UN CHANGEMENT DE TON NÉCESSAIRE
Les dernières déclarations de Bernard Kouchner présentant la guerre contre l’Iran comme une dernière solution pour dissuader ce pays de se doter de l’arme nucléaire ont soulevé un tollé chez les pacifistes et une certaine réserve dans les chancelleries occidentales. Je dois dire aux détracteurs d’une telle approche, que le temps est venu de manier le bâton tout en négociant avec les ayatollahs iraniens.
Ne nous voilons pas la face. Il est clair que le premier but – si ce n’est l’unique - du programme nucléaire des ayatollahs est de doter leur régime de la bombe atomique. Il est quand même aberrant que ce pays, troisième producteur mondial de pétrole brut, relègue son incapacité à raffiner son propre pétrole au dernier plan de ses soucis pour avancer au monde entier que le nucléaire est primordial pour son indépendance énergétique. Ne soyons pas aussi dupes : Lors de son allocution devant l’assemblée générale des Nations Unies, Ahmadinejad s’est félicité, ‘’ par la grâce de Dieu, d’avoir observé les représentants de la communauté internationale, les yeux scintillants avec des étoiles sur leurs crânes ‘’. Je me demande quel irresponsable pourrait appeler à négocier avec un régime dont le président est un forcené notoire sans manier le bâton. Ce fou furieux a absolument besoin de faire face à de la fermeté pour réaliser que la communauté internationale refuse catégoriquement de se laisser envoûter par son charlatanisme.
Je réitère ma conviction que le régime iranien actuel doté de la bombe atomique serait une très grave menace pour l’existante du monde arabe. Il n’y a pas de doute que, dans ses déclarations incendiaires, l’extrémiste Ahmadinejed essaie de s’attirer la sympathie des masses arabes en évoquant la destruction de l’état d’Israël. Cependant, je doute fort qu’il commence à rayer certains pays arabes, première étape de la réalisation de son rêve, celui de rayer Israël de la carte.
Il est malheureux que la majorité écrasante des dirigeants arabes tienne un double langage face à la nucléarisation de l’Iran. Faute de légitimité, ils n’osent exposer ouvertement à leurs opinions publiques respectives ce qu’ils chuchotent dans des réunions diplomatiques à huis clos. Le plus astucieux d’entre eux en l’occurrence l’adjudant Ben Ali n’a pas manqué de faire signer à son gouvernement un accord de pêche le liant à l’Iran. Espérons que le fruit de cette future coopération ne serait pas des moules et des clovisses radioactifs. Les deux régimes d’apparence différente se rejoignent dans la menterie et la propagande et seraient bien capable de chanter les louanges de pareils produits.