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L’économie Tunisienne

Peut-on parler d’économie moderne ou en voie de l’être en Tunisie ? Les citoyens canadiens dont le pays fait partie du G8 ont offert 8.9 milliards $Can de dons à des œuvres caritatives en 2005. On assiste quotidiennement sur les marchés financiers internationaux à des offres d’acquisition ou à des projets d’investissements largement supérieurs au budget de l’État tunisien. L’analyse économique ne peut s’opérer que sur la base de chiffres réels obtenus grâce a un barème de calcul constant scientifiquement valide.

Pour ces raisons et pour bien d’autres, je peux dire que « l’économie tunisienne » est folklorique. Elle l’est par la grande faiblesse de ses chiffres et encore d’avantage par leur falsification notoire aussi bien dans leurs données que dans leurs résultats. Notre défi majeur sera d'enrayer des pratiques économiques de sous table en instaurant une économie sur la table .

La Tunisie occupe le Xieme rang sur l’échelle de développement économique mondiale. Je vous propose d’établir ce rang comme dernier des nations. Ma vision est simple mais non simpliste : Tous les pays venant après la Tunisie le sont au vu de l’évidence des capacités naturelles de notre pays à les devancer et non par mérite. Les acquis financiers du peuple tunisien sont nuls comparés aux acquis des nations développées.

Cette vision nous permet d’être sereins dans l’évaluation de notre réalité économique tout en écartant fermement la présentation démagogique du régime de Ben Ali et les prétendus acquis économiques de la Tunisie. Elle nous accule aussi à regarder devant et saisir l’immensité des perspectives de développement qui nous sont offertes. Cette optique ne peut stimuler qu’une volonté optimiste chez le citoyen à consentir un travail rationnel et rigoureux dans l’édification de l’économie de la Tunisie rayonnante et prospère de demain.

L’état actuel de notre économie est présenté dans un cadre de façade brillante destiné à être vendu à l’étranger leurré par occasion dans cette opération de marketing douteuse. En effet, des voix officielles de gouvernements et d’organismes patronaux étrangers s’élèvent régulièrement pour vanter les avancées économiques de notre pays. Ces pôles de pouvoirs politico-économiques perçoivent dans l’action économique du régime, un facteur essentiel dans leur appui pour le régime de B. Ali malgré son gouffre déficitaire en matière de libertés démocratiques.

Il est temps pour les pays occidentaux, plus grands partenaires économiques de la Tunisie et les organismes qui en émanent de reconnaître que le prétendu développement en Tunisie est largement en deçà des moyens humains dans notre pays. Le niveau des échanges commerciaux entre leurs pays et la Tunisie est peut-être important comparé à leur coopération avec d’autres partenaires du Tiers-Monde. Il faut que ses supporters étrangers parfois zélés se rendent à l’évidence que le peuple tunisien ne se sent pas du moins directement concerné et ne profite pas des retombées économiques et financières de leur coopération avec notre pays.

Il est vrai que l’ère de la mondialisation économique stimule les échanges entre pays et encourage l’émergence de liens et d’intérêts économiques irréversibles. Le but de ce mécanisme est l’apport de prospérité à tous les peuples dans le but suprême d’éloigner les conflits entre eux. De part son histoire d'ouverture sur le monde, notre pays est largement doté pour être un acteur dynamique de ce mouvement économique planétaire. Les Tunisiens doivent dépasser leurs divergences, sur le bien-fondé d’un tel fonctionnement économique mondial. Préconiser une politique économique tunisienne pour l’endiguer ne peut résulter que d'effets néfastes à notre développement. Il faut jouer le franc jeu de la mondialisation sur le plan économique en la devançant dans nos choix sociaux afin d’éviter toute fracture sociale. Nous pouvons constituer un modèle du genre pour les autres pays du sud.

Malgré les défaillances d'approche de l'actuels régime de Ben Ali  concernant la mondialisation, les Tunisiens sont conscients de l’utilité de cette coopération et de ses bienfaits à notre développement n'eut ce été son accaparation du côté tunisien par une poignée d’agents économiques émergeants par la force de leurs liens familiaux avec la dictature ou les alliances qu’elle doit conclure avec elle. Les gouvernements et les investisseurs étrangers doivent admettre pour le bien-fondé et le développement de leurs relations économiques avec la Tunisie que la dictature actuelle offre un environnement non durable et un climat d’insécurité à l’avenir stratégique de leurs intérêts dans notre pays.

Il n'y a pas l’ombre d’un doute quant aux aptitudes de notre peuple qui pratique la mondialisation à travers les longs siècles de son histoire depuis carthage à s’intégrer dans les grands enjeux de l’économie mondiale du 21e siècle. On doit appréhender la mondialisation de notre côté de libres créateurs, commerçants et agriculteurs millénaires qui n’ont ni complexe ni crainte à coopérer et à se mesurer aux autres nations. C'est dans cet esprit de liberté d’entreprise et d’échanges commerciaux qui va si bien avec le tempérament du Tunisien que je préconise la politique économique de notre pays tout en veillant à son équilibre social. On doit évoluer au sein d’une économie libérale encadrée par une politique sociale pour atteindre collectivement « le bien commun ». Je réfute l’économique qui prime sur le social. La subtilité et le but de mon programme économique tiennent dans ma conviction dans la libre entreprise comme moyen de création de richesses équitablement réparties dans les classes sociales.

La quiétude sociale est la clé du développement économique, son établissement ne peut survivre à l’exclusion d’une partie de la société de la distribution des richesses économiques. Je propose aux Tunisiennes et Tunisiens de révolutionner le fonctionnement de notre économie et de tirer celle-ci à la hauteur de nos aspirations légitimes de confort économique.

Dans cette œuvre, nos moyens humains demeurent notre atout majeur.. Je perçois la pauvreté de la Tunisie en ressources naturelles comme un second atout. Il n’y a qu’à voir nos pays frères arabes et se rappeler que le grand visionnaire Bourguiba avait raison de prédire que les Tunisiens remercieraient un jour Dieu de n'avoir pourvu notre sous sol de pétrole, richesse volatile et temporaire. Les ressources d’une richesse tunisienne durable et inépuisable doivent s’ancrer dans un pragmatisme économique rationnel basé sur un long travail qui serait transmis de génération en génération.

On doit bâtir une économie moderne dans un environnement transparent propice à la création d’emplois et de richesses financières. Le prélèvement d’impôt par l’État est un moyen nécessaire à l’application d’une politique sociale adéquate à l’instauration d’un climat de confiance et de sécurité dans un pays qui aspire à la prospérité. L’État a le devoir de réglementer cette dynamique pour protéger les plus défavorisés d’entre nous.

Je propose dans ce qui suit à mes chers compatriotes, les défis à relever dans les différents secteurs de notre économie nationale afin que les Tunisiens accèdent ni plus ni moins à la richesse financière et au confort matériel.


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