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                         Le milieu du travail

En Tunisie, le monde du travail se cristallise autour d’une fracture sociale entre employés et employeurs. Pour de raisons politiques propres à toute dictature opérant dans un cadre économique libéral, cette dualité est entretenue par le régime depuis l’indépendance. Face à ses deux pôles distincts, l’État se confine derrière un rôle d’arbitre pour mieux les départager en tirant les ficelles pour sa mainmise sur l’évolution du pays. Pour atteindre son objectif, il a toujours contrôlé l’UGTT unique syndicat autorisé malgré les velléités d’indépendance de certains de ses cadres historiques. Cette organisation des masses laborieuses a toujours été noyautée par le parti au pouvoir qui ne lésine sur aucun moyen pour y parvenir. Le régime a malheureusement toujours réussi à vider l’UGTT de sa substance de lutte syndicale, en lui imposant des directions à qui on a ouvert les caisses de l’État pour assouvir leurs intérêts personnels en contrepartie de la mise en bémol des revendications de leurs syndiqués. Les débordements de ses derniers de plus en plus fréquents de nos jours sont un signe d’essoufflement de cette conduite des affaires syndicales. Quant à l’UTICA, organisation qui regroupe les patrons des entreprises tunisiennes, elle est réduite à un simple rôle de figurant. Pour conserver son poste de secrétaire général de cette organisation, l’actuel Patron des Patrons n’a pas trouvé mieux a faire que de marier ses deux filles instruites, à deux jeunes incultes de la famille de Ben Ali, seul vrai Patron en Tunisie.

Pour la réussite de la démocratisation de notre pays on se doit de s’éloigner de cette bipolarisation imposée par une révision de notre conception du travail et de la multiplicité de ses aspects dans une société en pleine évolution.

Dans un pays démocratique, le Droit régit les relations entre ses concitoyens égaux en droi,  dans le respect de la différence de chacun. Tout conflit entre groupes sociaux et économiques doit être résolu par des négociations. À défaut de consensus entre les parties, l’État peut se réserver le droit d’imposer une solution pour préserver l’intérêt général de la Tunisie.

Le dernier arbitrage revient au peuple tunisien lors d’élections périodiques toutes les quatre années en dénonçant le président et sa majorité ou en l’appuyant. Sans renier le droit à l’usage des moyens de pression pour les différents groupes de travailleurs afin de faire aboutir leurs revendications, une Tunisie qui aspire à la démocratie doit se doter d’une législation claire dans la gestion du travail et de ses conflits afin de se prémunir contre tout dérapage social néfaste à sa paix sociale.

C’est dans l’esprit de distribution du travail, de son développement et de sa rentabilité tout en garantissant l’accession de tous les Tunisiennes et Tunisiens à ce droit que je propose une politique de restructuration des mécanismes encadrant cette activité et la révision du Code de travail en Tunisie.

Démocratisation de la vie syndicale et associative :

L’UGTT a été un grand levier de notre lutte pour l'indépendance, son fondateur, le martyr Farhat Hached demeure dans le cœur de tous les Tunisiens et symbolisera à jamais la liberté et le droit à la dignité de chacun de nous. Comme le néodestour, je considère l’UGTT comme un patrimoine national. L’évolution démocratique de la Tunisie obligera cette institution à départager son rôle syndical avec l’inévitable émergence d’autres syndicats. Un parti unique avec un syndicat unique ne sera plus de mise en Tunisie. Si le néodestour a disparu, l’UGTT demeurera certainement un acteur important de la vie sociale, politique et économique dans notre pays, c’est à elle d’y veiller et non pas à l’État.

Quant à l’UTICA, je veillerai à ce qu’elle disparaisse de la circulation, c’est aux chefs d’entreprises de mettre en place une ou plusieurs organisations patronales qui défendront leurs intérêts. La diversité des métiers dans le monde du travail moderne nécessite une représentativité multiple des intérêts parfois divergents et distincts des différentes catégories socioprofessionnelles.

La législation du travail doit maintenir l’obligation à tous les travailleurs en Tunisie d’adhérer à une organisation syndicale afin de donner une crédibilité à toute négociation touchant à leurs intérêts. Il est souhaitable que la vie syndicale et associative en Tunisie soit dynamique et source d’idées au renforcement de la démocratie dans notre pays. Le Code du travail actuel est sommairement appliqué et ne répond plus à la réalité contemporaine de nos travailleurs.

Il sera intolérable d’embaucher une personne sans l’avoir déclarée préalablement à la sécurité sociale. Une notification à cette dernière avant tout recrutement sera obligatoire et assujettie à une loi pénale sévère en cas de contravention. Si un gouvernement démocratiquement élu a le devoir d’être transparent, il est logique que le citoyen en fasse de même dans l’intérêt de la collectivité. Le travail au noir est une pratique courante et généralisée qui doit définitivement être rayée de nos moeurs du travail. Il en va du financement et de la qualité des services sociaux que l’État a l’obligation d’offrir à tous les Tunisiennes et Tunisiens.

Les syndicats seront activement associés à la gestion des fonds de la sécurité sociale qui doit cesser d’être un butin dont l’État se sert à sa guise.

À mon élection, j’organiserai un forum national du travail qui révisera le Code du travail et les mécanismes régissant les différends entre ses acteurs. Une concertation franche et responsable à ce sujet demeure le meilleur moyen pour l’aboutissement d’un projet aussi délicat.

Je ne peux passer sous silence l’effroyable justice tunisienne dans les procès de ses chambres de prud'hommes. C’est la place préférée de certains juges et avocats corrompus qui manœuvrent en commun pour soutirer au justiciable, des pourcentages énormes suites a des indemnités accordées lors de procès montés.

Malgré cette mascarade qui se déroule au vu et su de toute la population, Ben Ali qui n’a jamais omis d’utiliser le terme de transparence dans tous ses discours ennuyeux. Sa formule de « justice sociale » aussi, inlassablement répétée est un leurre que même les jeunes enfants ont décrypté.

Dans une Tunisie libérée du joug de la dictature, l’accès au travail serait un droit inaliénable pour tout citoyen tunisien. Chaque travailleur doit y retrouver sa dignité par un travail rigoureux revalorisé. Dans ce sens si je suis élu a la présidence de notre pays je conduirai une politique économique agressive pour lutter contre le chômage élevé dans notre pays. Je veillerai aussi a rehausser de 50% le salaire moyen des travailleurs afin d’insuffler une petite touche de justice sociale dont la Tunisie a tant besoin.


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