mardi 22 janvier 2008

Quand la charia des hommes est appliquée en toute méconnaissance de celle de Dieu

A la lecture de cet article publié sur yahoo, je n'ai pu m'empecher de prendre du bicarbonate de soude pour soulager mon indigestion et éviter - excusez moi le terme - de vomir. Je vous laisse en juger.
Par Donna AbuNasr AP - Lundi 21 janvier, 17h05
RIYAD - Il y a deux ans, Fatima et Mansour al-Timani ont vu leur vie basculer: leur mariage a été annulé à la demande de la famille de la jeune femme, au motif que son mari était de rang social inférieur. Depuis, le couple, qui a deux enfants, ne peut plus vivre ensemble en vertu des strictes règles régissant les rapports entre les sexes en Arabie saoudite.
Les ex-conjoints ont contesté la décision en justice, rendu public leur histoire et demandé l'aide d'une organisation de défense des droits de l'Homme. Jusqu'ici sans résultats. Et Fatima menace désormais de mettre fin à ses jours si son récent appel au roi Abdallah ne lui permet pas de retrouver celui qu'elle considère toujours comme son mari.
"Seul le roi peut résoudre mon cas", a-t-elle expliqué à l'Associated Press dans un entretien téléphonique. "Je veux retourner auprès de mon mari, mais si ce n'est pas possible, j'ai besoin de le savoir pour pouvoir mettre fin à ma vie."
L'affaire souligne les dysfonctionnements d'une justice saoudienne souvent arbitraire, dont les principales victimes sont les femmes, qui sont déjà soumises à de sévères restrictions dans leur vie quotidienne. Récemment, le roi a gracié une femme violée condamnée au fouet et à la prison pour s'être trouvée dans une voiture avec un homme qui n'était pas de sa famille.
"Quand j'ai appris que (la victime du viol) a été graciée, je n'arrivais pas à y croire. Mon cas est tellement plus simple que le sien puisque mon divorce n'est pas valable", affirme Fatima.
Son mari, employé dans un hôpital, avait pourtant suivi la tradition en demandant au père de Fatima la permission de l'épouser en 2003, raconte-t-elle. "Mon frère a dit des choses positives sur lui et mon père a accepté sa proposition", souligne la jeune femme, informaticienne, qui avait 29 ans au moment de son mariage.
Elle assure que son père savait que Mansour venait d'une tribu de rang inférieur, mais que cela ne le dérangeait pas. Quelques mois après le mariage, plusieurs proches de Fatima, dont son demi-frère, ont convaincu son père de les autoriser à saisir la justice pour demander l'annulation de l'union, raconte-t-elle.
Lorsque son père est décédé, Fatima a espéré que la procédure serait abandonnée. Mais le 25 février 2005, la police s'est présentée au domicile du couple, remettant à Mansour les papiers du divorce selon lesquels le mariage avait été annulé neuf mois plus tôt. "Nous étions anéantis. Comment cela a-t-il pu arriver?", demande Fatima.
Selon l'avocat Abdul-Rahman al-Lahem, qui représentait le couple, les parents des époux ont le droit de demander l'annulation s'ils estiment que l'union affecte le statut social de la famille et ce en vertu d'interprétations locales de la loi islamique.
Après avoir vécu trois premiers mois sans son mari, Fatima est partie de chez sa mère avec ses deux enfants -une fille de deux ans et un fils de quatre mois- pour aller vivre clandestinement à Djeddah (ouest) avec Mansour.
Mais la police saoudienne les a retrouvés rapidement et emprisonnés pour avoir vécu ensemble illégalement. "Mes enfants et moi avons été mis dans une cellule avec des femmes condamnées pour revente de drogue, sorcellerie et comportement immoral", raconte Fatima. Son jeune fils "a appris à parler et à marcher en prison".
De son côté, Mansour a fait appel de la décision du divorce, mais un tribunal de Riyad l'a confirmée en 2007. En septembre, Bandar al-Hajjar, directeur de la Société nationale des droits de l'Homme, une organisation de défense des droits de l'Homme saoudienne, a demandé à la plus haute juridiction du royaume de se pencher sur l'affaire.
M. Al-Hajjar a soumis deux études islamiques concluant que le divorce n'était pas valable, selon "Arab News", quotidien saoudien en langue anglaise. Les deux études soulignent que Fatima a épousé Mansour avec le consentement de son père et que seule l'épouse peut décider si elle veut que le mariage soit annulé, précise le journal.
Malgré leur combat juridique, Fatima et Mansour restent à ce jour séparés. Après avoir passé neuf mois en prison, Fatima s'est installée dans un orphelinat avec son fils après avoir pu envoyer sa fille vivre avec son père quand elle était en prison. Elle se raccroche désormais à l'espoir d'une grâce royale. AP
lma/v48/sb

