Avec une ifrastructure qui compte 700 hôtels, la Tunisie a accueilli en 2005 6,5 millions de visiteurs européens et maghrébins. Ce nombre important de visiteurs a choisi de passer ses vacances dans notre beau pays pour la qualité de ses infrastructures touristiques et de son climat sécuritaire apprécié. Le gouvernement tunisien a surtout mis en avant pour cette année 2005 les 2500 MDT en devises étrangères générées dans les recettes de change de la Tunisie. Il nous apprend aussi avec grande satisfaction que cet apport en recette de 2500 MDT dépasse pour la première fois celui de l'année 2001 date depuis laquelle le tourisme dans notre pays a beaucoup souffert. Une lecture superficielle de ces chiffres peut laisser croire que le régime du 7 novembre 87 a accompli des miracles dans le domaine du tourisme en Tunisie.




Je constate malheureusement comme beaucoup de mes compatriotes l’évidence des mensonges promotionnels de cette politique entretenue par le régime dans son but habituel de tromper l’opinion internationale quant à la gravité des problèmes du tourisme en Tunisie et de sa descente aux enfers.
Comment expliquer q'un nombre d'étrangers dépassant la moitié de la population tunisienne, c’est-à-dire 6,5 millions d’étrangers, aient choisi de voyager en Tunisie en 2005 alors que le désir collectif, pour ne pas dire le rêve de tous les Tunisiens surtout de ses jeunes est de fuir leur pays vers d’autres cieux. Malheureusement, la Tunisie est un pays où il fait bon vivre pour les étrangers seulement et qui s’est transformée en enfer pour ses originaires.
Cette réalité se répercute inévitablement sur la qualité d’accueil des étrangers dans notre pays. Comment peut-on bien recevoir un visiteur chez soi en percevant sa demeure comme un enfer ? En effet, les touristes perçoivent une nonchalance et un désintérêt dans les services qui leurs sont offerts, ils sont même victimes d’une nouvelle agressivité verbale et de comportement dans nos souks et les rues de nos villes.
Comment croire que les recettes touristiques en devises étrangères de l’année 2005 ont dépassé celle de 2001 ? En valeur absolue, les 2100 millions de DT d’il y a 5 ans sont supérieures au 2500 millions de DT en 2005. De combien a été désapprécié le dinar tunisien depuis 2001 ? Sans ignorer bien sûr les investissements importants consentis dans le domaine depuis cette date. À force d’exhiber ses moyens sécuritaires dans les zones touristiques, les touristes en premier finissent par prendre peur en s’enfermant dans leurs hôtels et limiter au minimum leurs déplacements dans nos villes.
Cet enchaînement d’aspects négatifs à côté de bien d’autres a fini par l’installation d’un tourisme de bas de gamme dont les bénéfices escomptés pour l’économie tunisienne sont largement inférieurs aux capacités réelles de la Tunisie.
Avant d’énumérer les mesures que je préconise pour le redressement de ce secteur clé de notre économie, je ne peux m’empêcher de comparer nos prétendus résultats dans ce domaine avec d’autres pays méditerranéen. Le touriste en Tunisie dépense de deux a cinq fois moins qu’un touriste en Grèce, en Egypte ou au Maroc.
L'idée préconçue selon laquelle le tourisme est l'apanage des pays pauvres est infondée. Les destinations les plus prisées a travers le monde sont les villes et les pays les plus développés. La France, l’Espagne et les USA en sont les meilleurs exemples. Le touriste, conception des années 60 et 70, qui vient se baigner sous le soleil en cherchant l’exotique est révolu.
Les maux dont souffre le tourisme en Tunisie sont essentiellement d’ordre structurel et environnemental. Nier cette réalité et refuser d’y apporter les ajustements nécessaires ne peut que nous installer indéfiniment dans cette crise conjoncturelle aux effets plus néfastes d'année en année. La conception du tourisme en général et la politique touristique sont totalement à réviser dans une Tunisie pragmatique et libre.
Dans le cadre de mon élection je vous propose l’application d’un plan à long terme qui tranche avec l’aveuglement de la politique touristique actuelle.
