Bon nombre de mes compatriotes m'ont reproché la production de sketchs satiriques traitant de la vie politique dans notre pays. Leur premier alibi en cela : Il ne faut guère mélanger les affaires serieuses - c'est a dire la situation dramatique de notre pays - à des capsules satiriques.
Je tiens a dire à mes détracteurs que les Tunisiens n'ont rien à envier aux peuples développés et qu'ils sont capables de faire preuve de la maturité nécessaire pour départager les sujets et éviter les amalgames.
Ce qui m'étonne chez ces personnes, et elles sont nombreuses hélas, c'est l'admiration qu'elles vouent a des émissions satiriques produites par des étrangers - comme les guignoles de l'info -.
On dirait qu'elles se sont adjugées un certain degré de maturité au détriment de leurs semblables et compatriotes tunisiens, jugés non dignes de jouir d'émissions satiriques. Aussi paradoxale que cela puisse paraitre ce sont ces memes personnes qui excellent dans les salons dorés à défendre la liberté d'expression bafouée dans notre pays.
Je signe et je persiste, sous la deuxieme republique, le citoyen tunisien devra jouir d'une information crédible, libre et loin de toute pression de l'exécutif. Si le journalisme est décrit comme étant le quatrieme pouvoir dans une démocratie, la satire que mes détracteurs le veuillent ou non, est en passe d'en etre le cinquième. Il est hors de question que la deuxieme republique soit à la traine du monde libre.
Je vous soumets enfin, une anectdote que j'ai dernierement de recevoir d'un jeune tunisien. C'est la meilleure preuve de la maturité de ce peuple et de son éveil pour décrire l'indescriptible. C'est aussi la preuve irrefutable de sa capacité a briser les tabous de la dictature.
ENVOYÉ PAR ANONYME
Trois individus de nationalités, américaine, britannique et tunisienne meurent dans un accident et se retrouvent en Enfer. Après quelques semaines, l'Américain désireux de savoir si, enfin, Ben Laden a été arrêté, sollicite la possibilité de passer un coup de fil vers l'Amérique. Le diable accepte et lui facture, aussitôt le coup defil terminé, les trois minutes à 3 millions de Dollars. L'Américain sort son carnet de chèque et s'acquitte de sa dette sans sourciller...Le Britannique, à son tour sollicite la même faveur, afin de s'enquérir de la santé de la Reine Elisabeth... Le diable accepte et lui facture,aussitôt la conversation achevée, les trois minutes à 4 millions de dollars que notre ami s'empresse de payer...Ce fut, enfin, au tour du tunisien. Ce dernier hésitant du fait de la faiblesse de ses moyens, se décide quand même à demander l'autorisation d'appeler la tunisie pour avoir des nouvelles du pays : Si le pouvoird'achat est assez bas, si les routes sont toujours catastrophiques, si les voleurs gagnent toujours du terrain, si le chômage est le titre de la jeunesse perdue, si le logement est aussi un rêve et si et si et si....... La conversation s'achève enfin au bout de trois heures. Le tunisien osant à peine regarder le diable, lui demande en bégayant, leprix de la communication. Le diable tout serein répond: Oh, pour les trois heures ça fait trois Dinars! Surpris, le Tunisien : Mais co.....co....comment ça se fait ??Le diable lui répond: Et bien, de l'Enfer à l'Enfer, c'est un appel local !!!