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La place de l’Islam dans la Deuxième République

Le premier consensus sur lequel l'on doit s’accorder est l’interprétation de notre sacrée bien-aimée religion. L’embrouillage de notre vision dû à la politique pratiquée par le régime de B. Ali a semé le doute dans la définition de notre identité et l’émergence de nouvelles théories religieuses.

Il serait inimaginable pour une Tunisie démocratique de ne pas inclure l’Islam dans sa constitution et a ne pas en tenir compte dans sa législation. Tout démocrate tunisien voulant transgresser cet état de fait va aveuglément à une impasse politique et à un refus catégorique du peuple tunisien à l’écouter et à le soutenir.
Tenant compte de cela, l’opinion tunisienne est prête à une interprétation d’un Islam moderne adapté au 21e siècle. En effet, l’un des fondements de cette religion se situe dans sa validité dans le temps et le lieu. D’une manière plus claire, l’Islam est une religion que tous les Musulmans par le monde croient dans sa justesse à travers l’éternel dans tout espace géographique.

L’un des autres fondements de l’Islam est que cette religion lie directement l’individu au créateur sans intermédiaire. L'ultime prophète Mohammed a eu le rôle de transmettre ce message divin, sa vie, ses gestes et ses dires sont donnés en exemple par le Coran lui-même.

Au nom de la collectivité, l’État a le devoir de protéger cette religion et la soustraire à tout individu ou groupe voulant l’expliquer à sa manière à des fins politiques.

Habib Bourguiba a bien réussi à lire et à expliquer le Coran d’une manière juste et progressiste. Cependant Je lui reproche comme vous tous son manque de respect dans la pratique de notre religion, les buffets qu'il organisait au Palais de Carthage en période de jeun en est le meilleur exemple.

En effet, le Coran bannit la polygamie et pose des conditions infranchissables à l'homme en ordonnant de lapider celui qui commet l’adultère ou couper la main d’un voleur par exemple.

L’État a le devoir de protéger l’Islam tolérant et vrai des Tunisiens. Il est aussi de son devoir de veiller sur les lieux de culte, de nommer les Imams et subvenir à leurs besoins matériels pour les soustraire de l’emprise de groupes ou d’individus occultes.

Les Imams doivent être des théologiens bien formés afin d’expliquer aux pratiquants leur religion. La Zitouna doit retrouver son rayonnement d’antan et cesser de relayer le discours politique du parti au pouvoir. Aucune mosquée en Tunisie ne doit constituer une tribune pour un Imam voulant devenir un homme politique.

Dans un pays moderne, la politique se fait à l’extérieur des lieux du culte dans un cadre défini par la loi garantissant à chacun de nous le droit d’expression d'association et de vote libre.

L’Islam appartient aux 11 millions de Tunisiens et s’adresse à chacun de nous sans intermédiaire humain. On peut en déduire à chacun son Islam comme pour chaque pays son Islam et son interprétation de ce dernier. L’Islam de la Tunisie a toujours été raisonnable, bon et clairvoyant. N’ayons ni honte ni complexe et assumons-le.

En Tunisie les adeptes d’un Islam militant pour qui la réponse aux maux de la société tunisienne se trouve dans l’application de la chariaâ et à un retour aux valeurs des « salafs » son totalement dans le champ. La chariaâ a été instaurée par l’homme à travers l’histoire islamique et a souvent répondu à des exigences des temps passés. Elle a aussi été modulée à travers l’histoire par les dynasties successives dans les territoires musulmans pour asseoir leurs emprise et pouvoir. Plus grave encore, les sources de la chariaâ se sont bizarrement élargies. Elboukhari a recueilli dans les trois cent hadiths de notre cher et bien aime prophète. Aujourd’hui, on lui en attribue dans les 50 000. C’est une aberration et une insulte a l’esprit du prophète et à ses fidèles en 2006. Je dis aux adeptes de cette ligne appelée communément « islamiste » que les Tunisiens ne peuvent délaisser leur Islam authentique pour adhérer à un islam kidnappé prônant une fausse interprétation de la foi de Mohammed que Dieu protège son message.