Ciblage de la clientèle touristique :
Il est doublement urgent de reconquérir les touristes de qualité des années 70 pour qui la Tunisie était une destination favorite. Stratégiquement, à court et à long terme, le tourisme de « masse » a un sombre avenir sur le marché mondial du tourisme. Sans délaisser cette clientèle dans l’immédiat, il est urgent que notre pays attire une clientèle aisée dans nos hôtels. Les touristes qui font la queue à 7h du matin pour se remplir le ventre et jeûner la journée en attendant de souper a 18h est un spectacle courant dans nos hôtels tunisiens. Plus amusant encore, on rencontre de plus en plus de touristes qui essaient a la fin de leurs séjours de vendre leurs effets personnels à des employés d’hôtels pour avoir les moyens de se payer une boisson sur la plage. Ça me rappelle un proverbe populaire : « Un dénudé qui essaie de s’approprier les vêtements d’un mort ». Sur cette lancée, on finira par héberger une qualité de touristes mendiant une cigarette auprès du citoyen.
La Tunisie est devenue essentiellement la destination d’une clientèle à faibles revenus dans son pays d'origine et qui se permet de faire les touristes en Tunisie a la faveur des prix bradés de notre produit. Des touristes qui achètent leurs boissons dans les épiceries n’est pas la clientèle que je dois prioritairement viser pour le bien économique de notre pays.
Les pays développés ont opté pour des choix ciblés dans leur recrutement d’immigrés. C’est leur droit le plus absolu. Il serait de notre devoir pour le bien économique du citoyen tunisien de cibler nos touristes.
Dans un calcul de résultats opposé à celui présenté par le régime de Ben Ali, ou le calcul des coûts est transparent, il est facile de démontrer que le coût moyen du touriste surtout non maghrébin est largement subventionné par le trésor tunisien. C’est la politique de l’artificiel et d’un secteur soumis à la même méthode de respiration.
Tenant compte de l’augmentation significative des prix de l’or noir dans les décennies à venir et ses répercussions sur les prix des transports, la gamme des touristes qui remplissent nos hôtels en 2005 s’orientera forcément à consommer un produit touristique local qui lui sera offert chez elle. Dans vingt ans, s’offrir des vacances en voyageant sera un produit de luxe d’où la nécessité de nous préparer à cette évidence par le ciblage d’une clientèle étrangère aisée tout en rehaussant le niveau d’achat des Tunisiens pour qu’ils forment la future ossature de notre clientèle touristique. Afin d’atteindre cet objectif, notre industrie touristique doit nécessairement se doter des moyens suivants :
Mise à niveau des services et modernisation des activités de loisirs : Les brochures de voyages à destination de la Tunisie offertes à l’étranger aux touristes potentiels reflètent des hôtels et une infrastructure moderne, impressionnante par sa grandeur et son luxe. Des photos de nos plages paradisiaques avec quelques prises de vue de souks complètent le décor. Après leurs voyages, le constat des visiteurs est unanime à souligner l’ennui et la médiocrité des services dispensés qui a entouré leurs séjours.
La Tunisie a acquis la triste réputation de destination ennuyeuse ou hormis de se baigner et bronzer, il n’y a pas vraiment grand chose à faire. La politique ultra sécuritaire de Ben Ali a fait que même les touristes se mettent au lit à 9 heures du soir. C’est le pays de la quiétude dans son sens le plus absolu. Si un touriste décide de se hasarder tard le soir, le nombre effrayant d’agents de police et leurs véhicules délabrés avec un seul phare ou un amortisseur brisé finit de les dissuader définitivement de ne plus s’aventurer hors de leurs hôtels à des heures pareilles.
Le soir, un petit tour en voiture sur l’île des rêves de Djerba ou a Zanzis dans le sud tunisien comme dans les zones touristiques de Hammamet ou de Tabarka dans le nord laisse croire à un couvre-feu instauré. Pendant la journée, on perçoit un grand nombre de touristes qui se baladent dans les souks et les rues des villes touristiques sans trop s’empresser de consommer. Notre pays a investi un argent fou dans la construction d’hôtels en négligeant superbement les aspects de divertissement et de loisirs qui nécessitent, eux aussi, des investissements conséquents. Chaque hôtel a embauché quelques jeunes animateurs mal formés pour animer quelques activités et spectacles de bas étage pour divertir ses clients. L’autre aspect de divertissement offert à nos touristes se résume dans des activités de sport nautique très lucratives que les proches du régime n’ont pas tardé à monopoliser l’exploitation commerciale.
1) Pour pallier à cet aspect défaillant de notre industrie touristique, je préconise l’arrêt pur et simple de construction de nouvelles unités hôtelières ou l’agrandissement des unités déjà existantes. La Tunisie a une capacité de 200 000 lits, faut-il commencer à les exploiter convenablement et augmenter leur taux d’occupation lamentable de 68% dans un pays où il y a 8 mois de soleil.
