dimanche 30 mars 2008

LA LIGUE ARABE : QUE DIEU NOUS EN PRÉSERVE

Les sommets des chefs d’état arabes se suivent et se ressemblent, embrassades et accolades à la limite de l’inceste me diriez vous. Un rituel sacré imposé à leurs peuples respectifs, réduits en spectateurs désabusés. Le sommet de Damas vient de confirmer cette règle. Bien que présents à moitié nos dictateurs ont tenu à réaffirmer leur attachement au principe vital de la ligue arabe qui consiste hélas à étaler publiquement leurs désaccords. Un comportement qui ne manquera certainement pas d’apaiser l’autre moitié de leurs confrères restés chez eux. La au moins les deux camps ont magistralement réussi a faire honneur au premier des principes de cette vénérable institution désuète : « ETRE D’ACCORD POUR NE JAMAIS L’ETRE ».

jeudi 27 mars 2008

NOTRE CONSTITUTION : RIEN QU'UN BOUT DE CHIFFON

En réponse aux nombreux emails me priant de m'exprimer sur les dernières déclarations de Ben Ali concernant l'amendement de notre soi disant constitution, je tiens à dire trois choses :
1- Je ne reconnais aucune legitimité à cette constitution qui n'est autre qu'un costume sur mesure taillé selon les besoins de son initiateur.
2- Je ne vois pas pour quelle raison je m'indignerai contre un amendement d'une constitution qui n'a de cela que le nom.
3- Ceux qui attendent de Ben Ali d'organiser des élections libres feraient mieux d'aller sniffer un trait de cocaine si ce n'est plus, pour retrouver leur lucidité.
Merci pour votre compréhension : Tarak Mekki

lundi 24 mars 2008

UN AUTRE ACCORD POUR LA GALERIE

Au Yémen le Fatah et le Hamas viennent de signer un autre accord pour satisfaire les manifestants palestiniens de plus en plus nombreux à exiger des leaders des deux fractions la cessation des luttes inter palestiniennes. Face à cette pression populaire, les Fatah aussi bien que le Hamas ne pouvait courir le risque d’endosser la responsabilité de l’écoulement du sang palestinien. Après cet accord sous forme de besogne pour chacune des deux parties, rien ne les empêchera de continuer leur affrontement, qui sans en porter le nom jusqu’à date, n’est autre qu’une guerre civile.
En effet les visées stratégiques des deux protagonistes sont opposées à un point tel que la confrontation demeure inévitable. Si la survie du Fatah dépend essentiellement de la finalisation d’un accord de paix permettant la création d’un état palestinien, celle du Hamas bien au contraire tient avant tout dans le pourrissement du conflit israélo-palestinien.

jeudi 20 mars 2008

EN ATTENDANT D'HONORER NOS MARTYRES

En cette journée de la soi disant fête de l’indépendance, il est de notre devoir de rendre hommage aux tunisiens qui ont sacrifié leurs vies pour la libération de la patrie du joug colonial. Il est aussi de notre devoir de demander pardon à la crème de ces tunisiens pour avoir trahi leurs sacrifices. Des martyres qui auraient certainement retourné leurs armes pour militer au maintien de la présence française en Tunisie s’ils savaient dans quel merdier se trouverait leurs enfants en 2008. Une situation dont nous sommes, il faut bien le dire, collectivement responsables.
Néanmoins l’optimiste de tunisien que je suis demeure convaincu, que dans un effort intergénérationnel, mes compatriotes finiraient par honorer la mémoire de leurs martyres.
A cet égard l’instauration d’une deuxième république serait un formidable outil pour la libération des Tunisiennes et Tunisiens du joug dictatorial, sans laquelle l’indépendance ne serait qu’une coquille vide de tout sens.

mercredi 12 mars 2008

KOULOU B3ATHKOM

Désormais il ne se passe plus une semaine dans nos stades sans qu’on enregistre des incidents entre supporters de clubs tunisiens. Les stades sont devenus des arènes ou les foules de jeunes déchaînées se parjurent et s’entredéchirent. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces dangereux dérapages, sanctionnés en apparence par les autorités sont une aubaine pour Ben Ali qui ne demande pas mieux. Il y a fort a parier qu’il sirote tout sourire un verre de thé a la menthe si ce n’est autre chose en regardant ce spectacle de combat de gladiateurs. Pour la pérennité de son règne et la quiétude de sa famille enrichie il ne peut mieux espérer que ce scénario ou le peuple s’offre en pâturage a sa vue. En fin de match et en grand vainqueur il doit lever ses poings au ciel pour scander son refrain préféré : KOULOU B3ATHKOM.

mardi 11 mars 2008

MUTISME DE BETE

Est-ce qu’on peut demander a un autiste de communiquer ? Des expériences menées par des spécialistes auprès de groupes de patients laissent présager un certain degré d’optimisme. Hélas cet espoir s’arrête aux autistes et non aux autorités tunisiennes auxquelles aucune thérapie ne semble adaptée.
Le silence radio observé par les moyens d’information du général Ben Ali concernant la disparition de deux malheureux touristes autrichiens est une preuve de plus du mutisme de son régime.
Une manière bien connue par les chancelleries étrangères dans notre pays. Cette manière du régime de Ben Ali de jouer aux innocents intelligents qui nient tout et rien, a fini par ternir définitivement l’image de notre Tunisie. Ce black out médiatique n’est pas sans rappeler les malheureux évènements de l’attentat de Djerba. Un attentat perpétré sur notre sol et que notre dictateur fut le dernier sur cette planète à reconnaître. Un comportement qui depuis fit fuir annuellement plus 500.000 touristes allemands. Les Autrichiens de moins en moins nombreux à visiter notre pays ne manqueront pas d’emboîter le pas à leurs voisins pour raréfier leurs séjours en Tunisie. On peut faire confiance aux services de falsification des statistiques du dictateur pour pallier à ces pertes par l’annonce d’arrivées massives de touristes venus d’autres horizons. Dans ce cadre et en jetant un coup d’oeil sur les tableaux émis par le ministère du tourisme, on remarque déjà que notre pays a anticipé les évènements en s’ouvrant sur le marché mauritanien. Belle percée, en attendant les touristes de l’Afrique subsaharienne. Pauvre Tunisie.