L’accaparation de l’Islam et l’appellation d’islamistes qu’ils se sont attribués me laissent perplexe. J’ai l’impression qu’ils se sont appropriés la religion et que le reste du peuple majoritaire heureusement n’est pas vraiment musulman de leur point de vue. Je me permets de rappeler à ces gens que Okba Ibn Nafaa est passé par la Tunisie depuis la nuit des temps date depuis laquelle tous les Tunisiens se sont islamisés.

J'ignore si mon optimisme est téméraire mais cette mouvance est minoritaire mais non insignifiante dans notre pays. Elle est l’effet direct de l’injustice et de l’aveuglement du pouvoir de B. Ali. Elle est aussi la résultante d’une politique qui impose la bouche cousue aux citoyens. L’interdiction de toute expression critique des décisions du palais de Carthage, la multiplication de construction de palais présidentiels à côté des palais déjà érigés par Bourguiba, l’immunité juridique dont jouissent les nombreux membres de la famille et proches de B. Ali et le démantèlement de l’enseignement des vraies valeurs de l’Islam dans nos programmes scolaires ont fait de nos jeunes une cible facile et privilégiée pour des idéologies pseudo musulmanes. Tous ces ingrédients ajoutés à un catalyseur puissant qu’est en l'occurrence la politique de répression et de l'arbitraire font de l’extrémisme une réalité et un danger que la société doit impérativement endiguer.

Les Tunisiens en ont la capacité et l’habileté. La Tunisie a été un rempart de taille dans le monde arabe contre la doctrine nassérienne et baathiste de panarabisme aveugle et éphémère. La Tunisie peut et doit affronter l’obscurantisme qui souffle sur le monde arabe. Nous devons et allons montrer à tous les musulmans que notre religion n’est pas seulement moderne mais qu’elle est l’essence même du modernisme. Comme dans leurs visions panarabes des années 60, les masses arabes se sont heurtées à un mur et ont finit par rejoindre les théories tunisiennes, on doit leur indiquer le juste chemin à suivre dans l’endiguement de la défiguration du vrai Islam.

Je ne peux cacher mon admiration et ma fierté d’appartenir au peuple tunisien devant son refus majoritaire d’un Islam dénaturé. Ma confiance est inébranlable devant un tel choix malgré la vie quotidienne pleine de soucis et d’injustices imposées à mes compatriotes. On ne cédera pas à l’obscurantisme malgré les agissements de B. Ali qui poussent tout un peuple dans ce tunnel. Chaque Tunisien a été éduqué dans l’amour de son frère Tunisien. Nous aimons nos mères, nos sœurs, nos filles et nos uniques épouses. On est éduqués, largement alphabétisés et je dirai avec le sourire génétiquement rusés. Je dis à B. Ali premier responsable de la montée de l'intégrisme qu’on va lui soutirer le tapis sous les pieds et lui ôter tout alibi pour rester au pouvoir malgré notre unanime volonté.

                La place de la langue arabe et des langues  étrangeres 
                                      dans la Deuxième République

La Tunisie doit veiller à l’enseignement de sa langue arabe de la maternelle à l’université.

Cette politique n’est pas en contradiction avec l’apprentissage d’autres langues afin de puiser des connaissances scientifiques qui ont échappé à la langue arabe depuis des siècles.

Les jeunes Tunisiens doivent être nécessairement de parfaits bilingues – mieux trilingues – afin d’intégrer leur pays dans un monde économique et scientifique en perpétuels changements.

Cette maîtrise des langues autres que l’arabe nous aiderait aussi à changer la terminologie politique, économique et sociale utilisée par la dictature actuelle très proche d’ailleurs de la terminologie employée par les intégristes.

Personnellement, je situe le point faible des Occidentaux dans leur compréhension du monde arabe et de sa classe politique dans leur méconnaissance de la terminologie des discours de leurs pouvoirs actuels. Je crains que les opposants démocrates arabes aient à apporter les correctifs nécessaires a la terminologie de leur discours politique s’ils veulent percer dans leurs opinions respectives.

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