jeudi 27 décembre 2007

SILENCE FEMME !

En tuant Benazir Bhutto les intégristes lancent un avertissement à toute musulmane qui veut se mêler de politique. Ils veulent faire taire ma mère, mes sœurs et ma femme. Ils veulent se débarrasser de la gent que le prophète Mohammed – Salla Allahou aleyhi oue sallam – a préférée sur notre terre. Ils ne veulent rien de moins que soumettre les hommes à leur idéologie sectaire pour assouvir leur soif du pouvoir. N’est il pas plus simple de berner d’illusions un esprit diminué de sa moitié ?
En cette triste journée Benazir symbolise ma mère, ma sœur et ma femme mortes en martyres pour défendre mon droit à m’exprimer et à voter en homme libre. Mortes pour que je comprenne définitivement que les islamistes ne se soumettraient jamais à la démocratie, ou au meilleur des cas qu’ils s’en serviraient pour mieux la tuer une fois proches du pouvoir. Je vous laisse imaginer qu’est ce qu’ils en feraient une fois au pouvoir. Pauvres démocrates tunisiens qui militent pour établir un dialogue démocratique avec les islamistes. Des démocrates qui souffrent de la pauvreté sous sa forme la plus virulente, celle de l’esprit. Et qu’on ne vienne surtout pas me chanter qu’il y a des islamistes modérés et d’autres extrémistes. Dieu merci, je suis loin de la pauvreté d’esprit.

mercredi 19 décembre 2007

POUR MIEUX COMPRENDRE LE TERRORISME

A sa création, El Quaida, -terme qui signifie la base en arabe- s’appelait El Quaidet -pluriel d’El Quaida-. Et ce en référence à la fusion des deux bases : La première dirigée par le millionnaire saoudien Ben Laden et la seconde par l’égyptien Aymen Elzawahri, médecin de son état plus instruit que son associé bédouin, millionnaire en dollars. C’est l’alliance en quelque sorte de la tête et des jambes. Après avoir organisé avec grand succès des attentats partout dans le monde, cette organisation s’est transformé en un redoutable label idéologique regroupant une multitude de Quaidet. Associant toutes sortes d’assassins, organisés en petits groupuscules régionaux prêts à massacrer aveuglement femmes, enfants et toute forme de vie humaine au nom de l’islam. Cette barbarie est légitimée au nom d’un djihad expliqué à la guise de ces barbares, soutenus il ne faut pas l’oublier, par un nombre croissant de théologiens radicaux, devenus par la force des pétrodollars du golfe, maîtres des mosquées arabes.
La fusion entre le wahhabite Ben Laden et le frère musulman Elzawahri est la preuve que le terrorisme actuel est d’origine moyenne orientale arabe. Vous me diriez et l’Algérie ? Du temps de la lutte de libération de ce pays le FLN entretenait des liens serrés avec le régime de Nasser, ce qui a permis à certains de ses militants d’endosser l’idéologie des frères musulmans égyptiens. Abassi Madani en est le meilleur exemple. Un courant islamique a toujours existé au sein des moujahidines du FLN algérien. Les observateurs qui reconnaissent a ben Ali le mérite d’avoir su épargner à la Tunisie un scénario à l’algérienne devraient retourner à leurs leçons d’histoire. L’islamisme militant trouve ses racines dans la lutte de libération de l’Algérie, phénomène étranger aux mouvements de libérations de la Tunisie et du Maroc. Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui l’Algérie a été choisie comme le chef lieu d’El Quaida pour chapeauter les cellules terroristes dans toute l’Afrique du Nord.
Dans le monde arabe, le terrorisme sous son visage actuel a été emprunté par les musulmans sunnites à leurs rivaux chiites. En effet les premiers attentats suicides dans la région furent perpétrés par le Hezbollah chiite contre les forces françaises et américaines à Beyrouth. Les chiites qui au temps de Haroun Rachid, dans la perse actuelle se sont distingués par la présence des khashKhachines. Des kamikazes enrôlés par des imams qui agissaient sous l’effet de la drogue pour aller tuer un ennemi, sachant d’avance qu’ils allaient y laisser leurs peaux. Cette tradition historique explique un peu, la facilité déconcertante avec laquelle des adolescents iraniens s’est ruée à suspendre à leurs cous, une clé du paradis confectionnée par les soins de Khomeiny afin de servir de chair à canon – genre de kamikazes – à la redoutable infanterie de Saddam.
Le recours des sunnites aux attentats suicides est une preuve inéluctable de leur dérive idéologique vers le chiisme. Avant l’apparition des attentats perpétrés par les leurs, les Arabes étaient stupéfaits à l’idée que pendant la deuxième guerre mondiale, des pilotes japonais aient pu se porter kamikazes pour commettre des attaques suicides. Jusqu’aux années 70-80 tous les peuples arabes s’accordaient à condamner unanimement cette forme de sacrifice qui s’apparente au suicide, péché impardonnable en Islam.
Ce glissement vers le chiisme est le fruit de la fusion entre l’idéologie des frères musulmans, désorientés par leur impuissance à usurper le pouvoir et le wahhabisme, idéologie figée et hostile à toute évolution dans le temps, ce qui est en contradiction avec l’évolutionnisme prôné par l’Islam en lui même.
Il est nécessaire de remonter l’histoire pour mieux saisir le degré de l’enracinement de ce phénomène troublant dans les différentes régions et pays arabes. Il n’en demeure que les actions terroristes ont tendance à s’uniformiser. Un attentat perpétré en Irak ou en Algérie projette les mêmes images sur nos écrans tv. C’est là un acquis d’une importance stratégique certaine pour les idéologues du terrorisme. Ils sont en train de réussir à incarner dans l’imaginaire du monde arabe et islamique en général qu’ils forment une même et unique nation, chose qui n’a jamais existée à travers l’histoire.

