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Programme de politique intérieure

En Tunisie depuis l'indépendance, la vie politique est polarisée par un seul homme. Le Président de la république est devenu un mythe dans l'inconscient collectif. On attend tout de cet être suprême et on vit accroché à ce qui va couler de ses lèvres, ce relativement a nos modes et niveau de vie, ou à nos espoirs et réussite, etc...

Il est temps pour les Tunisiens de s'assumer en adultes responsables, capables de choisir un président à notre service et non plus servir collectivement un homme pour satisfaire ses tendances schizophrènes. L'existence du Parlement actuel pour qui des Tunisiens ont sacrifié leurs vies demeure une simple appellation, son seul moteur se résume dans l’approbation de lois que lui ordonne de promulguer l’exécutif.

Je n’ose même pas soulever la vie municipale, sachant comme vous restes tous qu’on y a installé des gens pour servir les proches de Ben Ali et du régime, tout en leur permettant de se servir eux-mêmes en deuxième position. S’il y a des restes, ils iront au peuple tunisien bien sûr. Pour remédier à cet état navrant de notre vie politique, je propose au peuple tunisien de dépoussiérer la constitution et de la munir de 4 amendements inviolables par référendum.

1er Amendement : La Tunisie est une république dont la religion est l’Islam et la langue est l’Arabe.
2e Amendement : La République garantit à chaque Tunisien et Tunisienne l’égalité des droits, à l’enseignement, à la justice et la liberté de s’exprimer et d’associer. Elle garantit aussi la protection et la sécurité du citoyen et de ses biens.
3e Amendement : La Tunisie est gouvernée par un président élu au suffrage universel pour un mandat de quatre ans renouvelable deux fois. Toute personne proposant le dépassement de cette période de 12 ans maximum s’expose à de lourdes peines d’emprisonnement.
4e Amendement : Le peuple élit un parlement qui veille à l’application de la constitution, promulgue les lois et contrôle l’exécutif.
Ces amendements votés, ils seront mis sous scellée afin d’assurer leur éternelle inviolabilité. Quant au mode de gouvernement, je propose l’abolition du poste de Premier ministre. Cette fonction a servi à Bourguiba malade comme court-circuit pour le protéger politiquement. Ben Ali en fit l’inverse en réduisant ses premiers ministres à de simples porte-paroles présidentiels. Un président élu doit former son gouvernement avec un exécutif dont il assumera pleinement la responsabilité devant le peuple et le Parlement.

Il est souhaitable d’abolir le titre de ministre pour la remplacer par secrétaire d’État pour deux raisons :

  1. La fonction de ministre dans notre histoire est synonyme d’une personne au service du roi et de son État et non au service du peuple. Ayant opté pour un régime républicain, le titre de ministre, à mon point de vue, est très monarchique. L’appellation de secrétaire d’État est plus humble pour un régime qui se veut proche de ses concitoyens. Il est à noter que cette désignation a été abolie par Bourguiba au début des années 70.

  2. A l'échelle régionale il serait impensable de garder le titre de gouverneur "ouali" qui suppose la mise sous tutelle des citoyens tunisiens en les considérant inaptes a être responsables de leur destin.

Tenant compte de la situation actuelle de la Tunisie et de l’énormité de la tâche de son redressement, il est vital pour notre pays d’avoir un exécutif dominant dans la gouvernance du pays sans pour autant avoir les mains libres pour agir à sa guise. Un Parlement élu par le peuple est un contre pouvoir nécessaire à l’équilibre d’un système politique sain. Ce parlement doit critiquer les propositions gouvernementales et les orienter vers une approche plus territoriale et réaliste. L’ensemble des élus est plus proche du citoyen et de sa diversité à travers la Tunisie qu’un secrétariat d’État. Pour le bien-fondé de notre pays, une coopération franche, débarrassée de sous-entendus de politique politicienne entre l’exécutif et le législatif serait la meilleure garantie pour l’instauration d’une démocratie dans notre pays. La ligne de partage entre les deux pouvoirs doit être l’application des règles constitutionnelles et le respect de chacun dans son rôle.

 La politique municipale est la pierre d’achoppement solide d’une démocratie. Je propose qu’elle soit encadrée et soutenue par la Constitution. Les mairies et leurs conseils municipaux doivent refléter la volonté des électeurs et cesser d’être des outils d’émissions de permis d’enrichissement pour les proches du pouvoir.

A cet effet, je veillerai a l'élargissement des prérogatives des conseils municipaux  dans cestion de la vie économique et culturelle des circonscriptions. S'il revient a l’exécutif de tracer les grandes orientations de la politique du pays, c’est aux mairies que revient le rôle et la liberté d’application des plans d’urbanisme, de transport et d’assistance sociale. Les conseillers municipaux sont des élus, et n’ont de comptes à rendre qu’à leurs concitoyens dans le cadre de la loi bien sûr.

La séparation et le non-cumul des mandats parlementaires et des conseillers municipaux sont nécessaires pour une participation plus nombreuse des Tunisiens à la vie politique. L’interdiction pour un citoyen d’accaparer plus de trois mandats d’élu municipal ou parlementaire ne peut que vitaliser la vie politique en Tunisie et permettre au maximum de citoyens d’y participer sans en faire un métier.

J’ai choisi de vous proposer un cycle d’élection de quatre ans pour la présidence de la république, la députation ou l’élection municipale. J’estime que 5 ans ou plus est une période trop longue pour un mandat d’élu, le cycle de quatre ans est plus apte à répondre aux orientations populaires dans un monde où les changements sont plus rapides et brusques qu’avant. Ce mode de scrutin a aussi l’avantage de garder l’élu plus proche de ses électeurs en ayant toujours à l’esprit que les futures élections ne sont pas lointaines.

Ce modèle politique offrira l’avantage aux Tunisiens de participer à la vie politique tout en permettant continuellement à sa classe de se renouveler. Le pouvoir use et le détenir plus de douze ans dans une démocratie dynamique est néfaste aussi bien pour le bien de la Tunisie que pour ses élus. Un tel cycle d’élection facilitera à de nouveaux acteurs politiques de s’épanouir et de s’affirmer pour mieux répondre aux aspirations de la masse .

Les Tunisiens ont été trop déçus et désabusés par les amendements répétés de la Constitution pour des fins personnelles de ces deux Présidents.

La déclaration d’une deuxième république nous libérerait de notre  sombre en matière démocratique et républicaine. Elle nous aiderait aussi à enseigner à nos enfants cette période sombre de notre histoire, comme la période coloniale avec objectivité afin qu’ils soient vigilants dans leurs acquis et ne retombent jamais dans le  piège des générations précédentes.

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