La femme TunisienneAvant de vous faire part, des mesures que je compte prendre en cas de mon élection a la présidence de la république pour le renforcement de la condition féminine dans notre pays et pour mieux coller a la réalité actuelle, je ne peux passer sous silence le malheureux phénomène du port du voile en Tunisie. En effet mes craintes de propagation de ce mode vestimentaire m'ont été confirmées au cours de ces dernières années par les personnes qui ont séjourné dans notre pays. Cette nouvelle mode a aussi attiré l'attention du journal français "Le Monde" qui vient de lui consacrer tout une page. On y apprend qu’à la capitale Tunis une femme sur quatre est voilée. Cette proportion est multipliée par trois dans les coins les plus reculés de notre pays. Longtemps considérées comme les plus émancipées du monde arabo-musulman les Tunisiennes sont en train de sombrer lentement mais sûrement dans le fanatisme. Elles y sont poussées par une politique réfléchie et parsemée de supercheries.
La première consiste dans la réussite de Ben Ali a vendre sa politique féminine comme la continuation de celle empruntée par son prédécesseur Habib Bourguiba. C'est le ridicule auquel je répondrai par ce qui suit : Bourguiba a réussi a émanciper la femme tunisienne en lui dispensant un enseignement de qualité tout en lui offrant des perspectives d'intégration sur le marche du travail. Ben Ali a déchiqueté notre système d'enseignement et a placé l'économie de notre pays sous la coupe mafieuse de ses proches, d'ou son incapacité a résorber le chômage qui frappe de plein fouet aussi bien les femmes que les hommes dans notre malheureux pays. Bourguiba a réussi a convaincre la femme tunisienne d'ôter le voile et d'emboîter le pas a la modernité grâce a son charisme et a sa force de persuasion. Cela ne l'a pas empêché dans ses discours de s'insurger contre les excès vestimentaires de certaines femmes adeptes de minijupes et de les rappeler à l'ordre. Le père de la Tunisie moderne a toujours défendu l'émancipation de la femme tunisienne dans le respect de son authenticité identitaire. Comme il serait comique de parler de charisme chez Ben Ali et absurde d'évoquer une force de persuasion de sa part excepté sa force de dissuasion policière, j'essayerai de comparer sa vision de la condition de la femme tunisienne par rapport a celle de son prédécesseur. Ben Ali a entrouvert les portes a des sociétés étrangères pour embaucher des jeunes Tunisiennes diplômées a titre d'opératrices téléphoniques afin de jouer au tarot ou satisfaire les fantasmes sexuels de clients Européens. Il a aussi permis a sa famille d'organiser une grossière arnaque financière sous forme d'un jeu télévisé ou des filles tunisiennes se travestissent en Sharon Stone et autres célébrités hollywoodiennes. Il a aussi laissé pousser d'innombrables maisons closes hors de toute légalité. La vérité est douloureuse a dire : Dans notre pays la prostitution a atteint un seuil inimaginable et touche désormais toutes les catégories de la société. IL ne faut donc pas s'étonner de voir des femmes voilées roulant en Mercedes. C'est leur manière de dire qu'elles ne longent pas les trottoirs avec leurs luxueuses voitures .En encouragent sciemment des comportements qui s'apparentent a un soi disant modernisme, Ben Ali a tout entrepris pour plonger la femme tunisienne dans un profond désarroi. De la il ne faut guère s'étonner de la fulgurante propagation du nombre de femmes voilées en Tunisie. Cette transgression de l'équilibre social trouve son prolongement dans la désinformation continue entreprise par les moyens d'information totalement soumis au régime dictatorial. La télévision tunisienne a perdu toute crédibilité auprès des citoyens. Les vrais hommes des sciences religieuses se sont dissociés de ses programmes au profit de savants générés par le régime. Cette malheureuse conjoncture a laisse libre champs a nos jeunes filles pour regarder pieusement des chaînes moyen orientales intégristes. Ces nouvelles chaînes ont bien saisi l'opportunité de véhiculer leurs idées par des prêcheurs aux allures de stars de cinéma. Il serait contre la nature féminine de préférer regarder les lugubres et présumés religieux inféodés au parti politique de Ben Ali a un bel homme comme Amr Khaled. Prêchant un Islam simpliste les histoires de ce dernier demeureront toujours plus attrayantes pour un auditoire féminin ou masculin. Bourguiba n'a jamais mis en quarantaine les femmes et les enfants de ses opposants en les affamant même si ces derniers s'avéraient des terroristes. Il a au contraire essayé de pourvoir un emploi a ces femmes pour qu'elles puissent élever dignement leurs