vendredi 18 janvier 2008

JE SUIS LOIN D'ETRE A VENDRE

Bon nombre de tunisiens m’envoient des courriels pour me conseiller des méthodes qu’ils jugent efficaces pour faire parvenir ma voix en Tunisie, propositions louables et que je respecte. Néanmoins je tiens tout simplement, à dire a ceux qui insistent pour que je collabore avec la chaîne Elmoustekella que je ne peux m’adresser au peuple tunisien avec une pancarte a vendre collée sur le front. Je ne peux être plus claire. Merci pour votre compréhension.

lundi 14 janvier 2008

DES CADEAUX RÉVÉLATEURS

Lors de sa récente visite aux Émirats Arabes Unis, le cheik de cette monarchie pétrolière a offert au président Bush un imposant collier en or 18 carats serti de diamants et de pierres précieuses. La loi américaine n’autorisant les présidents qu’à garder des cadeaux d’une valeur de quelques dollars, ce bijoux ira bien sur orner la salle des cadeaux, lieu ou sont déposés les autres onéreux présents offerts aux présidents américains.
Cet imposant collier m’a incité à m’intéresser de plus prés à l’histoire des cadeaux offerts par nos dirigeants arabes à leurs homologues occidentaux. Dans ce registre je ne manquerai pas d’en citer deux qui tournent autour de chevaux pur sang arabe, autre type de présent que certains de nos chefs d’état aiment offrir.
Le premier de ces chevaux a été offert par le roi Fahd lors d’une visite officielle effectuée aux États Unis au temps de la présidence de Bush père. Les douanes américaines ont gâchis le plaisir du monarque qui ne put présenter en personne son cadeau au président Bush. En effet la loi américaine oblige la mise en quarantaine de tout animal foulant le sol américain. Bush père ne manqua pas de consoler le roi d’Arabie en lui offrant une maquette de la navette spatiale américaine.
Le roi Abdallah de Jordanie connut la même mésaventure et alla jusqu'à s’empoter contre les services vétérinaires israéliens qui ont confisqué son étalon destiné au premier ministre israélien Ariel Sharon. Le roi ne pouvait consumer que son cadeau personnel destiné à un premier ministre israélien puisse faire l’objet d’une mise en quarantaine par ses propres fonctionnaires. Lors de sa visite à Paris, Ariel Sharon s’empressa de raconter l’anecdote au président Chirac, ce qui ne manqua pas de faire rire les deux hommes aux éclats, bonne manière, vous me diriez de décontracter l’ambiance de leurs entretiens.
Si ces mésaventures liées à leurs offrandes démontrent une chose, c’est certainement l’incapacité de nos dirigeants arabes à comprendre les exigences auxquelles doit se soumettre un chef d’état dans un état de droit. Ils ont du mal à imaginer qu’un cadeau destiné a un chef d’état puisse faire l’objet d’une quelconque réglementation. Leur conception du pouvoir repose essentiellement sur les petits soins à apporter aux ego démesurés de leurs petites personnes. De la, il n’est guère difficile de constater leur incapacité à exposer a leurs interlocuteurs occidentaux les préoccupations de leurs concitoyens, derniers de leurs soucis. Que dire alors de leur conception de cette maudite démocratie a laquelle les occidentaux les pressent de consentir ?

