mercredi 31 octobre 2007

2009 N'EST PAS MON OBJECTIF

Aux nombreux tunisiennes et tunisiens qui s’affairent autour de mes intentions concernant les élections de 2009, je tiens a préciser ce qui suit :
1- Je n’ai jamais évoqué cette date ni dans mes écrits ni dans mes discours.
2- Cette date fixée par le régime n’est autre qu’une échéance de plus, fixée par Ben Ali pour l’organisation à l’insu du peuple tunisien d’une n nième farce électorale.
3- Ma stratégie de lutte contre son régime repose sur la non reconnaissance de sa légitimité. Juridiquement je ne peux me soumettre aux choix d’une date des élections présidentielles choisie et dictée par un usurpateur de la fonction présidentielle dans notre pays. N’oublions surtout pas que Ben Ali a falsifié la constitution tunisienne pour en faire un costume à la mesure de ses ambitions dictatoriales.
Pour ses raisons évidentes, je me démarque de l’ensemble de la classe politique tunisienne qui appréhende avec effervescence cette date butoir, qui n’est autre qu’un leurre aux mains de Ben Ali. Loin d’être un clown et par respect au peuple tunisien, je ne me prêterai jamais à une telle comédie électorale. Je milite par contre pour la tenue d’élections sous la supervision internationale afin que le peuple tunisien puisse s’exprimer dans la transparence la plus totale. Le plutôt serait le mieux pour la tenue de telles élections. De mon point de vue, il est vital pour l’avenir de notre pays que ces élections se tiennent bien avant l’année de 2009.

mercredi 24 octobre 2007

MALGRÉ MOI, SOLIDAIRE D'UN " IMAM" VOYOU

Le Canada vient d’expulser un imam tunisien de la mosquée El-Qods de Montréal. Cette personne au passé tumultueux, à l’instar de beaucoup de religieux qui ont pris le contrôle des mosquées en occident, risque d’être torturé, ou au mieux harcelée, à son arrivée dans la Tunisie de Ben Ali.
Je ne vous cacherai pas que les interventions télévisées et les interviews répétées de ce monsieur sur les différentes chaînes canadiennes me faisaient pousser des boutons. Un vrai clown qui se disait savant religieux, qui de plus s’est adjugé le droit de parler au nom des musulmans au Canada. Il faut dire que certains animateurs québécois cherchaient dans sa présence sur leurs plateaux d’émissions, un magnifique stimulant d’audimat. En effet l’histoire de ce barbu devenu théologien, après avoir pris le temps de laisser pousser sa barbe, est très people : Condamné en France pour coups et blessures volontaires devant sa mosquée, arrivé au Canada avec un faux passeport pour y fonder une mosquée et appeler enfin à l’application de la charia au Canada même. Bref, tout pour ternir l’image des tunisiens dans ce pays et les faire détester par les canadiens, connus pour leur tolérance et pacifisme. Dois je pour autant approuver la décision de son expulsion vers la Tunisie ? Certes non, bien au contraire je m’élève contre cette décision d’expulsion, contraire aux valeurs d’un pays, qui a toujours été à l’avant-garde des nations pour défendre les droits humains. Bien que le comportement de l’imam en question soit inacceptable pour un pays accueillant et ouvert comme le Canada, je demeure résolument aux cotés d’un homme qui risque des traitements sauvages impossibles à imaginer pour un citoyen canadien.
La liste des malversations de cet énergumène d’imam est longue : Dissimulation de ses antécédents judiciaires, répliques inacceptables aux agents de l’immigration – et j’ai toutes les raisons de les croire malgré ses affirmations contraires –, le double langage tenu lors de ses prêches intempestives et la transformation de sa mosquée en fief pour lui permettre de se dérober à la loi. Pour ces raisons, j’aurais certainement préféré que les autorités canadiennes assument leurs responsabilités en faisant condamner ce malfrat au Canada.
Il est grand temps pour ce pays, comme pour la plupart des pays occidentaux, de faire le ménage au sein des associations dites islamiques implantées dans leurs pays. Des structures noyautées dans leur majorité par des activistes subversifs qui se sont appropriées l’Islam au grand dam de la majorité silencieuse des musulmans dans ces pays. La lutte contre le terrorisme passe inévitablement par la prise de telles mesures. Il est inconcevable de continuer a expulser des activistes appartenant à ces associations vers leurs pays d’origine dans l’espoir de les voir muselés par les dictatures en place. Cette solution de la facilité, ne peut qu’asseoir leur néfaste influence auprès de la communauté musulmane en Europe et en Amérique du nord. Il serait plus intelligent de traiter les musulmans de ces pays loin de toute ségrégation en traduisant en justice ses membres subversifs. Être musulman n’est pas synonyme de sainteté. Comme toute communauté, les musulmans de chaque pays ont leurs brebis galeuses et n’attendent pas moins que les autorités des pays accueillants les traitent en tant que tels. C’est la première responsabilité d’un État de droit.
Une Tunisie libérée devra assumer ses responsabilités pour éviter à ses concitoyens des dérapages et des imbroglios judiciaires de la sorte. A cet effet, l’instauration d’un authentique État de droit demeure la principale garantie de réussite, sans oublier l’établissement de relations de coopération sécuritaire transparentes et équitables avec tous les pays concernés par la lutte contre l’extrémisme. Dans cette lutte chaque partie devra assumer ses responsabilités dans le cadre de ses lois. Ce malheureux épisode est une preuve de plus pour que la deuxième république prenne résolument en charge les affaires religieuses des tunisiens dans leur pays. La conquête des mosquées dans les pays occidentaux par des militants extrémistes est la meilleure preuve de l’invalidité de la laïcité de l’État dans un pays musulman.