enfants. Bien que n'ayant jamais été démocrate Bourguiba n'a jamais ordonné la torture de femmes opposantes a son régime. Il n'a jamais non plus envoyé un policier traiter impunément une femme opposante de femme de joie comme le fait couramment Ben Ali. Pire encore le régime actuel n'a pas hésité a faire circuler des photos truquées montrant ses opposantes dans des scènes obscènes afin de détruire leurs réputations. De grâce cessons de prendre Ben Ali comme le digne héritier de son prédécesseur. Il serait malsain de vouloir comparer un visionnaire de la trempe de Bourguiba a un cynique adjudant chef. La seule vérité qui doit éclater au grand jour consiste dans la dangereux recul des acquis de la femme tunisienne sous la présidence de Ben Ali. Cette régression est confirmée dans les faits : Le tiers des femmes ont adopte des habits étrangers a la société tunisienne. C'est la résultante de la perte des repères de toute une société agressée dans ses authentiques valeurs. Considéré par plusieurs comme refuge identitaire l'adoption de ce mode vestimentaire est en réalité une inconsciente mutilation identitaire a laquelle se sont livrées une grande partie des femmes tunisiennes. C'est aussi une forme de ferme opposition a la politique du gâchis de la dictature. Si j'éprouve de la compassion pour ces femmes désabusées je tiens a les mettre en garde quant aux dangers du port du voile et de son inefficacité dans la lutte contre le régime de Ben Ali. Le dictateur aura toujours besoin de la visibilité de femmes voilées dans notre pays, pour asseoir son pouvoir et le présenter comme le dernier rempart contre l'intégrisme. Une telle attitude des femmes tunisiennes finirait par jeter définitivement le voile sur leurs droits a l'égalité et a la liberté de choix. En effet le port du voile est le premier pas vers leur asservissement. Une situation rêvée pour des intégristes qui militent a éliminer la moitie de la société civile pour mieux soumettre sa deuxième moitie a leur doctrine. J'invite mes concitoyennes a tourner le dos a ce qui s'apparente au désespoir et a retrouver leurs repères afin de continuer d'être les dépositaires de notre spécificité identitaire sans laquelle toute la société ira vers l’abîme. J'ai grand espoir que dans une Tunisie libérée du joug de la dictature ou l'arbitraire ferait place a un système judiciaire digne, ou l'enseignement reprendrait ses droits et son économie remise sur les rails, la femme tunisienne comme l'homme d'ailleurs retrouveront leur sage modération et leur raison d'être . Dans le cadre de mon élection à la présidence de notre pays je propose aux Tunisiennes et Tunisiens l'adoption d'une série de mesures pour consolider les droits de la femme tunisienne pour en faire ni plus ni moins la parfaite égale de l'homme en droits. Le remplacement de l'actuel statut de la femme par une charte des responsabilités, des droits et des libertés de la personne. Cette charte devrait définitivement consacrer l'égalité entre les deux sexes en garantissant a chacun d'eux les droits légitimes de toute personne énoncés dans la constitution tunisienne. Promulgation d'une loi réservant a chacun des deux sexes un minimum de quarante pour cent des sièges au sein de toute assemblée ou institution élue en Tunisie. Application de l'équité salariale entre femmes et hommes dans tous les secteurs de l'activité économique. Promulgation et application de lois protégeant la femme et les enfants des violences conjugales, malheureusement très courantes dans notre pays . Mener une politique d'aide a l'emploi dénuée de sexisme . Légiférer pour protéger nos soeurs et nos femmes de l'harcèlement sexuel malheureusement largement répandu dans le milieu du travail. Instaurer la flexibilité du temps de travail pour les mères en charge de leurs enfants. Instauration d'une prime de grossesse : Malgré ses moyens limités notre pays doit reconnaître le mérite de la femme enceinte et apprécier sa contribution a la procréation de futurs Tunisiens. Réduction de l'age du départ a la retraite d'une année pour chaque enfant.
Dans une Tunisie démocratisée focaliser le débat de société autour de la place de la femme serait une erreur de vision sociale. Les problèmes de celle-ci sont étroitement lies aux embûches matériels et psychologiques qui parsèment l'itinéraire des hommes tunisiens. A la différence de la majorité des autres Arabes, ces derniers ont compris et accepté depuis fort longtemps l'évidence des droits de la femme d'être leur parfaite égale. Nous sommes un peuple uni et solidaire ou des femmes éveillées sont la fierté de ses hommes. Haut de page
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