lundi 7 janvier 2008

UN UN SYSTÈME ÉDUCATIF RONGÉ PAR LA CORRUPTION

Un tunisien vivant au Canada fut stupéfait par la désinvolture avec laquelle son neveu en Tunisie, élève d’une école à Ben Arous, demanda à sa mère de répondre à une convocation de son institutrice. L’enfant de dix ans à peine s’empressa de rassurer sa mère en lançant : « Ne t’en fais surtout pas maman, je n’ai rien fais, mais ces derniers temps, madame convoque tous les parents pour leur proposer de donner des cours particuliers à leurs enfants ». Et l’enfant de rajouter avec un sourire malicieux : « Elle veut certainement 30 Dinars par mois pour me foutre la paix ».
Inutile que je m’étale sur le sujet. Il n’est plus un secret pour personne, et en premier pour tous les élèves tunisiens, qu’il leur suffit tout simplement de prendre des cours particuliers chez monsieur ou madame pour réussir l’année scolaire. Fait unique au monde, ce phénomène est en train de gagner du terrain dans nos enceintes universitaires, ou bon nombre d’assistants et de professeurs n’hésitent plus a dispenser des cours particuliers à leurs étudiants aisés. Pour huiler ce système machiavélique, le cynique Ben Ali a convenablement pris soin de rabaisser le niveau des programmes à un niveau plus que lamentable, tout en veillant de garantir à tous nos jeunes, ou presque, de réussir aux concours nationaux. Cette politique présente aussi l’avantage de faire pousser des youyous de joie, au moins une fois par an, à toutes les mères tunisiennes, quelle aubaine !
Une deuxième république devra certainement s’attaquer à la tragédie de la corruption généralisée dans notre pays, fruit de la malveillance de l’actuel régime dictatorial. Il serait erroné de penser que cette bataille serait simple à mener, mais le devoir des futurs dirigeants d’une Tunisie libérée serait de circonscrire et de couper court le plus rapidement possible et définitivement a cette pratique ruineuse de notre système éducatif. A cet effet des augmentations salariales graduelles de nos enseignants seront inévitables pour garantir un niveau de vie décent, à des hommes et des femmes qui assument la noble et lourde responsabilité de veiller à la formation de nos générations futures. Incontestablement, leurs conditions matérielles ainsi que leur statut social devront être rehaussés, et ce ne serait que leur rendre justice. Néanmoins cet acte de justice devra être impérativement accompagné d’une panoplie de mesures disciplinaires pouvant aller jusqu’à des poursuites judiciaires à l’encontre des enseignants contrevenants aux lois déjà existantes, hélas ignorées dans leur application par un système qui porte en lui-même les germes de la corruption.
Si je suis choisi par mes compatriotes pour assumer la fonction présidentielle, je m’attellerai vigoureusement à éradiquer ce phénomène pour rétablir au sein de nos établissements scolaires, une éthique digne d’un système d’enseignement juste et performant. A cet effet, je veillerai à un durcissement draconien de la loi actuelle encadrant la prestation des cours particuliers à nos élèves. Désormais, interdiction sera notifiée à tout enseignant de dispenser non seulement des cours à ses élèves mais également à tout élève de son établissement. Je veillerai aussi à la stricte application de ces mesures pour éradiquer définitivement de notre système d’enseignement des transactions mercantiles, arbitrairement imposées aux tunisiens pour assurer l’avenir des pupilles de leurs yeux. L’application et le stricte respect de ces mesures seront un préalable vitale pour la réussite du vaste chantier de la réorganisation et de la mise a niveau de tout le secteur de l’enseignement dans la Tunisie de demain. Par la grâce de Dieu, un secteur premier pourvoyeur de richesse durable dans la perle de la méditerrané.

samedi 5 janvier 2008

TELEVISION POUBELLE

Des jeunes tunisiens m’ont vivement conseillé de regarder sur dailymotion des extraits de l’émission Essaraha Raha. J’en ai vu deux, ce qui a largement suffit à m’en dégoûter.
Dans la première, le pseudo animateur de cette émission poubelle avait invité les comédiens Raouf ben Yaghlen et Lamine Nahdi. Je ne trouverais pas de mots assez dures pour condamner le niveau lamentable auquel se sont rabaissés ces deux personnes en se livrant à l’art de l’insulte devant les caméras. Je suis convaincu que ce lamentable spectacle fera anale de show incontournable de la triste histoire de la décadence morale et culturelle de la Tunisie sous les bottes de l’adjudant Ben Ali. Un dictateur certes inculte, mais cynique à un degré difficile à imaginer.
Les insultes échangés entre ces deux artistes illustrent a merveille la réussite de la politique de Ben Ali à diviser les tunisiens et à les faire haïr entre eux pour mieux les écraser. Le système actuel a fait de sorte que chaque tunisien éprouve du mépris et de la haine envers ses compatriotes en se sentant seul détenteur de la vérité absolue. A la vue de ce spectacle de bas niveau, il est permis au téléspectateur de se demander, ou plus exactement, de se conforter à l’idée que les tunisiens sont à des siècles lumière de la démocratie. C’est exactement le but inavoué de ce genre de TV poubelle. La liberté de ton employée dans cette émission n’est autre qu’un leur pour dévier l’attention des tunisiens de leurs vrais problèmes tout en leur incarnant dans la tête que la liberté d’expression est réelle sous le régime de Ben Ali.
Quant au second extrait, l’animateur avait choisi de jeter son dévolu sur le footballeur Hatem Trabelsi qui n’a pas manqué en fin d’émission, de lui renverser son verre d’eau en pleine figure. Le pauvre garçon n’a pas supporté les attaques répétées de l’animateur qui lui reprochait son look de riche sans oublier sa voiture luxueuse, apparemment sujette de toutes les conversations en Tunisie.
J’ai posté un commentaire pour faire part de mon opinion quant à cette deuxième émission. Commentaire immédiatement supprimé par le posteur de cette vidéo. Chose compréhensible, je compatie avec la peur de ce monsieur qui a supprimé mon nom pour éviter les ennuis avec les autorités tunisiennes. Dans ce commentaire, je disais a peu près ceci : Je suis contre toute forme d’exhibition de l’ostentatoire. Néanmoins il faut reconnaître qu’en roulant dans une voiture estimée à des centaines de milliers de dinars, ou en ayant une montre au poignet de la valeur d’un appartement, ce joueur ne doit rien à personne et de plus, n’a jamais puisé ses sous dans les caisses de l’état. Ce pseudo journaliste qui veut se faire passer pour un remueur de merde, ferait mieux d'aller la chercher, la ou elle se trouve vraiment. Qu’il invite par exemple Belhassen Trabelsi. Il pourrait se mettre en évidence en le fustigeant de questions sur la provenance de sa fortune de millionnaire en dollars, et en trotte sur le coût de son Boeing 747 et de sa flotte aérienne. Je ne crois pas qu’il puisse le faire. Et pour cause comme le dit si bien le proverbe tunisien : « On ne crache pas dans la main de son bienfaiteur ».