vendredi 19 octobre 2007

COMME AU BENGLADESH

En ces jours de fêtes de l’Aïd, je ne peux que déplorer les pertes en vies humaines enregistrées lors des inondations causées par les dernières pluies diluviennes qui se sont abattues sur notre pays. La propagande du régime a annoncé la mort de treize tunisiens. Pour être crédibles nous devons hélas multiplier ce chiffre par dix, si ce n’est plus, pour espérer atteindre le nombre exact des victimes. Dans notre pays, des inondations meurtrières sont devenues des catastrophes à répétition. Cela me rappelle étrangement les victimes au Bengladesh lors de chaque saison de mousson. Faut il se résigner pour autant à nous familiariser chaque année avec une Tunisie submergée par les eaux et des morts de « Ghasselet ennoueder », cette pluie torrentielle qui a toujours annoncé le début de l’automne dans notre beau pays. Tantôt ignorés par les médias officiels, ou au meilleur des cas minimisés comme cette année, ces catastrophes répétées sont le résultat de la politique mensongère de l’infrastructure en Tunisie. Fidèle à sa technique de maquillage, Ben Ali a sou poudré les yeux des tunisiens par des routes élargies et des échangeurs à travers tout le pays. L’essentiel est de faire croire à la population – qui n’a pas manqué de mordre à l’hameçon – que l’État dépense une grande partie de son argent dans l’édification d’une infrastructure digne d’un pays développé. En réalité, l’infrastructure routière visible à la superficie cache de très graves défaillances, et parfois l’absence totale de l’infrastructure de drainage souterrain, ô combien importante dans la protection de la vie des citoyens.

jeudi 11 octobre 2007

UNE CHANCE A SAISIR

Palestiniens et Israéliens ont tout intérêt à ce que la prochaine conférence internationale de paix qui se tiendra le mois prochain aux États-unis débouche sur un accord cadre pour la création d’un État palestinien. Ce conflit vieux de plus de soixante ans est devenu une gangrène ravageuse pour toute une région, transformée en une poudrière incontrôlable.
Pour la survie de leurs deux peuples respectifs, les protagonistes de ce vieux conflit, devront trouver la force de surpasser leur haine et les séquelles de soixante ans de tueries pour se soumettre à la raison.
Quarante trois ans après, les propositions de Bourguiba demeurent plus que d’actualité. Il est navrant que dans ce contexte délicat, la Tunisie ne puisse s’acquitter de ses responsabilités et jouer le role qui lui revient lors de cette conférence. En effet, dès sa prise de fonction, notre dictateur nous a confisqué la défense de cette cause en faisant de ce conflit son « affaire personnelle ». N’oublions pas qu’il en fit la démonstration en versant quelques larmes lors des obsèques de Yasser Arafat, dont il honora d’ailleurs la mémoire, en accordant à sa veuve trop heureuse de l'etre, la nationalité tunisienne – voir Nationalité bafouée – pour la lui retirer ensuite.

mercredi 3 octobre 2007

LE RIDICULE QUI TUE

J’éprouve de la compassion pour les dirigeants du parti PDP, un parti qui a la chance d’être reconnu par Ben Ali. En effet, ces soi-disant politiciens n’ont pas trouvé mieux que d’entamer une grève de la faim en plein mois de Ramadan et ce pour protester contre une affaire qui les lie à Ben Ali. J’éprouve aussi de la pitié pour ces personnes qui n’ont rien compris aux réalités de la Tunisie :

- Un musulman ne jeûne que pour accomplir le ramadan.
- Entamer une grève de la faim pour protester contre l’arbitraire du régime Ben Ali est une action stupide. Cette méthode rendue célèbre par Gandhi pour faire pression sur l’empire colonial britannique lui a valu respect et considération de la part des institutions britanniques et du peuple anglais. J’ai du mal à croire, comme vous d’ailleurs, qu’une grève de la faim puisse gratiner en quoi que se soi l’humanisme ou la conscience d’un adjudant chef promu général.

Je le dis et je le répète : Entamer une grève de la faim pour protester contre Ben Ali revient à démontrer l’étroitesse de son esprit et à prouver sa totale méconnaissance quant aux moyens à utiliser pour contrer la dictature en Tunisie.
J’aimerais bien que les dirigeants de ce parti m’empruntent, comme ils l’ont fait pour la notion de la deuxième république, ma conviction dans la stupidité d’une grève de la faim, et surtout pendant le mois de Ramadan. Toujours est-il que je leur souhaite un bon Ramadan et un bon retour à la raison.