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La politique extérieure de la Deuxième République

La Tunisie est détentrice d'un siège au sein de l’assemblée générale de l’ONU et a aussi adhéré à la charte de celle-ci. En foi de quoi elle doit assumer pleinement ses responsabilités vis-à-vis de cet organisme ainsi qu’aux traités internationaux auxquels elle a soussignés .

La Tunisie possède des frontières reconnues internationalement. Nous n’avons heureusement aucun litige territorial avec aucun des pays voisins.

La Tunisie est un pays pacifique et totalement libre de coopérer économiquement ou militairement avec les pays qu’il choisit en rapport avec ses besoins et intérêts. Un pays démocratique doit naturellement coopérer en priorité avec les pays qui ont le même système que lui et une même vision de coopération pour le bien-être de ces citoyens et du monde en général.

Malheureusement, en ce début du 21e siècle, une grande partie des pays sont antidémocratiques. La Tunisie doit coopérer avec ces pays selon les normes du respect international et inciter, par sa voix modeste mais ferme dans toutes les tribunes et instances internationales, à l’évolution de tous les pays vers la démocratie, seule voix de développement durable.

Dans son environnement immédiat, c’est-à-dire le Maghreb arabe, la Deuxième République appellera à la constitution d’un marché économique commun des pays d’Afrique du Nord incluant l’Algérie, le Maroc et la Tunisie et mettre en veilleuse notre participation à l’union du Maghreb arabe actuel. Ce dernier a montré et démontré ses limites comme la ligue des États arabes d’ailleurs.

Les trois pays du marché commun d’Afrique du Nord seront mis sur une voix démocratique. Ils ont des similitudes évidentes dans leurs structures sociales, culturelles et économiques dans leurs sociétés respectives à coordonner et a développer par étapes réfléchies dans un consensus tripartite.

Si elles le désirent l’Égypte, la Libye et la Mauritanie pourraient devenir des partenaires privilégiés dans ce marché commun et s’y intégrer dans un proche avenir. L’union économique est la première étape à réaliser pour aspirer à une union politique de ces trois pays.

Quant à la Ligue Arabe, une nouvelle république en Tunisie doit y entreprendre une action symbolique pour ne pas dire de laisser cette institution provisoirement dans l’attente de l’émergence d’une majorité de pays arabes démocratiques.

Il est à noter qu’à la naissance de la Deuxième République de Tunisie, il sera signifié à l’organisation des ministres de l'intérieur arabes de s’installer ailleurs qu’à Tunis.

Il serait impensable pour une démocratie d’accueillir sur son sol une organisation de ministres qui se complaisent a l'égard des prisons « d’Aboughrib » dans leurs pays et qui s’en indignent quand il s’agit de l'existence de ces mêmes systèmes d’incarcération dans d'autres pays.

La ligne directrice de la politique étrangère de la Deuxième République envers les pays arabes doit se résumer comme suit : instaurer l’égalité entre les deux sexes, démocratiser vos systèmes, seule voie à une évolution du monde arabe et seule issue à tous ses problèmes actuels. Il est a noter que la Tunisie comprend que chacun a ses réalités et ses contraintes propres.

La Tunisie doit reconnaître à l’Algérie et au Maroc une évolution certaine vers la démocratie et doit les inciter à faire d'avantage surtout pour légaliser définitivement l’accession de la femme sur tous les plans à l’égalité avec les hommes. Notre pays devra corriger sa coopération avec ces deux pays afin de maintenir l'équilibre stratégique de sa politique régionale. Dans ce sens la deuxième république oeuvrera au renforcement de nos relations traditionnelles avec le royaume chérifien pour les rehausser au niveau de nos relations actuelles avec l'Algérie soeur.

La Deuxième République de Tunisie appellera dans sa politique arabe et internationale à régler les conflits selon les résolutions de l’ONU et dans l’esprit de sa charte en tenant compte des réalités actuelles de chaque litige ou conflit.

Le premier de ces conflits et qui touche la Tunisie et son opinion est bien sûr la cause palestinienne. Les Palestiniens sont en train de réussir l’exploit de perdre leurs droits légitimes sur leur terre ancestrale en s’appuyant continuellement sur le non droit international. Malheureusement, l’État d’Israël est une puissances qui n’atteindra jamais la grandeur que se sont assignés à lui donner ses fondateurs mêmes tant qu’il n’aura pas la lucidité et le courage de souscrire à une paix des braves avec les Palestiniens.

Comme l’a rappelé Bourguiba et nous mêmes dans notre deuxième République devons le rappeler indéfiniment, les Palestiniens et les Arabes qui les soutiennent dont la Tunisie comprise n’ont d’autres choix que de reconnaître la légalité internationale et de s'y plier. Ils doivent reconnaître l’État d’Israël dans ses frontières reconnues par l’ONU et son droit à une existence pacifique à l’intérieur de ses frontières.

Il est urgent pour les pays Arabes de renoncer à l’idée de détruire Israël ou de se servir de sa reconnaissance comme d'une carte de négociation. On a le devoir de le souligner avec force de manière claire et nette. Agir autrement serait très nuisible aux Palestiniens dans leur lutte pour la création d’un État avec Jérusalem comme capitale. Jérusalem doit pouvoir abriter deux capitales pour deux pays distincts.