vendredi 4 janvier 2008

UNE RUPTURE S'IMPOSE

Suite a l’assassinat de Benazir Bhutto, les déclarations condamnant cet acte odieux ont fusé de partout dans le monde. Celle de Mr Bernard Kouchner a particulièrement retenue mon attention. Au risque de voir l’arsenal nucléaire pakistanais tomber aux mains des intégristes, il préconise essentiellement d’aider à maintenir une stabilité ou du moins un « Semblant » de stabilité dans ce pays.
A elle seule, cette déclaration passée inaperçue décrit à merveille le désarroi des tous les gouvernements occidentaux face à la constante montée de l’intégrisme, non seulement au Pakistan, mais dans tous les pays musulmans. Tous les dirigeants occidentaux s’accordent à penser que la lutte contre l’intégrisme ne devrait pas se limiter à l’usage de la force. Certes, les augmentations répétées de leurs budgets sécuritaires combinés à l’envoi de troupes en Afghanistan, en Irak ou en Somalie ou ailleurs est indispensable mais demeurent insuffisants à endiguer ce phénomène. Cette politique ne peut être que défensive. Elle commence à montrer ses limites face à un phénomène qui ne manque pas de gagner du terrain d’année en année. Désormais, il ne se passe plus une semaine sans qu’on n’assiste à des attentats suicides spectaculaires suivis de communiqués d’organisations terroristes déclarant la guerre sainte aux occidentaux et à leurs intérêts.
Cette politique de supporter à bout de bras des régimes plus que douteux pour maintenir coûte que coûte la stabilité, ou plus exactement, un semblant de stabilité est la seule facette visible de la politique des pays occidentaux pour contrer les intégristes à travers tout le monde islamique. C’est hélas, la politique du court terme qui ne manquera pas de conforter les extrémistes sur le long terme, seule temporalité valable à leurs yeux. Il faut hélas reconnaître qu’ils sont en passe d’atteindre leurs objectifs, aidés en cela par des occidentaux désemparés. Leur soutien à des régimes qui puisaient leur raison d’être dans une conjoncture de guerre froide est devenu contraire à leurs intérêts et à la paix mondiale. Inadaptées à la mondialisation et à l’évolution du monde après la chute du mur de Berlin les régimes des pays musulmans se sont transformés en un formidable catalyseur pour la prise de pouvoir par les intégristes. La lutte contre ce phénomène passe inévitablement par une solution politique. Au contraire de leurs dirigeants les sociétés musulmanes veulent prendre part à la mondialisation avec une aspiration majeure qui consiste a vouloir designer librement leurs dirigeants. Toute forme de soutien aux dictateurs actuels serait interprétée comme une interdiction qui leur est imposée d’atteindre ce bonheur. Si elle se prolonge cette situation ne manquera certainement pas de faire le bonheur des fanatiques en mettant à leur disposition une réserve inépuisable de bombes humaines.