2) L’obligation pour les hôteliers de recruter une main-d’œuvre qualifiée détentrice de diplômes d’écoles touristiques : Il est aussi dans la logique économique que les unités hôtelières soient gérées par des cadres – directeurs ou autres – détenteurs de hauts diplômes. Il est fréquent de nos jours que nos unités hôtelières soient gérées par des cadres qui n’ont malheureusement aucune expérience ou aptitudes en gestion hôtelière. La plupart de nos hôtels est gérée sur un modèle d’affaires familiales. Les hôtels sont le pied à terre du touriste dans notre pays et leur gestion n’a rien à voir avec la gestion d’un magasin familial.
3) La définition et la délimitation du rôle commercial des unités hôtelières : Les halls de nos hôtels se sont transformés en centres commerciaux qui ne répondent à aucune norme d’exploitation commerciale. On y trouve différents types de commerce directement concurrentiels aux commerces auxquels doit nécessairement recourir le touriste pendant son séjour hors de son lieu d’hébergement. Sincèrement, je ne vois pas l’utilité d’un magasin d’artisanat, de tapis, ou de développement de photos rattaché à une épicerie qui offre sur ses tablettes des cigarettes et des shampoings. Le gouvernement, en collaboration avec les municipalités, se doit de définir les activités commerciales permises dans les enceintes hôtelières. Ces lieux doivent par exemple servir à la promotion du Made in Tunisia de nos produits agricoles comme la vente d’huiles d’olive bien embouteillées que le touriste doit découvrir pendant son séjour en Tunisie. Une telle démarche commerciale incitera le touriste à son retour dans son pays de consommer les produits tunisiens qu’il a découverts pendant son voyage.
La culture tunisienne doit aussi avoir sa place de citée dans ces galeries commerciales actuelles. Nos peintres comme nos sculpteurs et autres doivent avoir la possibilité continue d’exposer et vendre leurs produits aux clients des hôtels. Ces derniers doivent impérativement s’intégrer dans le circuit promotionnel de nos exportations agricoles et culturelles. Comme vous le savez, la majorité de nos hôtels sont implantés en bord de mer. L’État a permis l’exploitation de nos plages aux hôteliers en leur permettant d’installer des espaces de fauteuils de plage avec certaines commodités comme des bars plages, des sandwicheries, etc.
La plage tunisienne est un bien national auquel tout Tunisien a droit. L’aménagement de tels espaces pour touristes est nécessaire pour agrémenter le séjour du touriste Les municipalités doivent étendre ce genre d’aménagements aux nombreuses familles tunisiennes qui veulent légitimement profiter de ce don de la nature que sont nos plages. Il demeure qu’il n’est pas socialement juste de laisser exclusivement les hôteliers régir l’activité. Les promoteurs hôteliers ont largement profité de subventions directes comme le prix d’acquisition dérisoire des terrains sur lesquels ils ont implanté leurs projets ou indirectes dans les mesures d’accès aux différents crédits d’investissement.
L’aménagement de ces espaces de plages sera confié à des jeunes Tunisiens qualifies au chômage. Dans ce cadre, je prévois la création de 1000 entreprises de jeunes à qui l’État confiera des permis d’exploitation d’espaces de plage a aménager d’une durée de trois ans renouvelables sous conditions.
Ces espaces développeront leurs activités pour dépasser le stade de services primaire qu’est la location de chaises longues pour inclure dans leurs activités l’offre de restauration de plage et d’animation de soir pour les touristes étrangers et locaux. Dans ce domaine on doit s’inspirer des pays développés comme l’Espagne. Cette mesure permettra la création de 5000 emplois à court terme et aura des retombées positives sur la qualité de services et de séjours des clients de nos hôtels. Elle incitera aussi les touristes a consommer et a dépenser d’avantage.
Quant au rôle des hôtels, il doit se confiner aux vraies tâches essentielles de services d’hébergement et de restauration de qualité. Les hôtels doivent être des pieds à terre et non des cages dorées pour leurs clients. Le divertissement du touriste et l’amélioration de la qualité de ces derniers ne peuvent s’opérer dans un cadre de confinement. Faire sortir le touriste et lui offrir la possibilité de se divertir pour dépenser son argent en Tunisie sera un but à atteindre pour l’industrie du tourisme.
Je ne doute pas de la bonne volonté de nos exploitants hôteliers dans la mise en application d’une telle politique indispensable à la sauvegarde de ce secteur clé. Ils en seront les premiers a bénéficier.
