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Industrie et commerce

Par manque de confiance dans l’avenir, les industriels tunisiens opèrent dans une optique du jour le jour. Le régime a lancé en grande pompe un programme de mise à niveau de ce secteur grâce aux énormes subventions accordées par l’Union européenne dans le cadre du traité de libre-échange signé avec notre pays. La majorité des sommes réservées à ce programme ont été lapidées pour répondre à des normes industrielles démagogiques et à satisfaire les proches du régime par l'obtention de crédits abusifs pour leur soit disant permettre de mettre leur outil de production éphémère à niveau. En réalité, ce sont leurs comptes de banque qui ont été mis à niveau et non leurs outils de production imaginaires. La mise à niveau du secteur a aussi servi à créer des grands pôles industriels, idée chère à Ben Ali afin de permettre à l’industrie tunisienne de faire face à la concurrence des grandes sociétés étrangères. Le régime n’a pas trouvé mieux que la famille présidentielle pour détenir les futures méga sociétés ou groupes quitte à s’allier par mariage pour réussir la main mise totale sur les secteurs industriels les plus rentables. Ces favorisés se sont même payés le luxe de transformer leurs usines en sociétés de commercialisation de produits finis importés dans le cadre d’une mise à niveau à la tunisienne de leurs activités. Malmenée de bout en bout, cette opération de modernisation de l’industrie a été un échec retentissant et n’a atteint aucun de ses objectifs.

En effet, le secteur industriel n’a guère évolué depuis les années 70. Il repose toujours sur des PME familiales peu performantes et mal adaptées aux exigences du marché de ce début du 21e siècle.

L’industrie textile est agonisante et n’est plus compétitive face aux produits asiatiques. Quotidiennement, des ateliers mettent la clé sous la porte en licenciant des milliers d’employés délaissés à leur sort sans aucune couverture sociale. Ce secteur, clé de nos exportations et grand employeur de main-d’œuvre n’attire plus que des commandes de réassort de donneurs d’ordres dont l’essentiel des commandes est fabriqué en Asie. Pire encore le secteur est devenu la proie de clients étrangers de second ordre qui laissent souvent des factures impayées auprès des petits fabricants tunisiens en faillite et sans recours.

Pour redresser cette situation désastreuse de notre industrie, je propose l’ouverture de notre marché national à nos produits fabriqués à l’exportation. Il est absurde de chercher des débouchés à nos produits textiles, du cuir et autres à l’extérieur de nos frontières quand on ignore les 6 millions de touristes par an qui visitent notre pays sans trouver grande chose à acheter. Faut-il continuer à exporter des produits pour que la contrebande contrôlée par les proches du régime les réimporte en Tunisie afin de les écouler sur le marché national en favorisant un commerce parallèle dont le volume et l’importance dépassent de loin le commerce légal?

Cette mesure incitera nos visiteurs à faire du shopping de produits – jeans – chemises – vestes – chaussures etc. – made in Tunisie à moitié prix de ce qu’ils ont l’habitude de se procurer chez eux. Les ateliers de confection et l’activité économique s’en porteront mieux. Le régime actuel étouffe l’industrie destinée à l’exportation pour favoriser un commerce parallèle qui mine l’économie du pays et prive sa trésorerie d’importantes ressources.

L’artisanat ne se porte pas mieux que les autres secteurs industriels, malgré la variété de ses produits et le savoir-faire de ses artisans. Les débouchées commerciales manquent cruellement à ses produits délaissés et ignorés dans la construction de nos hôtels et infrastructures en général. Aucune incitation n’est accordée aux promoteurs afin d’intégrer nos fresques en céramique et autres dans leurs projets de construction. Le régime préfère encourager l’importation de produits étrangers – comme le marbre et les spots électriques, etc. – qui n’épatent guère le visiteur souvent habitué à en avoir chez lui en plus luxueux. C’est par une politique d’incitation à l’utilisation de produits artisanaux que je veillerai à la dynamisation de ce secteur a travers nos constructions et nos besoins quotidiens. Dans ce cadre, une branche d’étude de l’artisanat tunisien sera intégrée aux arts et métiers afin d’initier nos étudiants à la modernisation et la création de produits inspirés de notre artisanat national pour une application urbaine et architecturale.

Tous les autres secteurs industriels doivent opérer dans un cadre de libre-échange en commençant par renforcer leurs parts de marché national. Par sa taille et le tempérament de son peuple, la Tunisie a intérêt à évoluer vers une économie de libre-échange.
Conscient de la faiblesse de notre industrie lourde et de l’impossibilité d’en implanter une viable vu le poids démographique et les moyens de notre pays, l’industrie tunisienne doit s’orienter vers la production de produits à valeur ajoutée. Nous y parviendrons grâce a une stabilité politique et une image attrayante qu’on réussira à donner de la Tunisie de demain.

Les difficultés de notre industrie sont palpables dans tous ses secteurs. Une fois la confiance retrouvée la restructuration de l’activité sera forcement à entamer. Nous avons les moyens de réussir le redressement de notre industrie nationale. Nous serons aidés en cela par l’ouverture de notre commerce et sa libération de toutes contraintes administratives et autorisations arbitraires. De part son histoire, le Tunisien a toujours aimé commercer. Il aspire à la liberté qui lui permettrait de prouver ses capacités. Je vois aisément le volume du commerce tunisien atteindre et surpasser le volume de certaines grandes places commerciales à l’instar de Dubaï et autres. Laissons le Tunisien opérer librement si on veut assister à un miracle économique dans notre pays.


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