lundi 26 novembre 2007

IVENTER LE ZÉRO POUR S'ASSEOIR DESSUS

En parcourant le journal La Presse de Montréal de ce dimanche, qui à la différence du journal tunisien du même nom, ignore totalement les activités de Ben Ali, deux articles ont attiré mon attention.
Le premier est relatif à un fait divers en Malaisie ou un tribunal islamique a validé le divorce d’un homme qui a signifié sa décision à son épouse par SMS. Commentant cette procédure de divorce technologique, l’honorable Abdullah Ahmed Bedaoui, vice premier ministre de Dubaï n’a trouvé qu’un seul inconvénient à cette méthode. D’après lui, il est possible que le message soit envoyé par un imposteur, et d’expliquer à la Malaysian National News Agency : " Avec une lettre, il y a une signature ". Quelle lumière ? Dieu merci d’avoir doté le monde arabe d’émirs pareils pour guider leurs peuples vers un développement plus que durable. Il est à noter, que plutôt cette année, le journal Malaysia sun rapportait que le grand mufti de Dubaï avait donné son aval au " divorce par SMS ". A l’instar des présumés oulémas qui occupent les plateaux des chaînes moyen-orientales, ce théologien de Dubaï n’a pas manqué de mettre en phase la répudiation des femmes avec la consommation de ses compatriotes des nouvelles technologies.
Le deuxième article évoque la récente avancée scientifique enregistrée par deux équipes de chercheurs, l’une américaine et la seconde japonaise, qui ont réussi à transformer des cellules de peau en cellules souches. Cette découverte pourrait apporter une réponse satisfaisante au débat d’éthique qui fait rage concernant ce type de recherche aux États-Unis et en occident.
En comparant ces deux nouvelles, on ne peut s’empêcher de penser que les descendants des inventeurs du zéro se sont confortablement assis sur l’invention de leurs ancêtres en se payant le luxe de s’y enfoncer, alors que les descendants des civilisations occidentales et asiatiques s’activent pour atteindre des sommets de connaissances qui font leurs forces actuelles. C’est une réalité amère, ce qui l’est encore d’avantage, c’est que grand nombre d’arabes continuent de jeter leur dévolu sur l’occident comme principal responsable de la décadence du monde arabe et refusent d’affronter les vraies causes de leur déclin en se regardant dans un miroir.

samedi 24 novembre 2007

ANNAPOLIS ET LES PALESTINIENS

J’ai eu l’occasion de faire la connaissance d’un palestinien qui a assisté au discours de Bourguiba à Jéricho. Depuis, la soixantaine dépassée, l’homme a mûri et confie avec amertume avoir fait partie des manifestants qui ont jeté des tomates sur le cortège du président tunisien. Et d’ajouter avec un grand soupir : " Aujourd’hui, quand je regarde ma main, j’ai envie de la couper ".
Faut il pour autant, que nous tunisiens cessions de nous préoccuper du sort de nos frères palestiniens ? Évidement non.
Depuis 1948, la solidarité des tunisiens et des maghrébins en général envers les palestiniens a toujours été sans faille, et je dirais même d’une sincérité exemplaire. J’ose espérer que les palestiniens finiront par discerner leur intérêt en délaissant définitivement l’idéologie de la destruction de l’état d’Israël, rhétorique qui leur a causé tant de tort. Ils devront aussi prendre leurs distances vis a vis de certains régimes arabes actuels qui se sont essentiellement servis de la cause palestinienne comme outil de politique intérieure afin de préserver leurs pouvoirs dictatoriaux. Ces pays, ou plutôt ces régimes ont malheureusement beaucoup plus aidé les palestiniens à se diviser et à s’entretuer qu’à défendre leur cause et l’arabité de Jérusalem. C’est dans cet esprit que les négociateurs palestiniens devront entamer la conférence d’Annapolis. Une chance à ne pas rater et qui ne doit nullement s’embourber dans la recherche d’un règlement autre que celui de la création d’un état palestinien, élément central et préalable aux règlements des autres litiges territoriaux israélo-arabe. J’ose espérer enfin que les négociateurs palestiniens parviendront, ne serait ce qu’une fois, à démentir Bourguiba qui dans un moment de lucidité lors de son isolement après le 7 nov 87 avait commenté les accords d’Oslo en ces termes : " Trop peu et trop tard ".

lundi 19 novembre 2007

PEUT ON FAIRE CONFIANCE À UN PYROMANE POUR FAIRE LE POMPIER?