Il est de l'intérêt commun des Juifs et des Musulmans de créer une troisième entité indépendante à Jérusalem. Celle-ci se localiserait dans l’église de la Nativité territorialement sous l'égide du Vatican. Jérusalem serait définitivement une propriété aux 3 grandes religions monothéistes et moralement attachée aux trois milliards de croyants émanant de ces grandes religions.

Quant aux Israéliens et aux Palestiniens, ils demeureront toujours dans un écoulement de sang inutile tant que chacun d’eux n’assimilera pas définitivement que le règlement de ce conflit doit aboutir le plus tôt possible sinon immédiatement à :

  • L’arrêt immédiat de la violence des deux côtés avec l’obligation de faire part d’une bonne volonté de chaque part à aider l’autre dans ce sens. La communauté internationale doit encourager massivement les deux parties à aller dans cette voix.

  • La négociation directe entre les deux protagonistes autour d’une table encadrée et assistée par la communauté internationale avec les États-Unis d’Amérique en premier plan.

  • Accoucher d’un règlement raisonnable pour les deux parties sur la base des résolutions onusiennes sachant qu’il sera incomplet pour chacun d’eux. C’est le prix mutuel et commun qu’ils devront payer pour apporter la paix à leurs peuples respectifs.

La Deuxième République aura intérêt comme tous les autres pays à la conclusion d’un règlement définitif de ce conflit source probable d’autres secousses politiques imprévisibles dans notre monde actuel et futur.

Il est évident que la Tunisie apportera un soutien illimité relativement à ses moyens pour la conclusion d’un tel accord et pouvoir coopérer avec un Etat d'Israël respectueux de la légalité internationale et intégré dans son environnement régional. La Tunisie devra aussi aider les Palestiniens à jeter les bases d’un État démocratique seule voix à leur épanouissement. Je suis convaincu qu'une Tunisie démocratisée avec son île de Djerba, lieu modèle de cœxistence pacifique entre Musulmans et Juifs serait un cadre naturel aux Palestiniens et Israéliens pour entamer des pourparlers constructifs afin de parvenir a un règlement définitif de leur contentieux vieux de soixante ans.

La Tunisie aura a faire entendre sa voix modérée au sein de l'organisation de Etats Islamiques pour y défendre les valeurs des 90% de Musulmans sunnites qui la composent. Tout en appelant à une coexistence pacifique avec les chiites et leurs droits d'avoir leur Islam notre pays soulignera avec clarté sa divergence avec certains pays quant aux moyens de gouverner et de mener à bien sa politique de développement.

La Deuxième République devra s’atteler à renforcer sa coopération actuelle avec l’Europe - la communauté européenne particulièrement -. Il est évident que le régime actuel applique une politique étrangère désordonnée envers l’Europe dont les causes sont d’ordre politique et un désarroi total dans l’application d’une stratégie économique d’exportation adaptée à la nouvelle donne économique mondiale.

De part ses relations séculaires privilégiées avec les pays d'Europe et le degré de maturité politique de son peuple la Tunisie de demain sera certainement un modèle dans sa coopération avec l'Union Européenne. Dans cette optique et sans pour autant vouloir en être membre la Tunisie aura les atouts nécessaires pour demander son accession a un statut de pays privilégié auprès de l'Union Européenne. En effet une telle démarche offrirait des avantages stratégiques évidents pour les deux parties : La Tunisie pourrait décoller économiquement grâce aux fonds structurels accordés par l'Union Européenne a ses nouveaux adhérents a l'instar des anciens pays du bloc de l'est.

Une fois la Tunisie démocratisée, elle s’activera à mettre en place une politique d’exportation agressive. La majorité des efforts diplomatiques du pays devront converger vers le renforcement de nos échanges avec l’Union européenne et l’Amérique du Nord où nos exportations sont nulles, malgré l’énormité de ce marché et sa gigantesque capacité à importer tunisien. A cet effet Il faudra remédier au noyautage de nos ambassades et consulats par les agents du ministère de l’Intérieur qui forment l’essentiel de notre corps diplomatique et du personnel opérant dans les différentes missions tunisiennes à l’étranger.

La Tunisie devra aussi développer ses relations avec l’Asie et l’Australie, marchés vierges pour nos produits. L’Afrique étant notre continent, une coopération avec les pays africains surtout les pays démocratiques est à renforcer. J’estime que la Tunisie peut apporter beaucoup aux Africains comme ces derniers à la Tunisie sur tous les plans. Dans ce cadre notre pays devra renforcer sa présence au sein de l'Union Africaine et prendre part activement aux solutions des problèmes du continent.

En conclusion, je dirai que la Deuxième République doit être consciente de la petitesse de son territoire, et du poids démographique moyen de sa population mais devra s'atteler à être un modèle de pays émergeant dont la population entière doit être dirigée vers l’instauration de la paix dans le monde et vers le progrès économique de la Tunisie.


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