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Avant tout programme

Avant de détailler les grandes lignes de mon programme, je voudrais préciser qu’aucune démarche visant au renouveau en Tunisie ne peut réussir sans la refonte et l’abrogation pure et simple de notre système judiciaire actuel.

L'édification des « palais de justice » s’est multipliée en Tunisie, malheureusement, la justice a déserté ces lieux et je dirai même le pays. S’il y a un fait commun à tous mes concitoyens dans leur aspiration à vivre dans un climat politique et social sain en Tunisie, le délabrement du système judiciaire et l’absence flagrante de justice serait leur première préoccupation. Si je suis élu président, mon premier acte serait de dissoudre le conseil de la haute magistrature, la suspension de tous les juges avec traitement en attendant une éventuelle réinsertion dépendamment des résultats d’une enquête individuelle que devra subir chacun d’eux par une commission d’anciens juges à la retraite connus et reconnus pour leur droiture.

Un secrétaire d’état à la justice sera choisi parmi le corps de la magistrature actuelle. Son nom fera l’unanimité. Sa tâche sera de défaire le système de corruption et d’installer, en coopération avec la commission citée ci dessus des magistrats compétents, blancs comme neige hors de tout doute moral et matériel.

Si Omar IBN Khattab avait préconisé l’abolition du tiers d’un corps pour en sauver les deux tiers restants, je serai très optimiste en pronostiquant la réintégration du tiers du corps de la magistrature actuelle dans une Tunisie juste. Il va de soi que les avocats et les huissiers notaires devront subir la même opération de mise à plat que les magistrats. Ces mesures peuvent paraître radicales pour certains soit, si je réussis à devenir président de la Tunisie, je vous prouverai mon intransigeance concernant l’impartialité de la justice, l’indépendance des juges et l’égalité absolue pour tous devant la loi. Cette sine qua none a l'instauration d’un état de droit prônant la démocratie et le bien-être social pour tous ses citoyens.

Le code pénal doit subir des changements pour s'adapter à une Tunisie démocratique, respectueuse des droits de ses citoyens. Des aspects de ce code sont mal appliqués ou mis aux oubliettes pour ménager les proches du régime dictatorial. Heureusement, la Tunisie ne manque pas de juristes qualifiés qui procèderont rapidement à moderniser nos lois en les adaptant à nos priorités de société tolérante et aux défis économiques du 21e siècle.

Les Tunisiens sont assoiffés de justice dans son sens le plus noble d’égalité et d’impartialité. C’est la priorité de mes priorités dans mon souhait d’accéder à la présidence de la Tunisie. À mon avis, ces mesures sont vitales pour sortir définitivement notre pays du sous développement. Il n’y a guère de développement durable sans un appareil judiciaire sain et indépendant.

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