Cette semaine le secrétaire général de l’ONU s’est rendu dans notre pays pour assister à une conférence internationale sur le terrorisme. Il est normal que Mr Ban Ki-moon assiste personnellement à une telle réunion qui traite du sujet le plus épineux auquel fait face toute la communauté internationale. Ce qui l’est moins par contre, c’est le choix de la Tunisie de Ben Ali pour abriter un tel évènement. Il est bizarre que les organisateurs de cette louable réunion aient choisi un pays en proie à un terrorisme généré par la politique de son propre régime actuel.
Le terrorisme, ce mal du vingt-et-unième siècle est une manifestation d’effets à laquelle, nulle institution ne pourrait venir à bout sans avoir la lucidité et le courage de s’attaquer à ses racines.
En continuant de mettre sous sourdine les racines du terrorisme la communauté internationale en subira d’avantage les désastreuses conséquences. Une évolution de l’usage et du langage diplomatique est impérative afin de parer efficacement à ce phénomène qui touche, en premier et de plein fouet, les populations arabo-musulamanes.
La tenue dans la Tunisie dictatoriale d’un forum international sur le terrorisme est plus qu’insultant pour mes compatriotes. Cela équivaut à délivrer un certificat d’honorabilité à leur dictateur en signe d’encouragement et de reconnaissance pour son œuvre diabolique qui consiste à terroriser tout un peuple pacifique en faisant basculer grand nombre de ses jeunes dans les sentiers désespérés du terrorisme.
Je ne suis pas dupe, l’instauration d’une deuxième république aura à lutter énergiquement contre le terrorisme dans la Tunisie de demain. La lutte sera longue et pénible. Sa première condition de réussite demeure dans la capacité de la deuxième république à mettre un terme au pillage intensif des deniers de l’État et au système de corruption établi, à l’instauration de la justice en lieu de l’arbitraire, au rétablissement des programmes d’enseignement démantelés dans nos enceintes éducatives et enfin à une réappropriation équitable entre les tunisiens de leur économie, actuellement aux mains de malfaiteurs notoires choisis par Ben Ali.

lundi 12 novembre 2007

MA DÉCEPTION

Ces derniers jours bon nombre de mes compatriotes m’ont envoyé des courriels me prescrivant de réagir à la grande mascarade des fêtes du vingtième anniversaire de la prise du pouvoir par le général Ben Ali. Aussi paradoxale que cela puisse vous paraître, c’est le contenu de ces correspondances qui m’a découragé de le faire. Et pour cause : Tant que nous ne nous débarrasserons pas du virus implanté dans nos cervelles par la force de l’histoire et de la dictature, ne rêvons surtout pas d’être gouverné, autre que par un régime à la Ben Ali.
En effet avec tout le respect que je vous dois, je ne peux espérer un changement en Tunisie tant que la majorité des tunisiens se prennent individuellement pour des intouchables. Cessez de vous lamenter sur le mauvais sort de notre pays en vous rabattant sur l’oisiveté et l’ignorance du peuple tunisien. Cessez de critiquer à l’emporte pièce tout un peuple pour mettre en lumière votre éveil personnel. En pensant et en agissant de la sorte, vous illustrez sans ambiguïté la suprématie de Ben Ali et son incontestable réussite dans la division des tunisiens pour mieux nous écraser individuellement.
Le premier soulèvement contre le régime de Ben Ali devra s’opérer dans la tête de chaque tunisien pour saisir qu’on est égalitairement victimes de méthodes vicieuses, réfléchies et voulues pour nous détester mutuellement. Tant que collectivement, nous ne franchirons pas ce cap décisif, je ne peux que me souhaiter, et vous souhaiter pour cette année et celles qui suivront, un joyeux 7 novembre.
En attendant, je ne désarmerai pas devant cet état d’esprit navrant. Je continuerai à œuvrer pour fédérer toutes les franges de la société tunisienne autour d’un projet pour la Tunisie de demain. Une Tunisie, perle de la méditerrané, au sein de laquelle chaque tunisien respecterait ses compatriotes en commençant par son autocritique avant d’exercer son droit légitime de critiquer ses compatriotes.

vendredi 9 novembre 2007

LA GUERRE CONTRE L'IRAN SERA DIFFERENTE

Le fou furieux Ahmadinejad ne cesse d’enfoncer son pays dans une logique de confrontation avec les U.S.A et les pays occidentaux. J’espère que les rues arabes ne se rangeraient pas encore une fois derrière un tocard. En effet il n’y a pas photo pour analyser les rapports de force en présence. L’année dernière l’état major des gardes de la révolution iranienne a été décimé suite au crash d’un vétuste avion de fabrication soviétique des années 50. A la même période la NASA a mis sur orbite une sonde pour recueillir et ramener sur terre les poussières de pluton.
Il est fort probable qu’Israël se charge en premier d’anéantir les installations nucléaires iraniennes. Dans ce cas, je ne vois pas comment le régime iranien pourrait se plaindre de l’agression d’un état dont il ne reconnaît pas l’existence. Cela reviendrait à se plaindre d’avoir été frappé par un ennemi invisible.
La nature de la guerre contre l’Iran sera différente de l’invasion de l’Irak et de la dernière guerre du Sud Liban. L’attaque se fera sous forme de frappes aériennes pour faire partir en fumée les dizaines de milliards de dollars, bêtement investis par les mollahs dans la fabrication de la bombe atomique. Face à ce scénario, de plus en plus proche, les mollahs se consoleront par des prêches et des déclarations incendiaires pour sauver la face de leur régime. Il va de soi qu’ils ne pourraient utiliser ce qu’on appelle communément l’arme du pétrole. Faute de moyens le régime extrémiste ne peut se payer le luxe de soustraire 98% de ses recettes et affamer ses soixante millions d’habitants, sauf peut être en émettant un décret religieux stipulant de boire le brut pour éviter la faim.