dimanche 9 décembre 2007

N'EST PAS MALIN QUI VEUT

Après une absence prolongée de quelques années sur la scène internationale et une abstinence à se rendre en Europe, Continent de la défense des droits de l’homme et des libertés, le général Ben Ali ose effectuer un déplacement éclair au Portugal, pays ôte de la conférence Europe Afrique. Il ose car il n’a aucune crainte d’être harcelé. Les médias européens et les associations des droits de l’homme ont trouvé plus gros gibier que lui dans les personnes de Mugabe et du colonel Kadhafi et ne risquent pas de s’apercevoir de sa petite présence.
Lors de ce déplacement furtif, le général n’a pas manqué d’atteindre deux objectifs strategiques pour le renforcement de son pouvoir et de sa candidature en 2009 :
1- Le premier est d’ordre intérieur : Ben Ali voyage et s’entretient avec ses pairs. Les Tunisiens qui commencent à se poser de serieuses questions sur l’immobilisme de leur président sur la scène internationale auront sur leurs écrans de télévision un Ben Ali souriant, serrant la main à une pléiade de chefs d’État. Ses organes locaux de propagande sauront bien sur, métamorphoser ses poignées de main protocolaires en entretiens fructueux entre notre dictateur et ses paires.
2- Le deuxième est d’ordre international : Son discours prononcée devant un parterre de 70 chefs d’État et de gouvernement est d’une subtilité magistrale. De quoi pouvait parler Ben Ali ? Des maux de l’Afrique, certainement pas. Ayant atteint une note de 10 sur 10 pour ses efforts de corruption et de mauvaise gouvernance, le malin Ben Ali a su trouver dans la sauvegarde de l’écosystème et de la politique environnementale une thématique qui colle bien aux oreilles des Européens. Tant pis pour les Africains, derniers pollueurs et dernier de ses soucis. Ils ne manifesteront certainement aucune réserve à sa présentation indéfinie à des élections truquées. Faute de se faire accepter comme démocrate, il lui reste à se faire valider par l’Europe comme un dictateur éclairé. Tache aisée pour notre président au regard de la majorité de ses homologues africains présents à cette réunion. A l’écoute du discours de notre petit dictateur à cette conférence je lui reconnais son habilité à donner de son régime une image de faiseur de nation civilisée qui affronte et partage beaucoup plus les soucis des Européens que ceux les Africains. C’est là certainement l’un des points forts de l’énigme Ben Ali.