs je ne m’attends à aucun résultat de la prétendue enquête qu’il a ordonné d’ouvrir pour éclaircir les circonstances de cette tragédie nationale. Je ne vois pas comment ses services judiciaires pourraient incriminer les organisateurs de ce gala qui ne sont autres que ses proches. Vous pouvez compter sur son régime, passé maître dans la désinformation et l’étouffement des scandales, pour désigner quelques responsables subalternes à présenter en pâturage au public tunisien. Si procès il y a. il sera inspiré de la grande saga judiciaire qui a condamné des dizaines de nos jeunes pour consommation de drogue alors que les fournisseurs dénoncés unanimement par les accusés n’ont jamais été inquiétés.
Nos jeunes ont fini par payer de leurs vies la médiatisation à outrance d’émissions télévisées culturellement pauvres, mais oh combien juteuses pour une mafia d’organisateurs sans scrupules. Lors du drame, le théâtre en plein air de Sidi Mansour contenait 10.000 spectateurs, le double de sa capacité d’accueil. Forts de leur immunité, les mafieux n’avaient d’autres scrupules que d’empocher le maximum de recettes.
Malheureusement, l’engouement hystérique de nos jeunes pour de tels évènements reflète le lamentable niveau d’enseignement et d’éducation qui leur sont dispensés dans la Tunisie de Ben Ali. Un système générateur d’une jeunesse frustrée et désorientée, prête à mourir sur des champs de batailles qui ne sont pas les siennes. Des émigrants noyés en mer dont les cadavres jonchent des rivages enviés par le monde entier. Il ne manquait à ce sombre tableau, œuvre diabolique d’un dictateur, que des parents apprenant la mort de leurs enfants partis se distraire le temps d’un concert. Des parents persuadés que les 150.000 policiers de Ben Ali ont toujours brillé par leur intervention en surnombre pour dissuader n’importe quel débordement dans notre pays. Cette fois ci hélas, il leur a échappé que la présence policière lors de ce gala serait symbolique. Et pour cause, les foules étaient la pour contribuer à l’enrichissement des intouchables.

mardi 1 mai 2007

FÉLICITATIONS A SOUHAYR BELHASSEN

L’élection de Souhayr Belhassen à la présidence de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme est un honneur qui dépasse sa personne pour s’étendre à l’ensemble des Tunisiennes et Tunisiens. Cette grande dame, journaliste et militante pour les droits de l’homme est un modèle d’intégrité et d’obstination dans sa défense des nobles causes. Sa consécration à la tête de cette prestigieuse organisation est une nouvelle qui apporte joie et réconfort aux cœurs de ses compatriotes.