4) La mise en place d’une industrie de services et de loisirs touristiques : La Tunisie a intensivement investi dans la construction de méga-hôtels, il est temps de pallier le déficit de notre tourisme dans son lamentable manque d’unités de loisirs. Il est impératif pour nos zones touristiques d’offrir des espaces de divertissement de premier ordre de modernité mondiale. L’État incitera par des crédits a l’aménagement d’espaces multiples à ce type d’activités.
Les services offerts au visiteur dès son arrivée sur notre sol sont à repenser et réactualiser en ce début du 21e siècle. De la prise en charge du transport de l’aéroport jusqu’au retour, offrir au visiteur une panoplie de services financiers, de transport, d’Internet jusqu’au spectacle d’animation auquel il peut assister et autres. La Tunisie a un travail énorme à accomplir dans ce domaine aussi vital que les moyens d’hébergement si ce n’est plus.
5) L’implantation d’écoles de formation professionnelles hôtelières spécialisées : À côté du renforcement des écoles existantes, il est nécessaire de former un personnel spécialisé apte à répondre aux exigences et normes des différents métiers d’hôtellerie. Bien que travaillant dans la même unité, la formation d’un réceptionniste est totalement différente dans son aspect technique à celle d’un cuisinier ou à un personnel de ménage. Il est courant de nos jours pour les directeurs de personnel d’hôtels, de faire appel à un jardinier pour pallier le manque d’un barman ou d’un serveur de restauration pendant la haute saison.
Le recrutement de personnel dans nos hôtels et restaurants des zones touristiques se fera prioritairement au sein de ces écoles. L’État doit légiférer graduellement un code de recrutement dans ce sens. L’objectif final serait d’atteindre 100% de personnel hôtelier qualifié. Les hôteliers doivent être vigoureusement appelés à instaurer des stages de formation réguliers nécessaires à l’amélioration constante du niveau de leur personnel afin de répondre aux exigences de la qualité de service attendue par notre clientèle touristique.
6) Redynamisation des offices de tourisme régionaux inertes dans les villes touristiques : Leur fonctionnement doit s’articuler autour des différents aspects qui touchent au séjour du visiteur. Les hôteliers et les différents acteurs économiques du secteur seront invités à participer à la gestion de ses offices dotés d’un personnel jeune et dynamique. Ces offices auront a vulgariser des programmes pour des activités culturelles, de loisirs et commerciales déjà préconisés sous leurs tutelles. Ils seront présents sur le terrain à l’écoute des doléances de nos visiteurs pour les inciter à des sorties agréables et lucratives dans l’environnement socioéconomique agréable et sécuritaire des villes et du pays dans son ensemble.
Dans ce cadre, une coopération de ces offices essentiellement concentrés sur les régions côtières avec les régions de la Tunisie agricole profonde est à vitaliser. Je citerai à titre d’exemple une activité qu’on pourrait multiplier à plus grande échelle. Une forte proportion de touristes de la région de Hammamet serait vivement intéressée à visiter la région du Kef pour prendre part à la moisson céréalière et assister à un spectacle de Fantasia tout en dégustant un couscous traditionnel au Meslan. La belle région du Kef regorge de chômeurs diplômés aptes à créer de petites sociétés de divertissement qui encadreraient de telles activités.
7) Diversification du produit touristique : Les autorités se vantent continuellement d’avoir multiplié le type de tourisme en inaugurant de nouvelles zones dans le sud ou à l’extrême nord du pays. Ils nous parlent aussi parfois de tourisme culturel qui se limite à visiter des ruines romaines ou des musées mal entretenus et sans guides. Les prétendus résultats et retombées économiques de cette diversification sont dérisoires et le fruit d’une politique végétative sans conviction ni ambition. Les causes de cet échec sont multiples et principalement dues à la non préparation environnementale de ces nouvelles régions à maîtriser et à rentabiliser pareilles activités. La politique du régime a cru bon de parachuter une concentration d’hôtels dans des zones vierges n’ayant aucune expérience de la pratique touristique pour crier victoire dans la diversification de notre produit. TABARKA est le meilleur exemple de la politique de planification hâtive et désordonnée de la diversification du tourisme tunisien.
La décision d’exploiter l’énorme potentiel de ce site est bonne en soi vu la richesse et la beauté féerique de cette région. Toutefois, les maladresses dans son implantation en ont fait un pôle touristique faisant figure d’enfant pauvre de nos autres régions balnéaires.
