Le Canada vient d’expulser un imam tunisien de la mosquée El-Qods de Montréal. Cette personne au passé tumultueux, à l’instar de beaucoup de religieux qui ont pris le contrôle des mosquées en occident, risque d’être torturé, ou au mieux harcelée, à son arrivée dans la Tunisie de Ben Ali.
Je ne vous cacherai pas que les interventions télévisées et les interviews répétées de ce monsieur sur les différentes chaînes canadiennes me faisaient pousser des boutons. Un vrai clown qui se disait savant religieux, qui de plus s’est adjugé le droit de parler au nom des musulmans au Canada. Il faut dire que certains animateurs québécois cherchaient dans sa présence sur leurs plateaux d’émissions, un magnifique stimulant d’audimat. En effet l’histoire de ce barbu devenu théologien, après avoir pris le temps de laisser pousser sa barbe, est très people : Condamné en France pour coups et blessures volontaires devant sa mosquée, arrivé au Canada avec un faux passeport pour y fonder une mosquée et appeler enfin à l’application de la charia au Canada même. Bref, tout pour ternir l’image des tunisiens dans ce pays et les faire détester par les canadiens, connus pour leur tolérance et pacifisme. Dois je pour autant approuver la décision de son expulsion vers la Tunisie ? Certes non, bien au contraire je m’élève contre cette décision d’expulsion, contraire aux valeurs d’un pays, qui a toujours été à l’avant-garde des nations pour défendre les droits humains. Bien que le comportement de l’imam en question soit inacceptable pour un pays accueillant et ouvert comme le Canada, je demeure résolument aux cotés d’un homme qui risque des traitements sauvages impossibles à imaginer pour un citoyen canadien.
La liste des malversations de cet énergumène d’imam est longue : Dissimulation de ses antécédents judiciaires, répliques inacceptables aux agents de l’immigration – et j’ai toutes les raisons de les croire malgré ses affirmations contraires –, le double langage tenu lors de ses prêches intempestives et la transformation de sa mosquée en fief pour lui permettre de se dérober à la loi. Pour ces raisons, j’aurais certainement préféré que les autorités canadiennes assument leurs responsabilités en faisant condamner ce malfrat au Canada.
Il est grand temps pour ce pays, comme pour la plupart des pays occidentaux, de faire le ménage au sein des associations dites islamiques implantées dans leurs pays. Des structures noyautées dans leur majorité par des activistes subversifs qui se sont appropriées l’Islam au grand dam de la majorité silencieuse des musulmans dans ces pays. La lutte contre le terrorisme passe inévitablement par la prise de telles mesures. Il est inconcevable de continuer a expulser des activistes appartenant à ces associations vers leurs pays d’origine dans l’espoir de les voir muselés par les dictatures en place. Cette solution de la facilité, ne peut qu’asseoir leur néfaste influence auprès de la communauté musulmane en Europe et en Amérique du nord. Il serait plus intelligent de traiter les musulmans de ces pays loin de toute ségrégation en traduisant en justice ses membres subversifs. Être musulman n’est pas synonyme de sainteté. Comme toute communauté, les musulmans de chaque pays ont leurs brebis galeuses et n’attendent pas moins que les autorités des pays accueillants les traitent en tant que tels. C’est la première responsabilité d’un État de droit.
Une Tunisie libérée devra assumer ses responsabilités pour éviter à ses concitoyens des dérapages et des imbroglios judiciaires de la sorte. A cet effet, l’instauration d’un authentique État de droit demeure la principale garantie de réussite, sans oublier l’établissement de relations de coopération sécuritaire transparentes et équitables avec tous les pays concernés par la lutte contre l’extrémisme. Dans cette lutte chaque partie devra assumer ses responsabilités dans le cadre de ses lois. Ce malheureux épisode est une preuve de plus pour que la deuxième république prenne résolument en charge les affaires religieuses des tunisiens dans leur pays. La conquête des mosquées dans les pays occidentaux par des militants extrémistes est la meilleure preuve de l’invalidité de la laïcité de l’État dans un pays musulman.