La modestie du niveau de services négligés et l’absence de s’y préparer en parallèle avec la construction de nouvelles unités hôtelières est évidente pour le visiteur. Sans oublier la mise en veilleuse d’activités culturelles d’envergure internationale comme le fameux Festival de jazz de Tabarka transformé en piètre rencontre de musiciens méconnus. Cette manifestation jadis connue pour être un lieu privilégié pour les amateurs du monde entier de ce type de musique a contre tout bon sens humain été mise en veilleuse quand on a décidé d’investir massivement dans la région pour l’édification d’une infrastructure hôtelière et dans l’ouverture d’un aéroport international.
Dans le tourisme comme dans bien d’autres secteurs, la spécificité des politiques des régimes dictatoriaux est d’entreprendre presque toujours les choses à l’envers. La mise en valeur de la région de Tabarka n’a pas échappé à cette douloureuse réalité.
Une politique réfléchie et pragmatique dans une Tunisie libérée du joug dictatorial doit remédier à ses méfaits et à la mise en place d’un vrai programme de diversification du produit touristique en donnant en premier les moyens d’action aux régions concernées dans la formation de cadres et professionnels du métier. Il faut aussi faire appel à des compétences étrangères dans ce domaine comme pour la formation et la gestion d’activités de plongée sous-marine ou de sortie écologique par exemple.
8) Adoucir l’aspect de la visibilité sécuritaire en renforçant la sécurité et la quiétude dans les zones touristiques : Le premier paramètre des touristes voyageurs est le degré de sécurité de la destination qu’ils vont choisir. Lors de leurs visites, ces derniers n’apprécient forcément pas des rues grouillantes de policiers ou des plages régulièrement sillonnées par une police montée. Cette mise en scène grotesque adaptée par le régime pour tranquilliser nos touristes ne peut que produire l’effet inverse chez eux. L’interdiction qui leur est faite par les agents de police de prendre des photos des palais présidentiels – nombreux il faut le dire – ou de sites soit disant névralgiques les traumatise et les insécurise. Il est urgent de repenser cette politique et l’adapter à la quiétude recherchée par le touriste sans oublier notre devoir de veiller à sa sécurité et à celle de tout le peuple tunisien – condition essentielle au développement du tourisme et de toute autre activité économique -.
Dans cette vision, je propose la création d’une police touristique spécialisée et son implantation dans les zones et villes concernées. Les membres de ce corps de police placés sous la tutelle du secrétariat d’État à l’intérieur subiront une formation spécifique axée sur le contact avec les touristes et la sécurisation des premiers périmètres fréquentés par eux. Leur formation aussi bien que leur choix doivent répondre à côté des normes sécuritaires traditionnelles du métier à des qualités requises pour être en contacte avec nos visiteurs. L’apprentissage de base élémentaire de langues étrangères autres que le français est souhaitable. Leurs équipements et tenues vestimentaires doivent se distinguer par un look attrayant pour nos touristes. Le fonctionnement de ce corps policier sera supervisé par une direction générale de la police en étroite collaboration avec les autorités municipales, les offices régionaux du tourisme et les différentes associations des villes et zones touristiques. Ses prérogatives seront civiles et pénales pour qu’elle ait l’autorité et les moyens d’appliquer et de maintenir l’ordre dans ses zones d’affectation.
Ces mesures prioritaires accompagnées par d’autres dans une politique de tourisme moderne adaptée à l’évolution du marché mondial doit être partie prenante d’une politique générale de développement durable à entreprendre par la Tunisie. Depuis les années 60, notre pays s’est lancé dans le tourisme avec des moyens insignifiants. Le succès a été immédiat grâce aux moyens humains et à l’adaptation de notre produit aux exigences de l’époque.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Ben Ali, la dérive démagogique a pris le dessus sur le bon sens et sur une vision pragmatique de développement touristique. Cette politique de parade est à l’origine du déchaînement de multiples défaillances interreliées qui ont nui au tourisme en Tunisie pour en faire un produit de bas de gamme à des prix de plus en plus bradés à l’étranger.
Désormais dans notre pays, aucune politique de redressement ou de développement ne peut s’opérer hors d’un cadre de liberté d’expression et de concertations continues. Imposer une politique élaborée par un seul homme obsédé de sécurité en plus a accouché d’une situation délabrée pour un secteur vital de notre économie. Je suis convaincu que les recettes de 2.5 de milliards de DT auraient dû représenter – et je pèse mes mots – le tiers du chiffre acceptable réalisé d’une Tunisie qui respire librement. C’est un objectif minimal pour lequel j’appelle tous mes concitoyens à se fixer dans la première décennie d’une Tunisie démocratique. On a les ressources humaines et financières pour atteindre cet objectif dans le cadre d’une politique de développement global de notre économie.
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